CHAPITRE SIXIÈME
Bouteilles.
Historique. — Les états de service du verre à bouteille ne sont pas aussi brillants que ceux de quelques autres produits de Tindustrie verrière. La bouteille, malgré la popularité de son nom, était peu connue des anciens qui conservaient leurs vins dans des outres en peau. Cette coutume existe encore dans quelques pays. Ce n'est guère qu'à partir du XV* siècle que son usage est devenu général. Il existe pourtant dans le département de l'Aisne, à Quicangrogne, près de La Capelle, une verrerie à bouteilles dont la fondation remonte à l'année 1290 et qui conserve précieusement dans ses archives les brevets qui lui ont été octroyés par Charles de Bourgogne, François I*% Charles IX , Henri III, Henri IV, etc. C'est une |des plus anciennes verreries de France.
En raison de notre grande production vinicole, la fabrication des bouteilles a acquis chez nous une importance exceptionnelle. On produit annuellement
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Les bouteilles pour le vin de Champagne, dont la abrlcation exige plus de soins et plus de combustible, >e vendent de 24 à 29 francs, selon le choix.
Matières premières et composition. — Les matières
)remîères qu'on emploie sont de nature très-diverse,
ieloh les localités. On se sert, autant que possible,
le celles qu'on a sous la main, afin de réduire les
rais de transport. On emploie les sables du pays,
'n donnant la préférence à ceux qui, étant cal-
•aires, argileux, ferrugineux, apportent avec eux
me partie des fondants nécessaires à la production
•conomique du verre. A Rive-de-Gier et à Givors,
lans les usines dirigées par M. Ch. Raabe, lesquelles
onliennent 22 fours pour la fabrication des bou-
eilles, la composition qu'on employait il y a quelques
innées était la suivante :
Sable du Rhône 100
Chaux éteinte 24
s ulfate de soude 8
Le sable du Rhône est ferrugineux et contient ÎO pour 100 de calcaire.
Dans la verrerie de M. de Violaine, à Vauxrot, Drès Soissons, où Ton produit, avec quatre fours, i millions de bouteilles champenoises, les matières premières mises en œuvre sont les sables calcaires lu pays, les cendres neuves, les cendres lessivées lu pays qu'on nomme charrées, la craie de Champagne, les soudes de Varech, le sel de soude, le sulfate de soude, la soude factice.
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En Belgique, dans la province de Charleroî, M. Houtart Roullier fait usage du mélange suivant : 100 parties de composition renferment :
Sable du pays 10
Cendres de tourbe (de la Hollande). . . 20
Sulfate de soude 15
Calcaire 5
Groisil ou tessons de bouteilles 50
Voici une autre composition :
Sable argileux 300
Sulfate de soude 30
Verre cassé 80
Écailles d'huîtres 20
Le sulfate de soude dont on fait usage contient habituellement une grande quantité de sel marin ; ce dernier, dont la proportion s'élève parfois jusqu'à 50 pour 100 du poids du sulfate, facilite la fonte et raffinage du verre et permet d'économiser le combustible. Il est possible aussi qu'une partie du chlorure de sodium joue un rôle utile comme fondant, par suite de sa transformation en silicate de soude, en présence du sable et de l'eau que renferment les matières employées.
D'après ces mélanges, la composition du verre à bouteilles est nécessairement très-variable ; les fondants ordinaires, la soude et la potasse, s'y trouvent en grande partie remplacés par des fondants multiples d'un prix moins élevé, c'est-à-dire par la chaux, la magnésie, l'alumine, l'oxyde de fer, etc.
Voici les analyses de trois échantillons de verre à bouteilles de bonne qualité : les deux premières sont de M. Berthier, la troisième de M. Maumené :
Silice 60,2 59,6 58,4
Chaux 20,7 18,0 18,6
Baryte 0,9 • »
Soude et potasse ... 3,2 3,2 Potasse. 1,8
Magnésie 0,6 .7,0 Soude. . 9,9
Alumine 10,6 6,8 2,1
Oxyde de fer 3,8 h A 8,9
Oxyde de manganèse. » 0,/i
i. Verre de Saint-Étienne (Loire).