‹ Le verre, son histoire, sa fabricationChapitre 16 sur 58 · ACTION DB LA CHALEUR · texte numérisé non relu

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à vitre double, recuit comme à Tordinaire, étant placé dans un cadre en bois, se brise infailliblement par la chute d*un poids de 100 grammes qui tombe à sa surface d'une hauteur de un mètre; ce poids, tombant d'une hauteur trois et quatre fois plus considérable, ne détermine pas la rupture du même verre après qu'il a été trempé; sa solidité est au moins décuplée; d'après M. Siemens, de Dresde, elle serait même 50 fois plus grande. Des verres de montre, des bobèches en verre mince, une fois trempés, peuvent être projetés sur le parquet sans se briser; chacun connaît par expérience la fragilité des objets de cette nature.

Il parait aussi que le verre trempé peut subir sans accident des changements brusques de température. Tous ceux qui font usage des lampes apprécieraient cette nouvelle et importante propriété.

Eafin un des effets remarquables de la trempe est d'augmenter notablement l'élasticité du verre; une feuille arquée, placée à terre sur son côté convexe, peut devenir plane, supporter sans se rompre le poids d'un homme, et reprendre sa forme bombée primitive lorsque ce poids est supprimé.

Il convient d'ajouter qu'à côté de ces avantages le verre trempé présente dans certains cas quelques inconvénients, quelques points noirs : il ne se coupe plus au diamant, comme le verre ordinaire, dont il ne conserve pas toujours l'éclat et la transparence; quand un vase fabriqué avec ce verre est employé pour chauffer un liquide, si ce vase vient à se briser, il éclate comme une larme batavique; le vase et le

liquide sont projetés au loia dans un grand état de pulvérisation.

Plusieurs éléments interviennent pour établir le coefficient de solidité du verre trempé. Il faut tenir compte : i** de la nature du verre ; 2** de la composition du bain à tremper; 3** de la température du bain et de celle du verre. M. de la Baslie est arrivé, par des expériences nombreuses, à déterminer ces éléments, tout en se réservant de continuer les recherches qui doivent compléter son œuvre.

Chacun sait qu'en immergeant dans l'eau froide une pièce de verre chauffée, elle se casse ; c'est ainsi qu'on étonne le verre dans le but de le réduire plus facilement en poudre. Pour éviter la rupture et pour obtenir le durcissement, il faut que le bain à tremper soit à une température élevée, à 150 degrés environ; on se sert par conséquent d'un bain d'huile ou de graisse. 11 faut, de plus, que la pièce à tremper soit portée au rouge sombre; qu'elle soit chauffée jusqu'au point auquel elle commence à se ramollir. C'est dans cet état qu'elle est plongée dans le bain. Il y a lieu, par conséquent, de surveiller attentivement le four à réchauffer pour éviter soit la déformation des pièces, soit la perte de leur transparence par un commencement de dévitrification.

A l'occasion d'une communication sur le verre trempé faite récemment par M. Clemandot à la Société des ingénieurs civils, M. Armengaud a donné des détails intéressants sur la mise en œuvre du procédé et sur l'outillage qui a permis de réaliser industriellement la trempe du verre.

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