ACTION D£ LA CHALEUR. S
attribuer la casse si fréquente des verres de lampe, surtout quand on les emploie pour la première fois ; car lorsqu'ils résistent, lusage même qu'on en fait équivaut à une recuisson.
Au moment de la solidification d'une pièce de verre un peu épaisse, les parties qui la composent éprouvent une contraction inégale; les parties extérieures sont déjà solidifiées, quand la partie interne est encore molle; de là un état d'équilibre instable que révèle fréquemment la rupture de la pièce, soit par un changement brusque de température, soit par un choc. On désigne dans les verreries, sous le nom de fioles d'épreuve^ des pièces soufflées en p. ^
verre épais, destinées à reconnaître l'état d'affînage du verre dont' on va commencer le travail. Ces pièces, abandonnées loin des fours à un refroidissement brusque, sont tellement fragiles, que le plus petit caillou projeté dans leur intérieur suffit pour les faire éclater; un léger changement de température peut aussi déterminer leur rupture, surtout quand elles sont de confection toute récente (fig. 1).
Les larmes hataviques présentent au plus haut degré ce caractère de fragilité que le verre acquiert par la trempe. Ce sont des gouttes de verre terminées par une pointe très-déliée qu'on produit en laissant tomber du verre très-liquide dans un baquet plein d'eau froide.
Les phénomènes qui accompagnent la rupture
des larmes batavîques ont attiré à plusieurs reprises Fattention des physiciens et des chimistes; on sait qu'elles jouissent de la singulière propriété de pouvoir être frappées assez fortement sur le gros bout avec un marteau, tandis qu'en cassant l'extrémité de la queue, elles se réduisent en poussière avec explosion.
Cette expérience, qui amène la projection violente de nombreux fragments de verre, ne doit être faite qu'en comprimant fortement la larme batavique dans la main au moment où on en détermine la rupture.
Les larmes batavîques ont beaucoup occupé les physiciens du XVII' siècle. Le prince Rupert de Bavière est, dit-on, le premier qui ait importé ce produit d'Allemagne en Angleterre : des larmes bataviques furent présentées à la Société royale, et un rapport fut fait à ce sujet en 1661; un peu plus tard, la rupture en grande cérémonie de quelques larmes bataviques apportées de Hollande à Paris par un ambassadeur de Suède attira vivement l'attention des savants, dont plusieurs furent, sans doute, quelques années plus tard, en 1666, les premiers membres de l'Académie des sciences.
On expliquait de la manière suivante l'explosion
Fig. 2.