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CHAPITRE PREMIER

LES FOURS DE FUSION EN VERHEniE

Généralités. — Nous n'avons pas à faire l'historique des différents systèmes de fours employés pour la fusion des matières vitrifiables ; les plus anciens auteurs qui ont écrit sur le verre ne nous ont laissé que des indications très vagues, très imparfaites, relativement aux fours dont on faisait usage autrefois. Le moine Théophile décrit les fours employés en verrerie au douzième siècle (fig. 102); celle description est semblable à celle que donne Agricola trois siècles plus tard. Jusqu'au dix-huitième siècle, les fours de verrerie subirent peu de changements, peu de perfectionnements, car tous les traités sur la verrerie reproduisent les dessins d'Agricola (fig.103 four à frilter, four de fusion et de travail, four à recuire).

Voici ce qu'on lit dans Agricola, au livre XII de son Traité de Métallique :

<c II nous reste à traiter du verre dont la préparation est de notre ressort, car c'est un produit de quelques sucs concrets et de sable, unis à l'aide du feu et de l'art ; c'est un corps transparent comme les pierres précieuses, et entrant en fusion comme les métaux ; mais il faut commencer par traiter de la matière dont se fait le verre, ensuite de quoi nous parlerons des fourneaux où il se fait, et enfin de la manière dont on s'y prend. On se sert pour cela de pierres fusibles et de sucs concrets, ou de sucs tirés d'autres substances, qui ont une affinité naturelle avec ces pierres. Parmi les pierres fusibles on donne la préférence à celles qui sont blanches et transparentes ; c'est pourquoi l'on met au premier rang le cristal de roche. D'après Pline, on fait aux Indes avec des morceaux de cristal, un verre d'une si grande beauté et si transparent, qu'aucun autre ne peut lui être comparé. On donne le second rang aux pierres qui, sans avoir la dureté du cristal, en ont la blancheur et la transparence ; enfin on place au troisième rang les pierres blanches qui ne sont point transparentes. Il faut commencer par les calciner toutes, et les piler ou les broyer pour les réduire en sable ; on les tamise ensuite ; quand les verriers trouvent à l'embouchure des rivières un sable convenable, ils sont dispensés du travail de piler et calciner les cailloux.

» Quant aux sucs concrets, on donne le premier rang au nitre ; le sel fossile blanc et transparent vient ensuite ; à son défaut on prend le sel lixiviel tiré de la cendre de Vanthyllis(i) ou de toute autre plante qui contient du sel ; il y a ce-

(1) Herniole, plante de la famille des Hépatiques.

pendant des gens qui mettent ce dernier sel au second rang. Pour faire le mélange des pierres fusibles pulvérisées, on observe d'en mettre deux parties

contre une de nitre, de sel fossile, ou de sel tiré des plantes; on y joint un peu d'aiman (1); on pense de nos jours aussi bien qu'anciennement qu'il a la pro-

(1) Agricola s'est visiblement trompé dans cet endroit; il aura sans doute pris la magnésie pour de l'aimant.

LE VEHRE. 1*

ilO HENRIVÀCX. — LE VERRE.

p ri été d'attirer la liqueur du verre, de la même manière qu'il a celle d'atlirer le fer, de le nettoyer et de le rendre blanc, de vert ou nébuleux qu'il était; le feu consume ensuite l'aimant. Ceux qui n'ont point les sels ou sucs concrets dont nous venons de parler, mêlent au sable deux parties de cendres de bois de chêne d'yeuse, de hêtre ou de sapin ; on y ajoute un peu de sel marin et très peu d'aimant ; ces dernières matières ne donnent point un verre si beau ni si transparent que les premières. Quant aux cendrés, on les fait avec de vieux arbres dont on creuse les troncs à la hauteur de six pieds, on y met le feu ; de cette façon l'arbre se consume et se réduit en cendres. Pour le travail on choisit l'hi-

ver, lorsque les neiges ont séjourné longtemps sur la terre;ou l'été, lorsqu'il ne pleut point; car dans d'autres temps de l'année, les grandes pluies rendraient les cendres impures, en les mêlant avec de la terre. Pour prévenir cet inconvénient, on coupe ces arbres en morceaux, que l'on brûle dans un endroit couvert pour en tirer des cendres.

» Pour ce qui est des fourneaux, il y a des verriers qui en ont trois ; d'autres n'en ont que deux: d'autres enfin n'en ont qu'un : ceux qui en ont trois, font d'abord cuire leur matière dans le premier fourneau; ils la mettent recuire dans le second, et font refroidir les vases ou ouvrages de verre dans le troisième. Le premier de ces fourneaux est voûté et ressemble à un four à cuire du pain. Dans sa partie ou chambre- supérieure qui a six pieds de long, quatre pieds de large et deux pieds de hauteur, on allume un feu de bois sec et l'on y fait cuire le mélange à grand feu, jusqu'à ce qu'il entre en fusion et se change en verre : quoique par cette première cuisson, la matière ne soit point encore asset purifiée.

HEHItIVAuX. — LV. VERRE. in

on ne laisse pas de la retirer; cl après qu'elle a été refroidie, on la rompt en morceau i. On Tait recuire dans le même fourneau les creusets destinés à contenir le verre (on peut voir dans la figure 103, la représentation de ce fourneau :

(A, chambre inférieure du premier fourneau;

B, chambre supérieure du même fourneau).

> Le second fourneau estrond; iladixpiedsde large et huit de hauteur; pour le rendre plus fort à l'extérieur, on le garnit de cinq arcades ou contreforts, n'un pied et demi d'épaisseur. Ce fourneau contient aussi deux chambres. La Tonte de la chambre inférieure doit avoir un pied et demi d'épaisseur: il faut qu'il y ait par-devant une ouverture étroite, pour pouvoir mettre le bois sur le

foyer qui est pratiqué dans l'àtre. Au milieu de la voûte, il doit y avoir une grande ouverture ronde qui communique avec la chambre supérieure, afin que la flamme puisse y parvenir. Dans le mur qui environne la chambre supérieure, il faut qu'il y ait huit fenêtres entre les arcades, assez grandes pour que l'on puisse y faire entrer les grands creusets que l'eu place sur le plan de la chambre autour de l'ouverture par où la flamme passe ; il faut que ces creusets aient deux doigts d'épaisseur et deux pieds de hauteur, que le diamètre de leur ouverture et celui du fond soit d'un pied, et qu'ils aient un pied et demi au milieu. A la partie postérieure du fourneau, Il y aura une ouverture d'un palme en carré, aCn que la chaleur puisse pénétrer dans un troisième fourneau qui y est joint ; ce dernier fourneau est carré, Il a huit pieds de long et six de large; il est aussi composé dedeus chambres, dont l'inférieure doit avoir par-devant une ouverture pour mettre le bois dans le foyer qui s'y trouve. Aux deux coté» de

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cette ouverture, il y a une niche faite de terre cuite qui a environ quatre pieds de long, deux pieds de haut et un demi-pied de large. Pour la chambre supérieure elle a deux ouvertures, Tune à droite, l'autre à gauche, qui sont assez larges pour que l'on puisse y remettre commodément les moufles de terre cuite. Il faut que ces moufles aient trois pieds de long, un demi-pied de haut, un pied de large par le bas, et soient arrondies par le haut. On y met les ouvrages de verre que Ton a faits, afin qu'ils refroidissent petit à petit; car, si l'on ne prenait cette précaution, ils se briseraient. On retire ensuite les moufles de la chambre supérieure et on les fait entièrement refroidir dans les niches qui sont aux deux côtés de l'ouverture de la chambre inférieure. (Fig. 101 : A, arcades ou contreforts du second fourneau ;

B, orifice de la chambre inférieure;

C, fenêtres ou ouvrages pratiqués dans la voûte de la chambre supérieure;

E, orifice du troisième fourneau ;

F, endroit où l'on met les moufles à refroidir les verres ;

G, ouvreauxde la chambre supérieure. )

» Ceux qui n'ont que deux fourneaux, ou manquent du troisième, ou manquent du premier ; ceux-là sont dans l'usage de fondre leur matière dans le premier fourneau; de la faire recuire dans le second et d'y mettre refroidir leurs ouvrages, à la vérité, dans des chambres différentes ; ceux-ci font cuire et recuire leur matière dans le second fourneau, et portent leurs ouvrages refroidir dans le troisième. Mais il y a de la différence entre le second fourneau de ces derniers et celui que nous avons nommé le second des premiers ; il est rond, mais sa cavité a huit pieds de large et douze pieds de haut, et contient trois chambres; la plus basse est semblable à l'inférieure du second fourneau des premiers, excepté qu'au milieu de cette chambre il y a six arcades ou contreforts qu'il faut enduire de lut après que l'on y a mis les creusets échauffés, en observant cependant d'y laisser de petites ouvertures ou fenêtres et qu'à la chambre du milieu il y a une ouverture d'un palme en carré par où la chaleur se répand dans la chambre supérieure, qui a par derrière une ouverture par laquelle on peut faire entrer sur un moufle oblong les verres à refroidir petit à petit. Dans cet endroit le sol de l'atelier doit être plus élevé, ou bien l'on y pratique une banquette pour que les verriers puissent y monter et placer plus commodément leurs ouvrages.

(Fig. 105 :A, chambre inférieure du second fourneau de ceux qui n'ont que le second et le troisième ;

B, chambre du milieu;

C, chambre supérieure ;

D, orifice de la chambre supérieure;

E, ouverture ronde par où la flamme passe ;

F, trou carré par où la chaleur entre dans la chambre supérieure.)

» Les verriers qui n'ont point le premier fourneau, après avoir rempli leur tâche journalière, mettent le soir leur matière dans les creusets : elle se cuit pendant la nuit et se change en verre; de petits garçons passent la nuit et ne font qu'entretenir le feu avec du bois soc. Pour ceux qui ne se servent que d'un

HESHIVAUX. - U VERRB. «13

seul fourneau, ils. font usage de celui qui a trois chambres : ils mettent le soir leur matière dans les creusets, de même que ceux dont on vient de parler, et le

lendemain matin, après l'avoir purifiée, ils se mettent à la travailler et placent leurs ouvrages dans la chambre d'en haut.

314 HENRIVAUX. - LE VLKUE.

» Le second fourneau, soil qu'il ail deux, soit qu'il ait trois chambres, doit être construit de briques non cuites, séchées au soleil, faites d'une terre qui

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n'entre point en fusion au feu et ne se mette point en poussière ; il faut que celte terre soit séparée de toutes pierres et battue avec des bâtons ; il faut que ces briques soient cimentées avec la même terre au lieu de chaux; les creusets et

HENRIVÀUX. — LE VERRE. 215

autres yases doivent être de la même matière et avoir été séchés à l'ombre.

> Après avoir parlé de deux parties de l'art delà verrerie, il nous reste encore à traiter de la troisième. Lorsque la masse de verre a été cuite dans le premier fourneau de la manière qui vient d'être décrite et qu'on l'a brisée en morceaux, on chauffe le second fourneau pour y mettre recuire ces morceaux. Pendant ce lemps, l'on fait chauffer les creusets à feu doux, dans le premier fourneau, afin d'en faire partir toute l'humidité ; on augmente ensuite le feu, aûn qu'ils rougissent. Quand ils sont à ce point, on débouche l'ouverture ; on les prend avec des tenailles, et s'il ne s'y est point fait des fentes, on les met promptement dans le second fourneau, et après les y avoir échauffés de nouveau, on les remplit de morceaux de verre. On bouche ensuite tous les ouvreaux ou fenêtres avec de la * erre grasse et des briques, et on ne laisse que deux petites ouvertures à chacune, dont l'une sert à regarder dans le fourneau et à tirer le verre qui est dans le creuset avec la canne, l'autre à mettre une autre canne pour la chauffer. L'une et l'autre de ces cannes, est ou de cuivre, ou de laiton, ou de fer, et a trois pieds de longueur. Outre cela, l'on met devant les ouvreaux des fourneaux, des morceaux* de marbre que l'on enduit de terre et que l'on garnit d'un fer qui sert à soutenir la canne lorsqu'elle est dans le fourneau ; ce qui sert aussi à garantir les ouvriers de l'ardeur du feu. Ces précautions prises* les ouvriers se mettent à travailler.

> Pour recuire ou affiner le verre, on se sert de bois sec qui ne donne point de fumée, mais beaucoup de flamme. Plus on y laisse le verre, mieux il se purifie : plus il est transparent et est dégagé de bulles et de taches, plus les verriers ont de facilité à le travailler. C'est pourquoi lorsqu'on ne laisse le verre se cuire que pendant une nuit, et qu'on se met tout de suite à le travailler, il est beaucoup moins pur et moins transparent, que lorsqu'après l'avoir fait fondre, l'on en met les morceaux recuire pendant un jour et une nuit ou davantage; car ce n'est pas seulement de la matière que dépend la bonté du verre, il faut en- . core que la cuisson s'en fasse bien. Les verriers en prennent souvent au bout de leurs cannes pour servir d'essai, et lorsqu'ils se sont enfin assurés que le verre a été suffisamment recuit et purifié, chacun trempe sa canne dans le creuset, et après l'y avoir tournée, il en lire du verre qui s'y attache comme un suc glutineux et flexible et s'y forme en boule. On n'en prend à la fois qu'autant qu'il en faut pour l'ouvrage qu'on se propose de faire ; on le pose sur un marbre où on le roule et le retourne, afin qu'il se lie et s'unisse, et en soufflant on l'enfle comme on ferait une vessie. À chaque fois que le verrier souffle, il a soin d'ôter la canne de sa bouche, de peur que, s'il venait à retirer son haleine, il n'attirât de la flamme. Ensuite il fait tourner la canne circulairement autour de sa tête, pour allonger le verre, ou il lui donne la forme convenable dans un moule de cuivre; il met réchauffer l'ouvrage qu'il a fait; il l'enfle, le presse et lui donne la forme d'un gobelet ou de tel autre vase qu'il veut; il le remet de nouveau sur la plaque de marbre, de cette façon il en élargit le fond; il coupe ensuite avec ses ciseaux le cou de la bouteille, et, s'il est nécessaire, il y fait des anses et des pieds. S'il veut, il la dore, ou lui donne différentes couleurs. Il met enfin le vase dans le moufle oblong de terre, pour refroidir, au troisième fourneau ou dans la chambre supérieure du second fourneau. Lorsque le moufle est

HESRÏVAl'X - LE VERRE

HENRIVAUX. — LE VERRE.

rempli de vases de verre refroidis petit à petit, il l'enlève et la fourre dans une des niches qui esta côté de l'orifice du troisième fourneau.

» Les verriers font différents vases avec leur verre, tels que : des gobelets, des bouteilles, des matras, des plats, des vitres, des animaux, des arbres, des vaisseaux et d'autres ouvrages merveilleux que j'ai eu occasion de voir pendant le séjour de deux ans que j'ai fait à Venise; on y apportait vers la fête de l'Ascension ces sortes d'ouvrages, deMurano où sont les plus célèbres verreries, etc.

( Fig. 100 : B, petites fenêtres ou ouvreaux ;

C, plaques de marbre;

D, ciseaux;

E, moules dans lesquels on donne la forme au verre .)

Il nous resterait à donner non seulement la forme des fourneaux de verrerie usités à Amsterdam, et les instruments qui en dépendent, mais encore un

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Fie. 108.

détail de la méthode suivant laquelle on y travaille ; mais comme le docteur Perret a expliqué ailleurs d'une manière circonstanciée les principales opérations de l'art de la verrerie, nous ne nous y arrêterons pas.

Nous avons encore vu en Bohème, dernièrement, des fours chauffés au bois, d'autres chauffés à la tourbe. Ces fours sont généralement de forme ovale, à huit creusets ouverts, chaque creuset contenant 60 à 100 kilogrammes de .verre. Depuisquelques années on a cependant adopté, dans quelques-unes de ces verreries, le four Siemens à huit ou dix creusets, d'une capacité de 150 kilogrammes.

A Venise, nous avons vu, en 1881, des fours chauffés au bois, d'autres chauffés à la houille, de forme absolument primitive et que reconnaîtrait probablement Agricola ; fours à six creusets en forme ovale, à la suite desquels se trouvent des fours à recuire, servant de cheminée de tirage au four luimême (û%. 107).

Dans le nord de la France on se servit de fours semblables comme formes extérieures, jusqu'à la fin du siècle dernier. Ces fours présentaient cependant sur les premières un grand perfectionnement en ce sens que le combustible, au lieu d'être répandu sur la sole du four, brûlait sur une grille encastrée, en contre-bas du siège ou sole, et dans un canal avec cendrier, donnant ainsi une combustion plus parfaite et une allure plus régulière au four. Dartigue est l'auteur de ce perfectionnement.

A côté de ces fours se répandirent les fours carrés, dits fours allemands, daus lesquels deux foyers se faisaient vis-à-vis. Dans ces fours le foyer lui-même

218 HENRIVAUX. — LE VERRE.

servait de chambre de fusion (fig. 108). De chaque côté de la fosse située longitudinalement dans le four, se trouvaient de fortes maçonneries formant les sièges sur lesquels on plaçait les creusets.

Voici des figures (fig. 109, 110) qui représentent un four semblable à huit creu-

Fig. 109.

sets, four chauffé au bois : ff, représentent les fondations, c, le foyer, bb, les sièges, sur lesquels posent les creusets hh. Au-dessus des parties du four dépas-

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Fig. 110.

sant les sièges, se trouvent de petites voûtes ou glayes formant les extrémités des carneaux ou tonnelles. Les murs latéraux, n, n, dans lesquels sont percées les

Fie. in.

ouvertures o, o, ou ouvreaux, et la grande voûte ou couronne, s'étendant audessus du fourneau, ferment ce dernier de tous côtés.

Partant de la disposition du four décrit par Agricola, il existe une autre disposition de four avec grilles pour la combustion du bois, grilles disposées aux extrémités du four. Comme exemple de ces dispositions, nous donnons un ancien four français tel qu'il était en usage dans les anciennes verreries (pi. IX). Ces fours avaient un tirage suffisant et permettaient, autant que cela est pos-

sible avec un chauffage direct, de régler la température sui résultats obtenus étaient satisfaisants pour cette époque et < nombreux.

mt les besoins; j les s fours étaient très

La houille substituée au bois dans le chauffage a nécessité d'importantes modifications aux Tours de fusion : combustible plus compact que le bois, la

Fie. 113. — Verrerie chauffée au charbon de terre. Vue extérieure d'une verrerie anglaise — a, forme extérieure et conique du comble d'une halle de verrerie anglaise; b, bâtiment de service puur la verrerie ; c. talus ou glacis e permettant l'accès de la halle; d, extérieur des fours ;'i recuire.

houille exige de la part du chauffeur une attention soutenue s'il veut obtenir la flamme longue, régulière, qui est nécessaire.

Son emploi exige des couches épaisses de combustible, mais comme elle brûle

plus lentement que |e bois, cette épaisseur Je couche ne suffit pas ; pour obtenir une longueur de (lamine suffisante il faut de grands foyers, de longues grilles. Ces grilles ont besoin d'être dégagées, débarrassées des cendres, des crasses de mâchefers, qui les obstruent et empêchent l'arrivée de l'air; elles sont donc forcément limitées dans leurs dimensions, et même on construit au milieu de la fosse — ou cavité du foyer— un pont qu'on élève jusqu'aux deux tiers environ de la hauteur du siège. Ce pont est évasé à sa partie supérieure de façon à ne pas étrangler la flamme; contre ce pont viennent s'appuyer des deux côtés les extrémités des deux grilles (flg. 111).

Ces fours sont naturellement construits sur des voûtes ou caves, amenant l'air

Fjg. lit, Coupe d'une verrerie anglaise «tir la largeur. — a, cheminée d'évacuation de la fumée ; b, forme inLérieure et conique d'une halle; e, entrée de la halle ; d, intérieur du four; e, cave ; f, pot dam le four; g, pot séchant sur le four ; A, extérieur des arches à pots.

sous les grilles. Ces voûtes sont construites sous terre afin de ne pas obliger à relever outre mesure le niveau du sol des halles. Dans la figure Ht, R représente le poni, s, s, les grilles inclinées du coté de ce pont. Malgré le tirage énergique nécessaire pour la combustion de la houille, on n'a pas appliqué à ces fours de cheminées ayant de grandes hauteurs.

On remarque généralement de petites cheminées d'appel ou logis, ne dépassant que peu la voûte des fours; ces logis sont destinés à empêcher la sortie des produits de la combustion, de la fumée, par les ouvertures et de diriger au contraire la flamme contre la partie inférieure des creusets. Ces cheminées sont percées dans l'épaisseur du mur avec deux ouvertures à quelques centimèlres au

HENRtVÀUX. - LK VERRE. 221

dessus du niveau des sièges et se relèvent à angle droit le long du mur du four jusqu'à 20 ou 25 centimètres au-dessus de la voûte. En cet endroit un manteau conique en tôle dont le sommet débouche à l'extérieur sert à rassembler les produits gazeux à évacuer.

En Angleterre, les howels transforment la verrerie en un immense manteau de cheminée, en une sorte de cône (fig. 113 et 114). Cette disposition témoigne de l'importance de la direction et du réglage du tirage quand on emploie la houille. Autour du canal souterrain d'arrivée de l'air, le bâtiment en maçon-

Plan du premier étage d'une halle anglaise avec son Tour et «on bàlimi du four ; b, grille sur laquelle on met le charbon pour échauffer le Toi d, arche à pots pour le» recuire avant de les remettre dans le four; e, carcai se pour cuire les matières avant de lus introduire dans les pots; f, petit four pour recuire les verreries après leur soufflage; g, porte d'entrée de la halle; h, bâtiment disposé pour le service de la verrerie anglaise; i, talus extérieur de la halle permettant d'entrer dans la verrerie.

nerie est disposé en forme de cône tronqué creux, à la base duquel on a ménagé les passages nécessaires. Dans ces howels, l'air qui s'y trouve enfermé est très chaud, aussi ouvre-t-on les portes afin de provoquer de forts courants d'air. Ces portes C, C sont cependant fermées pendant la fusion des matières vitrifiablés afin d'amener une grande quantité d'air sous la couche du combustible enflammé, cela par l'aspiration du canal souterrain. Les résultats obtenus en Angleterre avec ces fours étaient très satisfaisants quant à la combustion et a la température obtenues.

Ces fours étant soustraits à l'influence du vent et des intempéries, les foules étaient très rapides.

Bien des modifications ont élé proposées, ont été infime appliquées dans l'emploi de la houille au chauffage des Tours de verreries; ces modifications avaient pour but une meilleure répartition des flammes, une combustion plus complète de la houille. MM. Chance, à Birmingham, obtinrent par une disposition ingénieuse decarneaux disposés au-dessus de la grille, les tètes des voûtes de ces carneaux formant le siège sur lequel reposaient les creusets, une bonne répartition de la chaleur, mais par le fait de celle disposition le siège lui-même n'altérait rapidement.

M. Chance fit l'essai de fours chauffés à l'anthracite, Bellford fil le même essai avec la houille. Anthracite et houille étaient brûlées dans des foyers spéciaux, sortes de gazogènes dans lesquels il introduisait l'air sous pression, à l'aide de souffleries.

Fio. us.

A, voûte; B, siège déprimé pour recevoir le verre débordant des creuse Is ; DD, fovrrs; EE, cendrier» fermé* hermétiquement par les portes ff, en communication avec l'intérieur du four par les anneaux dd; II, chambres destinées à chauffer l'air (utilisation de chaleur perdus), fermées par les couvercles II ; CC, passages servant à l'alimentation des foyers et recouverts hermétiquement jusqu'au moment d'une nouvelle charge; f, tuyau venant de la soufflerie, se bifurque en deux branches : la première débouche dans le cendrier Ë sous la grille, ci est munie dans sa partie G d'un papillon i; la seconde H s'élève dans la chambre T où l'air s'échauffe et vient déboucher en h dans le foyer (à sa partie supérieure).

Lorsque l'arrivée de l'air à ces fours est bien réglée, il se produit au-dessus des couches inférieures du combustible en ignilion une sorte de distillation des couches du charbon nouvellement versé à la partie supérieure; ces produits gazeux s'enflamment au contact de l'air chaud arrivant par h et pénétrant par d, dans le four, produisent une flamme oxydanle ou réduclrice suivant la quantité d'air qui arrive par À. Quelques-uns de ces fours ont été employés en Belgique.

L'idée qu'eut Plant de se servir d'un courant d'air forcé afin d'obtenir une combustion plus complète et une température plus élevée, a de l'analogie avec l'idée d'utiliser les gaz perdus des hauts fourneaux, et avec la manière dont s'opère la combustion dans les fours à gaz employés pour le chauffage actuel de nos fours.

HENRIVAUX. — LE VERRE. 223

Avant de passer à la description des fours à gaz actuels, nous renvoyons le lecteur à l'ouvrage spécial de M. Schinz (Stuttgart, 1853), qui donne des renseignements techniques sur les dimensions, la distribution des fours chauffés à feu direct, sur les combustibles, etc.

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