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II. Galets fixés aux côtés inférieurs des cadres

I. Tringles parallèles reposant dans les gorges des galets H, et se logeant dans des rainures disposées dans la sole du four.

J. Traverse réunissant, en dehors du four, toutes les tringles I, et servant à les tirer d'un seul coup, comme l'indique le ponctué de la figure 2.

HENIUVAUX. — LE VERUE. 385

K. Ouverture pour la manœuvre des feuilles de verre.

Cela exposé, voici comment on opère.

Le chariot B ayant amené une première feuille de verre, l'étendeur se rend à l'ouverture K et, au moyen d'une courte fourche, fait glisser la feuille sur la sole du four, en lui faisant occuper la première des neuf places qu'elle doit successivement parcourir. Dès que le chariot amène une seconde feuille, un aide agit sur la chaîne de manœuvre G, et lève, d'un seul coup, tous les cadres ou châssis, ainsi que les tringles I ; par suite de ce mouvement, la première feuille de verre se trouve soulevée et, dans cette nouvelle position, elle est soutenue par l'espèce de grillage que forment les tringles. Pendant qu'elle est ainsi soulevée, on imprime, à l'aide de la traverse J, un mouvement de traction aux tringles en les faisant glisser sur les galets H, de manière à faire avancer la feuille de verre d'une quantité un peu supérieure à sa largeur; puis, abandonnant, peu à peu, la chaîne de manœuvre G, on laisse redescendre, lentement, tout ce système sur la sole, et l'on n'a plus qu'à repousser les tringles, qui, logées de nouveau dans leurs rainures, reviennent en place sans entraîner la feuille, qui se trouve ainsi amenée à sa deuxième position. La place est alors faite à la seconde feuille, et l'étendeur peut la faire glisser du chariot sur la sole du four. Dès que cette seconde feuille est introduite, on manœuvre l'appareil comme précédemment, c'est-à-dire qu'on fait place à la troisième feuille, tout en faisant avancer les deux premières, et ainsi de suite. De cette manière, chaque feuille chemine, successivement, d'une quantité à peu près égale à sa largeur, et parcourt, ainsi, en neuf fois, toute l'étendue du four pour arriver à la sortie après s'être refroidie graduellement.

Ce système de refroidissement n'exige, pour chaque feuille, que vingt-cinq à trente minutes au lieu de sept à huit heures que demande l'ancien mode d'opérer. Non seulement la recuisson est suffisante, mais la coupe du verre est d'une régularité et d'une facilité bien plus grandes. En effet, les soulèvements successifs de chaque feuille sur des tringles minces, permettent un refroidissement à peu près uniforme sur les deux faces.

Fabrication du verre en plateaux. — Comme nous l'avons dit plus haut, cette fabrication, abandonnée en France, n'est plus guère usitée qu'en Angleterre. Voici comment M. Chance, le grand fabricant de Birmingham, rend compte dé cette opération :

« Lorsque le verre a été amené de l'état de fluidité absolue à celui d'une consistance qui permette de le travailler, l'ouvrier chargé de cueillir le verre plonge sa canne dans le creuset, au milieu de l'anneau, en la tournant sur son axe pour égaliser l'épaisseur de la masse cueillie, il enlève à l'extrémité, sur le uez, comme on l'appelle en termes techniques, une masse de verre présentant la forme d'une poire. Posant alors sa canne sur un chevalet, il la tourne doucement, et laisse la surface se refroidir de manière à pouvoir cueillir une deuxième quantité de verre. Lorsque la masse est à la grosseur convenable, l'ouvrier après avoir refroidi sa canne dans un auget plein d'eau de manière à pouvoir la tenir à la rnain, commence à rouler le verre sur le marbre ou lit métallique, jusqu'à ce qu'il prenne une forme conique, le sommet du cône formant le bouillon

le venna. Co

HENRiVAUX. — LE VEKKE.

(fig. 214). Un gamin souffle alors dans la canne, pendant qu'on marbre encore le verre, et lui fait prendre ainsi la forme d'un flacon florentin, et Ton prépare le rebord que doit plus lard présenter la feuille développée, en roulant la pièce près du nez de la canne, sur l'extrémité du marbre. On chauffe encore la masse, et le souffleur lui fait prendre la forme d'un grand globe. Pendant ce développement, il est nécessaire de maintenir le bouillon exactement dans la position qu'on lui a d'abord donnée, c'est-à-dire sur une ligne qui coïncide avec l'axe de la canne. Pour y parvenir, le souffleur maintient sa canne sur un support en

Fig. 214.

fer, et, tandis qu'il souffle la masse et la tourne à la fois, un gamin maintient contre le bouillon une pièce de fer qui se termine sous la forme d'une petite capsule. On présente alors au feu de nouveau, et là, par un tour de main de l'ouvrier et en dirigeant la flamme d'une certaine manière sur le globe, on aplatit le front de celui-ci; on évite, d'ailleurs, qu'il ne s'écrase pendant

Flii. 215.

Fig. 216.

cette opération, en faisant faire à la canne une révolution rapide sur son axe. La pièce ressemble alors à un énorme vase à décanter, dont le fond serait très plat et le col très court. Le bouillon peut encore se voir au centre du fond plat, et c'est alors que l'on se rend compte de son utilité. La canne est maintenue horizontalement sur un chevalet en fer ; un ouvrier s'approche tenant à la main

une longue baguette en fer appelée pontit, munie, à son extrémité, d'une petite masse de verre fondu. Il presse celte niasse contre une pointe en fer, de manière à lui donner la forme d'une petite capsule, puis l'applique, quand elle en a pris la forme, sur le bouillon, où elle adhère bientôt solidement. La masse ainsi formée prend le nom à'œil de bœuf ou bouillon (lïg. 215). Une incision faite au verre, près du nez de la canne, avec un morceau de fer froid, et un souffle vigoureux, détachent bientôt la canne, qui quitte alors la pièce; on la laisse reposer quelques instants jusqu'à ce que le verre qui ; est resté adhérent se soit fendillé (lig. 216).

• L'extrémité de la pièce qui se trouvait près de la canne, qui maintenant est détachée, se nomme te nez, et c'est elle qui a donné son nom au fourneau ou trou de nez devant lequel on la chauffe pour l'opération suivante.

> Le verre arrive alors à sa dernière et plus terrible épreuve. Il est placé entre les mains d'un homme qui, un voile sur la ligure, se tient droit devant un immense cercle de flamme (fig.217), dans lequel il enfonce sa pièce, tout en tournant rapidement son ponlil. L'action de la chaleur et de la force centrifuge combinées se montre bientôt. Le nez de la pièce s'étend, les parties qui en sont

proches ne peuvent échapper à ce mouvement : l'ouverture devient de plus en plus large ; un instant la vue saisit au passage la figure d'un cercle avec un double rebord. Un instant après le spectateur étonné voil tournoyer devantses yeux une table circulaire de verre qui, quelques minutes auparavant, gisait dans le pot de verrerie, sans que rien la distinguai du reste de la masse. »

Ces disques ont ordinairement 1"',50 de diamètre.

Excepté le centre du plateau auquel adhère le pontil, qui présente un bourrelet, l'épaisseur de celte pièce est uniforme.

Ce disque on plateau posé sur une aire recouverte de cendres chaudes, est détaché du ponlil (comme cela a lieu pour détacher le manchon de la canne), puis avec une longue fourche enfourné horizontalement, et dressé dans le four à recuire. Après recuisson et refroidissement, ces plateaux sont découpés au diamant. La planche XXII rend compte de ces diverses opérations.

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