ACTE III, SCENE L
BOLINGBBOKE, changeant de ton.
Madame la duchclse!... parlons sans métapliore. — Vous comprenez que ces preuves ne peuvent rester entre mes mains , et que mon intention est de les rendre à qui elles appartiennent...
LA DCCHESSE.
Ah ! s'il était vrai !...
BOLINGBBOKE.
Entre nous , point de promesses, ni de protestations. — Des faits! — Abigail sera admise aujourd'hui par vous dans la maison de la reine... et tout ceci vous sera remis.
LA D^JCHESSE.
A l'instant...
BOLINGBROKE
Non.., dès son entrée en fonctions... et il dépend de vous que ce soit dés demain... dés ce soir...
LA DCCHESSE.
Ah ! vous vous méfiez de moi et de ma parole?
BOLINGBBOKE.
Ai-je tort ?
LA DCCHESSE.
La haine vous aveugle.
BOLi>GBU0KE, galamment.
Non!... car je vous trouve charmante!... et si au lieu d'être dans des camps opposés , le ciel nous eiit réunis, nous aurions gouverné le monde !
LA DCCHESSE.
Vous croyez...
BOLIXGBBOKE.
Rien de plus vrai ! Livré à moi-même, je suis toujours la franchise personnifiée 1
LA DCCHESSE.
Eh bien ! donnez m'en une preuve... une seule, et je consens.
BOLINGBBOKE.
Laquelle ?
LA DCCHESSE.
Comment avez-vous découvert ce secret?
BOLINGBBOKE.
Je ne puis l'avouer sans compromettre une personne...
LA DCCHESSE.
Que Je devine!... Vous êtes riche maintenant, et comme vous me le disiez tout à l'heure... vous avez acheté à prix d'or... convenez-en, les aveux du vieux William , mon confident.
BOLINGBBOKE, Souriant.
C'est possible.
LA DCCHESSE.
Le seul de raes serviteurs en qui j'eusse confiance !
BOLINGBBOKE.
Mais, silence avec lui.
LA DCCHESSE.
Avec tous !
BOLINGBBOKE.
Ce soir la nomination d' Abigail...
Ce soir, celte lettre...
BOLINGBBOKE.
Je le promets, — trêve loyale et franche pour aujourd'hui!...
LA DCCHESSE.
Soit! (Elle lui tend la ma-n que Bolingbroke porto à ses lèvres.) (A part.) El demain la guerre!... ( EWe sort par la porte à droite et Bolingbroke par la porte à gauche.)