‹ Le verre de siliceChapitre 3 sur 21 · SILICE CRISTALLISÉE ET AMORPHE · texte numérisé non relu

SILICE CRISTALLISÉE ET AMORPHE

La structure, cristalline de la silice est évidente pour le quartz, la tridymite et la cristobalite; on a pu, au microscope, discerner encore des cristaux fibreux dans la calcédoine. La structure des variétés de type opale est inconnue : d’après Le Chatelier, le passage de la calcédoine à l’opale semble être continu et cette dernière serait alors constituée par des éléments cristallins, trop fins pour être discernables au microscope.

I) autre part, la silice vitreuse est certainement amorphe. Mais qu’en est-il de lasilice précipitée, gélatineuse ou calcinée ? On ignorait, récemment encore, leur structure ; Le Chatelier inclinait cependant à croire que la silice précipitée calcinée était cristallisée.

Cette opinion s’est trouvée pleinement justifiée en 1917 par les recherches de Kyropoulos, qui, en examinant les anneaux d’interférence produits parles rayons Rôntgen, a constaté :

1° Que le quartz et la cristobalite sont bien des corps cristallisés anisotropes, tandis que le verre de silice est amorphe-isotrope et constitué par de la silice monomoléculaire ;

2° Que la silice hydratée (à 20 % d’eau) et l’hydrogel de silice (âgé de 5 ans et à 90 % d’eau) sont absolument amorphes, le gel étant formé de silice polymérisée ;

3° Que la silice précipitée faiblement calcinée (à 3,3 % d’eau) est encore amorphe, mais que, calcinée pendant deux heures à 1.300°, elle donne les anneaux de la cristobalite et accuse une transformation partielle en silice cristallisée.

Tout récemment, M. Braesco a été conduit

f 'CHIMIE L ?

i lNDUSTRlEj

aui mêmes conclusions, par la mesure des dilatations de baguettes préparées avec des échantillons provenant d’une même silice précipitée, mais déshydratée à des températures croissantes : 600°, 1.100°, 1.400° et 1.600°. La silice, déshydratée seulement à 600°, se comporte exactement comme la silice vitreuse, dont elle a le faible coefficient de dilatation : toutes deux sont de la silice amorphe. Les autres échantillons Ont tous présenté, vers 240°, la dilatation brusque, caractéristique de la cristobalite. La silice précipitée, calcinée à une température supérieure à 1.000°, n’est donc plus de la silice amorphe; elle a été transformée, aux environs de cette température, en silice cristallisée.

Page 1