‹ Le verre, son histoire, sa fabricationChapitre 24 sur 58 · ACTION DES ACIDES ET DES ALCALIS · texte numérisé non relu

ACTION DES ACIDES ET DES ALCALIS

sulfate de chaux, les verres à glaces et à vitres donnent du sulfate de soude qui se dissout et du silicate de chaux (M. Pelouze).

Action des acides et des alcalis.

Les verres qui sont attaqués par Teau sont à plus forte raison attaqués par les acides, même par les acides faibles et dilués.

Le verre pulvérisé est très-altérable par son contact avec l'acide chlorhydrique étendu d'eau, à chaud et même à la température ordinaire. Il en est de même du cristal en poudre qui donne immédiatement une liqueur qui, contenant du plomb, noircit par raddition de l'acide sulfhydrique (M. Pelouze).

Parmi les différentes espèces de verre, le verre à bouteille est celui qui résiste le moins à l'action des acides. La nécessité de le produire au meilleur marché possible oblige à y introduire une forte proportion de bases; aussi la plupart des bouteilles sont attaquées par les acides. Introduisez de l'acide sulfurique concentré dans une bouteille ordinaire, et après un temps plus ou moins long, vous verrez souvent s'y développer des concrétions mamelonnées de sulfate de chaux, en même temps que l'alumine, le fer et l'alcali du verre se dissoudront dans l'acide, et que la silice se déposera sous forme de gelée. Peu de bouteilles d'ancienne fabrication résistent à cette épreuve; beaucoup sont attaquées par les acides minéraux concentrés et résistent à l'action des acides dilués. On en rencontre même que le bitartrate de

potasse contenu dans le vin attaque d'une manière sensible. La silice et le tartrate de chaux se déposent et le vin prend en même temps une saveur d*encre marquée, par suite de la dissolution de Talumine et du fer : aussi le vin se trouble et se décolore.

Quand la qualité de la bouteille est meilleure, ces effets se produisent encore à la longue, et je suis disposé à croire que les modifications que le vin subit quand on le conserve longtemps en bouteille, quand il vieillit, quand il se dépouille, ne sont pas étrangères, dans beaucoup de cas, à la nature de la bouteille elle-même. Ainsi la décoloration plus ou moins rapide du vin serait due, maintes fois, à la production d'une sorte de laque fournie par la silice gélatineuse et la matière colorante du vin. La faculté bien connue qu'ont certains vins blancs de noircir, quand ils séjournent, même pendant peu d'instants, dans le verre à boire, pourrait être attribuée à une cause analogue; en effet, les vins blancs contiennent du tannin, et sous l'influence d'une petite quantité de fer empruntée à la bouteille* ils se coloreraient au contact de l'oxygène de l'air par suite de la production d'une trace de tannate de peroxyde de fer, qui est, comme on sait, le principe colorant de l'encre à écrire. Dans la bouteille bouchée, le vin ne noircit pas, parce que le sel de fer reste, dans une atmosphère privée d'oxygène, à l'état de tannate de protoxyde. Ceci n'est d'ailleurs qu'une présomption qui aurait besoin d'être appuyée par des expériences directes.

Quoi qu'il en soit à cet égard, certaines bouteilles sont très-rapidement attaquées par toutes les

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