‹ Le Véronal - Les Véronalides: Leur thérapeutiqueChapitre 27 sur 45 · STE · texte numérisé non relu

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On peut se demander si Lagarce a bien rempli ces trois conditions, notamment la dernière, comme nous allons le montrer en citant textuellement la description détaillée du mode opératoire qu’il a suivi pour le sang (LAGARCE, 37, p. 51 et 52), cette méthode y étant applicable comme nous le verrons plus loin.

« On prend 180 ec. de sang total provenant de la saignée pratiquée à la vingtième heure. On dilue soigneusement dans 900 gr. d’eau distillée. Le mélange est porté à l’ébullition quelques instants pour détruire l’antitrypsine. On laisse refroidir à 50°-55° et on ajoute 4 gr. de pancréatine, en agitant. On laisse 12 heures à l’étuve à 50°:55°; quand la protéolyse est achevée ou qu'il ne reste plus, dans la masse, de caillots non dissous, on filtre. Le liquide limpide obtenu est partagé en deux portions de 500 cc. chacune.

A) « Une portion est saturée de sulfate d’ammoniaque, il se forme un précipité. On laisse déposer deux heures environ et on filtre. On acidifie alors par l’acide chlorhydrique dilué et on épuise trois fois à l’éther.

« On lave l’éther avec très peu d’eau; on dessèche sur du sulfate de soude anhydre. On évapore l’éther et on fait cristalliser le résidu dans l’eau.

&« On obtient ainsi 0 gr. 031 de véronal, ce qui correspond à une teneur de 0 gr. 34 par litre de sang.

B) « La deuxième portion de 500 cc., correspondant à 90 cc. de sang, est acidulée directement par l'acide chlorhydrique dilué. Il se forme un coagulum volumineux de substances albuminoïdes. On filtre et lave soi-

gneusement à l’eau. Le filtrat jaune citron épuisé par l’éther ne donne, après purification, que 0 gr. 0055 de véronal, soit une teneur de 0 gr. 061 par litre de sang.

« On constate que la coagulation massive des albuminoïdes du sang a retenu la presque totalité du véronal. Si l’on agite directement avec l’éther, sans filtrer. les émulsions tenaces qui se forment rendent cette méthode impraticable. »

Pour éviter des résultats semblables, il y auraït sans doute intérêt à :

1° Forcer la dose de pancréatine, la titrer au préalable; et maintenir, sans la dépasser, une température de 50°, afin d’obtenir une désintégration aussi complète que possible;

2° Faire bouillir après protéolyse, comme le recommande M. Fabre; puis filtrer ou centrifuger à chaud.

En opérant à froid la saturation par le sulfate d’ammoniaque, Lagarce a pu précipiter des albuminoïdes non transformés (protéolyse insuffisante) ; mais, dans ces conditions, la précipitation des albumoses est très incomplète.

Si, après une opération bien conduite, il y a vraiment intérêt à saturer de sulfate d’ammoniaque la solution obtenue, on devrait opérer cette saturation à l’ébullition, afin d’obtenir une bonne précipitation des albumoses, filtrer à chaud, d’autre part, et épuiser le précipité par un solvant convenable afin de ne pas s’exposer à des pertes sensibles de barbiturique.

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En tous cas, il est certain qu'après une protéolyse suffisante, la solution obtenue ne devrait renfermer que des protéoses (albumoses et peptones) ; elle ne devrait donc précipiter ni par ébullition ni par addition d'acide chlorhydrique. Dans ces conditions, les avantages d’une saturation par le sulfate d’ammoniaque semblent discutables.

Application au cerveau.

Chacune des deux méthodes décrites est applicable; mais, le cerveau étant très riche en lipoïdes et en cholestérine, les liquides d’extraction aqueux ou alcooliques sont troubles ou laiteux, par suite de l’émulsion des matières grasses, des lipoïdes et de la cholestérine.

Dans ce cas, M. Fabre (16) recommande de centrifuger, d’acidifier légèrement et d’agiter avec un peu de chloroforme qui détruit l’émulsion :

« Après centrifugation et lavage convenable à l’eau, on obtient un liquide pouvant être soumis, sans crainte d’émulsion et de perte sensible, à l’action des solvants. »

Lagarce préfère pratiquer une double purification, en milieu acide par l’éther de pétrole, ensuite en milieu alcalin par l’éther sulfurique; ce mode opératoire donne de très bons résultats, d’autant plus que le véronal est pratiquement insoluble dans l’éther de pétrole, et pour les autres barbituriques tels que le dial, gardenal, sonéryl, la solubilité est toujours inférieure à O gr. 001 %, donc tout à fait négligeable.

La solution acide à purifier est agitée avec un excès d’éther de pétrole. On laisse reposer et l’on décante :

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