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APPLICATIONS RÉCENTES DU VERRE MOULÉ

Après avoir examiné les procédés mis en œuvre pour la fabrication des verres blancs proprement dits, nous allons passer en revue les quelques applications nouvelles qui en ont été faites.

Nous avons parlé de la fabrication des tuyaux en verre des, récipients de toute capacité et de toutes formes. On a fait en verre, par moulage, des traverses de chemins de fer, des poulies de transmission, des coussinets dont la durée est illimitée et qui réduisent les frottements au minimum.

Avec des verres spéciaux opaques, colorés ou blancs, tels que l'opaline, on moule des briques, on coule des panneaux qui, rehaussés par des couleurs d'émail, servent à l'ornementation des habitations.

On fait mieux encore. Nous pensons à construire — et l'idée a même déjà reçu quelques applications — des maisons en verre.

(1) M. Schott a apporté aux appareils à mouler le verre des modifications qui permettent d'exécuter le moulage de façon beaucoup plus rapide. Il a également construit des dispositifs ingénieux pour la découpe des objets en verre tels qne tubes, gobelets, etc. (V. pi. XXX, fig. t, 2. 3.)

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HENRIVAUX. — LE VERRE. 509

M. l'architecte Gauthier a bien voulu, à notre demande, nous faire une étude sur l'emploi du verre à la construction. Les progrès réalisés dans la seconde moitié de ce siècle, en permettant de fabriquer le verre et de le fournir économiquement sous les formes les plus variées et à des dimensions très considérables, ont rendu possible son application à une foule d'usages auxquels il eût été impossible de songer jusque-là.

Nous voulons parler en particulier des planchers et toitures où employé en épaisseur suffisante et de forme convenable, le verre permet à la lumière de s'introduire dans les profondeurs les plus reculées et jusqu'ici le plus souvent inaccessibles.

Pour la construction des murs, on emploie le verre soit en masses compactes, soit en pièces soufflées et formées de façon à en permettre un assemblage facile dans une carcasse de fers d'angle réunis entre eux par des bandes de fers plats. Les briques ou dalles de verre sont posées verticalement, adossées et jointes à l'aide de mastic. On constitue de cette façon une double paroi dans l'intérieur de laquelle on fait circuler, l'hiver, de l'air chaud, et l'été de l'air comprimé qui s'y détend et provoque le refroidissement.

Dans ces parois sont logés les fils électriques et téléphoniques, les conduites d'eau, etc.

Par l'emploi de matériaux en verre, on obtient des surfaces lisses et inaltérables, d'un nettoyage facile, en même temps qu'un isolement parfait qui place les habitants à l'abri des variations de température de l'air extérieur.

On a fait en outre des canalisations de toutes espèces utilisées soit pour l'adduction de l'eau, soit pour l'évacuation des liquides résiduaires de toute nature.

M. Gauthier a rassemblé dans les plans que nous reproduisons (pi. XXX) les diverses applications dont il vient d'être question en les groupant de façon à montrer l'intérêt qu'elles présentent au point de vue de l'hygiène et de la commodité. Nous comprenons encore autrement et ferons connaître la façon dont doit être construite une maison de verre, ou maison hygiénique et à température constante.

Partout l'air, la lumière, les lavages rendus faciles, les impuretés des parois rendues visibles, telles sont les conditions que l'emploi du verre permet seul de réaliser et qui établissent bien nettement le rôle que peut et doit jouer le verre comme coopérateur et agent principal de l'hygiène.

Une application du genre de celle dont nous venons de parler a été faite, il y a quelques années, par le docteur van der Heyden, médecin hollandais établi au Japon.

Il a eu l'idée d'utiliser la propriété que possèdent les solutions salines de laisser passer les rayons lumineux à l'exclusion des rayons calorifiques provenant d'une source lumineuse quelconque. Pour cela il divise les murailles de sa maison en panneaux métalliques dans lesquels on enchâsse de doubles plaques de verre, de façon à former des cloisons étanches qu'on remplit de la solution saline convenable.

Des cheminées d'aérage convenablement disposées servent à la ventilation d'hiver et à celle d'été.

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Cette application est intéressante, et on comprend que de semblables constructions rendent de grands services dans les pays cbauds, où une différence de quelques degrés est très favorablement appréciée.

Céramo-cristaL — MM. Garcher, installés depuis peu dans les environs de Lyon ont trouvé moyen d'agglutiner des fragments de verres colorés de façon à en former des plaques d'une certaine dimension comme surface et comme épaisseur.

Ces plaques sont non seulemeut unies, mais portent souvent un dessin soit en creux, soit en relief, obtenu par une sorte d'emboutissage à l'aide de presses puissantes, agissant sur la matière amenée au préalable par la chaleur, à un état convenable de malléabilité.

En même temps qu'elle produit le dessin, la presse découpe l'objet aux dimensions voulues.

Ces plaques de verre sont rendues rocailleuses sur une face, de façon à faciliter leur adhérence sur le ciment, corps qui convient parfaitement poui y sceller ces plaques et faire corps avec elles.

L'alliance du ciment et du verre nous semble remplir une condition importante de la décoration dans les constructions modernes.

Rideaux en verre. — L'emploi du verre pour la construction des maisons d'habitation a amené tout naturellement l'idée de faire servir la même matière à la fabrication des divers objets d'usage domestique. C'est ainsi qu'on a utilisé le [verre pour la décoration des appartements en faisant des rideaux destinés à remplacer les rideaux de mousseline ou d'étoffe qu'on pose devant les fenêtres pour se garantir des regards des voisins. (Planche XXX),

Ces rideaux, faits avec de petits carreaux de verre uni ou agrémenté de dessins, blanc ou de couleur, ont plus de transparence que les rideaux d'étoffe et peuvent donner, en employant des couleurs judicieusement choisies, des effets analogues à ceux des vitraux ordinaires mis en plomb.

Les morceaux de verre qui les composent sont encadrés dans du zinc et reliés entre eux par leurs angles au moyen de petites agrafes en forme de crochets en S, ce qui hur donne une souplesse permettant de les relever, de les plier et en même temps de changer leurs dimensions en cas de déplacement.

Ces rideaux sont généralement placés dans les antichambres, les vestibules, les salles à manger, les vérandas, etc. On peut monter de petits rideaux en glissant dans des cordonnets indépendants les uns des autres des perles de verre maintenues par des nœuds faits aux cordonnets; c'est ce qu'a fait fauteur de cet ouvrage.

Avec des perles de moyenne grosseur, de colorations variées, peu foncées et très espacées entre elles, on obtient de beaux effets décoratifs.

Tables en verre, guéridons, dessous de plats, dessous de lampes. — On fabrique maintenant des pièces moulées de toutes dimensions pour tables, guéridons, dessous de plats, encriers, boites à bijoux, à gants, etc. (en reliant les

JŒNlilVAUX. — LE VEItKE. G'tl

plaques de verre entre elles par des rubans), qui, grâce à la propriété que possède le verre de donner au moulage des dessins très déliés, constituent des pièces décoratives et à bas prix. On peut d'ailleurs, grâce à la transparence du verre en rehausser l'éclat par la dorure ou l'argenture.

Plaques d'aération. — La Compagnie des chemins de fer du Nord a imaginé de remplacer les ventilateurs en bois des voitures de 1" et de 2° classe par deux plaques de verre ajourées et superposées. Par leur glissement facile et leur transparence, les nouveaux ventilateurs améliorent les conditions d'hygiène dans lesquelles sont placés les voyageurs; aussi cette innovation est-elle très appréciée.

Globes en ve>-re pour lampes à arc. — Après de longues recherches, la formule pour utiliser l'arc électrique sans gaspiller son éclat, en l'atténuant par des globes opalins, parait être trouvée. Cela résulte des expériences récemment faites au laboratoire d'électricité sur des globes holophanes proposés par MM. Blondel, Psaroudaki et Frédureau.

Reprenant d'une façon très ingénieuse les principes de Fresnel, ces messieurs substituèrent des phénomènes de réfraction exactement calculés

aux phénomènes complexes et incohérents de diffusion que réalisent les globes opalins.

Nous ne pouvons entrer ici dans les considérations mathématiques qui ont déterminé la genèse curieuse des globes holophanes. Nous nous contenterons de dire qu'ils se composent d'une enveloppe en cristal très transparent moulé à la presse. La surface extérieure présente des cannelures horizontales, et la surface intérieure des cannelures verticales. Leur profil est calculé pour chaque cas spécial.

Les cannelures verticales intérieures épanouissent horizontalement le faisceau lumineux, les cannelures horizontales extérieures l'épanouissent verticalement. En combinant ce double éparpillement des vibrations lumi-

neuses9 on arrive à enlever à Tare électrique son insoutenable éclat, tout en l'utilisant d'une façon à peu près complète et surtout agréable. A l'inverse, pour atténuer l'intensité de la lumière par incandescence et surtout pour ajouter à l'effet décoratif, M. Henri?aux a eu l'idée d'entourer les lampes d'une enveloppe constituée par de petits morceaux de verre colorés ou non, taillés en rose et sertis dans les mailles d'une garniture métallique (flg. 303). formée de deux demi-sphères pouvant s'ouvrir pour livrer passage à la lampe, puis maintenues au contact par un ressort. L'effet est des plus gracieux pour l'éclairage des salons, où il devient possible de multiplier les foyers lumineux sous forme de lustres ou d'appliques et de répandre ainsi à profusion une lumière douce aux reflets les plus chatoyants.

Une application du genre de celle que nous venons de citer plus haut a été faite récemment à l'éclairage au gaz. Les cheminées entourant la flamme sont composées d'une série de petites baguettes en verre placées verticalement les unes contre les autres et maintenues dans cette position par deux couronnes métalliques, dans lesquelles elles sont scellées (flg. 303, 304).

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Fig. 303 et 304.

On obtient ainsi une meilleure diffusion de la lumière et par suite une augmentation du pouvoir éclairant.

Pour les becs Auer, dont l'intensité lumineuse est accrue, comme on le sait par l'introduction dans la flamme d'un capuchon tissé et trempé dans des solutions d'oxydes terreux de zircone, yttria, etc., on a été amené à faire usage de globes en verre légèrement coloré en rose, pour atténuer la teinte jaune verdàtre que les oxydes métalliques communiquent à la flamme et aux objets éclairés.

Cuves à vin. — Depuis quelques années on emploie le Terre avec succès pour garnir les parois intérieures des réservoirs dans lesquels est conservé le vin soi! au moment de la fabrication, soit en attendant la vente.

On découpe pour cela dans des glaces brutes d'une épaisseur de 6 a il millimétrés des carreaux de dimensions appropriées à la forme des parois qu'on a à recouvrir, et à la capacité des cuves; généralement les feuilles de verre sont découpées en carré ayant 30 centimètres de cèté. Qn noie les carreaux dans un bain de mortier de ciment de Porlland à prise demi-lente posé comme enduit le long des parois des maçonneries, en ayant soin d'expulser les bulles d'air qui pourraient être emprisonnées entre le mortier et le verre.

Les revêtements en verre sont d'un nettoyage facile, et l'on sait qu'il est loin d'en être ainsi pour les cures garnies simplement de ciment ou pour les foudres en bois qui, malgré les précautions les plus minutieuses, se recouvrent d'organismes susceptibles d'amener des fermentations accessoires. On évite aussi de laisser prendre aux vins le goût de terre ou de pierre qu'occasionne souvent l'emploi de ciment ou de carreaux vernis.

Emploi des verres coulés pour la construction des serres. — Les droits volés il y a quelques années pour protéger la culture des primeurs ont eu pour

HENIUVAUX. — LE YEIUIE.

conséquence de créer en France une nouvelle industrie pour laquelle conviennent parfaitement les verres coulés.

Un préjugé condamnait jusqu'ici l'emploi de ces verres; on leur reprochait de laisser passer la lumière moins facilement que les verres à vitres. Les essais que nous avons faits à ce sujet ont démontré l'inexactitude de cette manière de voir; nous ajouterons qu'à épaisseur égale les verres coulés sont moins colorés que les verres à vitres.

Dans ces dernières années, on a fait usage, pour la couverture des serres, de briques creuses en verre (fig. 305). La présence de l'air enfermé entre les parois de la brique empoche en effet les déperditions de chaleur. On obtient le même résultat, et dans des conditions très avantageuses de prix de revient, en faisant usage d'un double vitrage. Les vitres extérieures sont en verre coulé de 5 à 6 millimètres d'épaisseur, présentant toutes les conditions désirables de résistance aux intempéries, les vitres intérieures sont constituées par du verre coulé de 3 millimètres ou par des feuilles de verre à vitres. Le double vitrage présente des avantages si importants que notre opinion s'est formée complètement en sa faveur; aussi est-ce avec conviction que nous le recommandons aux horticulteurs.

Nous croyons devoir donner ici des indications qui pourront être utiles aux constructeurs.

Verre Sain t-Gobain.

Cristal français.. .

Fer

Fonte

Acier moyen. . . .

Cuivre rouge. . . .

Laiton

Bronze

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