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V. — THÉRAPEUTIQUE DES VÉRONALIDES ARYLÉS

Le dérivé dibenzyl a une action à peu près.

nulle (14), ce qui est peut-être dû à son peu de solubilité.

Luminal, Gardenal ou Phényléthyimalonylurée.

Au contraire, le dérivé phényléthylé, ou luminal, préparé la première fois en 1911 par Hoerlein (46) présente une activité remarquable. Il est le principal représentant des véronalides arylés : c’est un hypnotique puissant, et par l’introduction du radical phényle dans sa molécule, il possède des propriétés anti-épileptiques, ce qui le distingue des véronalides alcoyiés.

Sa toxicité est élevée et la dose mortelle de véronal semble être cinq à sept fois plus élevée que celle du gardenal (2). Ceci est également dû au groupement phényle : c’est pourquoi M. le professeur Pouchet a souvent insisté sur le danger des agents thérapeutiques qui contiennent cet élément (2).

Les doses extrêmes pour 24 heures sont de 0 gr. 10 à 0 gr. 40 par prises de 0 gr. 10, ou, mieux, par doses fragmentées (2).

Avec les véronalides alcoylés employés comme hypnotiques, sédatifs ou anti-spasmodiques, il est possible, après quelques jours de médication, d’interrompre le traitement par des intervalles de repos; au contraire, avec les dérivés phénylés de la malonylurée employés comme anti-épileptiques, il faut instituer un traite-

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ment ininterrompu et donner des doses constantes et quotidiennes, toute suspension de traitement provoquant presque toujours une reprise rapide des crises. La dose quotidienne doit être établie par essais successifs pour arriver à supprimer les accidents sans causer d’intolérance.

Dans les cas heureux, lorsque la disparition des accidents épileptiques dure depuis longtemps, on pourra tenter une diminution progressive et lente de la dose journalière, en procédant par paliers successifs, de façon à établir la dose minima nécessaire que le malade prendra régulièrement.

Inconvénients et contre-indications du Gardenal.

Le traitement par le gardenal est suspensif, mais non curatif (44) ; il a pour but de calmer la susceptibilité nerveuse de l’écorce cérébrale, et, comme tout médicament non spécifique, le gardenal supporte des échecs. Il reste admis qu’il est inefficace dans un quart des cas environ (71), et Derache cite le cas d’un épileptique dont l’état ne fut pas amélioré malgré l’emploi quotidien de 0 gr. 60 de gardenal : « Cet exemple est d’autant plus intéressant que le malade se laissa parfaitement influencer par le bromure (10). »

Le gardenal provoque parfois des arthralgies tenaces; « il frappe trop fort, il opprime le jeu des centres nerveux (10) », et avec les fortes doses, « on note des états d’agitation, des troubles confusionnels violents et un état d’abrutissement prolongé » (2).

Dès le début du traitement, on voit surgir des « équivalents psychiques » chez des épileptiques dont l’état

mental était bon ou ne présentait aucune particularité notable (56) : les attaques sont remplacées par une irritabilité d’une violence parfois excessive (15), des impulsions, des fugues, du délire et, dans plusieurs cas, il a amené l’internement du malade (56).

Le gardenal est contre-indiqué chez les rénaux et, en plus de tous ces inconvénients, il provoque parfois un état de constipation opiniâtre; par ailleurs, étant encore un médicament spécialisé entre les mains d’une seule maison, il est d’un emploi régulier assez onéreux, particulièrement sous forme de comprimés.

D’après Ferrand, il semble que les accidents relatés par quelques auteurs soient imputables à l’emploi de doses trop élevées et à l’insuffisance de qualité du produit employé (20).

Correctifs du Gardenal.

Ses associations médicamenteuses.

Etant donné ces inconvénients et ces dangers, il y a intérêt à corriger les mauvais effets du gardenal en conservant ses avantages, et il est recommandable de l’employer non pas seul, maïs avec des correctifs comme la caféine ou la strychnine (10) et associé à d’autres anti-épileptiques comme la belladone, le tartrate borico-potassique (10), borico-calcique (71), ou les bromures (2).

La caféine et la strychnine luttent contre l’apathie physique et intellectuelle (10), en même temps qu’ils excitent les fibres lisses et accroissent la sécrétion intestinale.

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