HISTORIQUE
La nature du verre pompéien est la même que celle de certains produits similaires de fabrication moderne : produits d*assez médiocre qualité, il est vrai ; car, trop riches en soude, ils ne contiennent pas assez de chaux.
' Il ne parait pas qu'on ait trouvé des verres à vitre remontant à une époque plus reculée; la rareté même des fragments de vitres dans les deux villes romaines établit que leur usage était loin d'être commun ; ce n'est que bien plus tard que leur adoption est devenue générale.
Au III* siècle, on. commença à employer le verre pour garnir les fenêtres des églises; mais jusqu'au vu"" siècle on n'en faisait usage que sous forme de petites pièces rondes qu'on désignait sous le nom de cives.
Au XII* siècle, la peinture sur verre fut inventée, diaprés Le Vieil; les premières vitres furent peintes pour l'abbaye de Saint-Denis, dont la dédicace, faite par l'abbé Suger, date de l'année 1140; mais M. Ferd. de Lasteyrie, dans son Histoire de la peinture sur verre, estime que « Le Vieil était mal informé à cet égard, car il existait en Anjou plusieurs édifices ornés de vitraux d'une origine antérieure à ceux de Saint- Denis. Ces précieux monuments avaient échappé aux crises terribles de notre première révolution, et ils subsisteraient tous encore, si quelques-uns, tombés par malheur entre des mains indignes, n'avaient péri depuis peu par le seul fait de l'indifférence des propriétaires. ») Les principaux, qui étaient ceux de l'abbaye de Leroux, dataient de 1121. Il avait été
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question de les transporter à la cathédrale d'Angers ; mais, avant qu*on ait mis ce projet à exécution, le mur qui les portait s'écroula et les anéantit.
On conserve encore, parait-il, dans Fabbaye de Tegernsee, en Bavière, des vitraux dont un comte Arnold aurait fait présent à la fin du x"" siècle. Ce sont les plus anciens que Ton connaisse (Ferd. de Lusteyrie) .
La date de l'invention de la peinture sur verre à l'aide de couleurs vitrifiables est tout à fait incertaine. Suivant Batissier {Cabinet de Camateur et de l'antiquaire, tome 11), on aurait, trouvé des verres peints dans les nécropoles de la haute Egypte. D^autres mentionnent un vase peint, représentant la figure du Christ, découvert dans les catacombes, ainsi qu'un autre vase trouvé à Cunes et décoré par un procédé analogue.
Léon d'Ostie est un des premiers qui aient parîé clairement de la peinture sur verre; il dit qu'en 1058 l'abbé Desiderius, un de ses prédécesseurs, fit reconstruire de fond en comble la salle capitulaire et l'orna de fenêtres vitrées qu'il fit peindre de couleurs variées : colorum varietate depinxit. (Liv. ni de la chronique du Mont-Cassin.) Mais bien avant cette époque, on peignait sur verre : l'historien de Saint-Benigne de Dijon raconte, en effet, que de son temps (1052) on conservait dans l'église de ce monastère un très-ancien vitrail, représentant le martyre de sainte Paschasie, qu'on avait retiré de l'ancienne église, déj<^ restaurée plusieurs fois, notamment par Charles le Chauve. Sans aller jusqu*à pré-