HISTORIQUE
tendre, avec Emeric David, qui cite ce passage, que ce vitrail avait été peint sous le règne du petit-fils de Chariemagne, on doit pourtant conclure de cette citation qu'au x" siècle on représentait déjà des scènes historiques sur les vitraux d'église.
A ce témoignage il convient de joindre celui du moine Bicher, du monastère de Saint-Remi, lequel rapporte dans sa chronique, qui s'arrête à l'année 995, qu'Adalberon, archevêque de Reims en 968, ayant restauré la basilique, l'éclaira par des vitraux sur lesquels étaient figurées diverses histoires.
L'usage des vitres pour les habitations particulières ne remonte qu'au xiv* siècle. On se servait toujours de petits carreaux enchftssés dans des plombs. Il est vraisemblable que la cherté des vitrages, jointe aux exigences de notre climat, n'a pas été sans influence sur les dispositions que présentent dans leur ensemble les constructions du moyen âge, dont les ouvertures sont en général petites. Les vitres d'un seul morceau ne furent employées que sous le règne de Louis XIV. Ces vitres, encastrées dans le bois, étaient de petite dimension; il en fallait habituellement vingt-quatre au moins pour le vitrage d'une fenêtre'.
En Angleterre, pays dont le climat fait si bien apprécier l'utilité du verre à vitre, la fabrication de ce verre ne remonte qu'au vu* sièôle; les carreaux de vitre étaient encore rares et précieux il y a deux siècles. En Ecosse, en 1661, on n'en voyait qu'aux chambres principales des habitations du roi.
« Les Anglais, dit Le Vieil, vers la fin du vu* siècle^
ne savaient pas encore ce que c'était que verrerie ni vitrerie, jusqu'à ce que saint Vilfrid eût fait venir de France des vitres et des vitriers pour fermer les fenêtres de la cathédrale d'York, que saint Paulin avait fait bâtir. » « Chose nouvelle en ce pays, dit M. l'abbé Fleury, et nécessaire contre la pluie et les oiseaux. » C'est le même historien qui nous apprend, d'après le vénérable Bède et les actes des évêques d'York, que saint Benoît Biscop, étant passé en France cinq ans après saint Vilfrid, en emmena des maçons pour construire l'église et les bâtiments de son monastère de Viremouth, dans la Grande-Bretagne; que, peu de temps après, il en tira des verriers et des vitriers, qui y firent les premières vitres qu'on ait vues dans ce royaume, et en garnit les fenêtres de l'église et du monastère; et que ce fut des Français que les Anglais apprirent l'art de la verrerie et de la vitrerie. Ils ne tardèrent pas, d'ailleurs, à s'y rendre habiles; car les saints évêques Villebrod, Oûinfrid et Villehade, Anglais d'origine, en portèrent, dans leurs missions, la connaissance pratique chez les nations germaniques. »
Au moyen âge, dans quelques contrées méridionales, les ouvertures des fenêtres étaient closes avec des tablettes de marbre, percées de trous ronds ou carrés auxquels on adaptait des pièces de verre. On employa aussi des châssis de menuiserie évidés, comme l'indique Grégoire de Tours. La méthode la plus économique consistait à garnir les fenêtres de plâtre dur percé à jour et rempli de pièces de verre. De jolis spécimens de ce genre de vitrage se trou-