N» 1. N» 8. NO
Silice 31,6 36,0 30,0
Potasse 8,3 6,0 20,0
Oxyde de plomb . . . 50,3 53,0 ZiO,0
Oxyde d'étain . ... 9,8 2,0 10,0
Acide arsénieux ... » 3,0 »
Voici, en outre, la composition d'un mélange d'émail et de fondants pour les cadrans de pendules. On prend :
Émail blanc (échantillon n"* 3} /i4
Sable blanc 25
Minium 25
Nitre à
Cristal ordinaire 2
Un procédé simple et économique pour obtenir réraail blanc propre à la doublure ou à la triplure du cristal consiste à employer l'acide arsénieux à haute dose. Dans la plupart des cristalleries françaises on ne se sert plus guère que de Témail préparé par ce procédé. On emploie :
Sable 100
Minium 55 à 60
Potasse 25 à 28
Os de mouton pulvérisés 10 à 12
Acide arsénieux ' . . . 12 à 15
L'émail, bien fondu dans un grand pot de terre, peut être étiré en bâtons comme les verres de couleur; pour s'en servir, on le ramollit à l'ouvreau et les pièces sur lesquelles on le fait adhérer sont façonnées dans les conditions précédemment indiquées.
Verres colorés dans la masse. — Nous avons vu que les principales colorations sont produites par les oxydes de cobalt, de manganèse, de cuivre, de fer, d'uranium et de chrome; d'autres substances, notamment l'or, l'argent, le charbon et le soufre, sont aussi des matières colorantes pour le verre.
On distingue, comme pour les vitres de couleur, les verres teints dans la masse et les verres doublés ou à deux couches. On en fait, de plus, à trois et à quatre couches superposées, dans le but d'enlever ensuite par la roue du tailleur une partie de chacune de ces couches, et de produire ainsi
des effets de coloration très-variés. Ces mêmes verres, dont la masse principale est incolore ou colorée, ou bien en verre d'albâtre blanc ou de
diverses nuances, peuvent, en outre, recevoir de la dorure et de la peinture avec des couleurs de moufle. On voit combien sont grandes les ressources dont le verrier dispose pour obtenir ces produits de luxe et de fantaisie.
J'indiquerai sommairement les moyens de produire les principales colorations.
Bleti foncé ou bleu de roi. — Pour 100 kilogrammes, de composition blanche (verre ordinaire ou cristal), on ajoute 150 grammes d'oxyde de cobalt, ou bien 350 à ftOO grammes de safre, ou 3"^** ,500 à 4 kilo^ grammes de bleu d'azur.
Vert clair ou vert bouteille. — Cette couleur n'est guère employée dans la gobeleterie, sauf pour la fabrication des verres à vin du Rhin. Pour l'obtenir, on ajoute à la composition quelques centièmes de battitures de fer finement pulvérisées.
Vert foncée vert jaunâtre. — On ajoute à 100 kilo-grammes de composition blanche 250 grammes d'oxyde noir de cuivre et 100 à 150 grammes d'oxyde vert de chrome. Comme ce dernier est difficilement fusible et produit souvent dans la masse des taches vertes, on le remplace avec avantage par 250 grammes de bichromate de potasse,
Peligot, Le Verre. 28
Violet ou améthyste. — 2 kilog. à i^'^',5 de bioxyde de manganèse et U kilog. à k)"'^ ,5 d*azotate de potasse sont ajoutés à 100 kilogrammes de composition blanche.
Verre jaune^ couleur d'ambre foncé. — Cette couleur s'obtient en ajoutant à iOO kilogrammes de composition neuve (exempte de plomb) 2 à 3 kilogrammes d'écorce de bouleau pilée. On peut aussi se servir de débris de cornes calcinées et réduites en poudre ; mais la teinte est souvent noirâtre. On obtient également une belle coloration jaune au moyen de la fleur de soufre. La coloration du verre par le charbon ou par le soufre dépend beaucoup plus, d'après M. Didierjean, de la composition chimique du verre que de la quantité du principe colorant qu'on y ajoute. Pour un verre basique^ il faut une moindre proportion de principe colorant que pour un verre acidcy c'est-àdire plus riche en silice. « C'est, dit M. Didierjean dans les notes qu'il m'a remises, la conséquence d'une loi générale qui ne se dément jamais en verrerie et qu'on peut formuler ainsi : toutes les fois qu'il s'agît de mettre en suspension dans une pâte vitreuse, soit des oxydes métalliques, soit d'autres corps, tels que l'acide arsénieux, l'acide stannique, le charbon, le soufre, etc., la coloration, l'opalescence ou l'opacité sont d'autant plus marquées, pour la même quantité du corps ajouté, que le verre est moins siliceux. »
« En ce qui concerne le charbon, quand le verre est acide, la couleur est d'un beau jaune plus ou moins orangé; si la quantité de silice est un peu
moindre, le jaune tire sur le 6run; si le verre est basique, par le travail, au réchauffage des pièces, le charbon se précipite et se met en suspension dans la pâte vitreuse qui devient noire. »
« On a fait du verre jaune avec la composition suivante :
Sable 150 parties.
Carbonate de soude à 90°, bien purifié et
exempt de sulfate 55 —
Carbonate de potasse à 4 5 pour 100 d'eau. 20 —
Cliaux éteinte 88 —
Écorce de bouleau pilée /»,5 —
« Le verre avait dans le creuset une belle couleur jaune, un peu orangée ; mais par le travail, les pièces, réchauffées plusieurs fois, devenaient noires. »
« Avec la même composition, modifiée seulement en ce qui concerne le carbonate de soude, dont on a employé hO parties au lieu de 55, le verre jaune obtenu ne s'altérait plus parle travail. »
« Le même résultat a été constaté en ce qui concerne la coloration du verre par le soufre. Ce corps, dans la proportiondel à4,5pourlOO, donne au verre une belle couleur jaune orangé, analogue à celle que Ton obtient avec le charbon, mais beaucoup plus riche de ton et d'éclat. Si le verre est à base de soude et de chaux, la couleur est terne; avec le verre de potasse et de chaux, elle est très-belle. C'est d'ailleurs une propriété de la soude de donner du verre ayant beaucoup moins d'éclat que celui qu'on obtient avec la potasse ; ce résultat est surtout très- sensible pour le verre jaune au soufre. »
La composition employée esl la suivante :
Sable 450 kilogrammes.
Carbonate de potasse 75 —
Chaux éteinte 38 —
Soufre pilé 2,100 —
Comme pour le jaune fourni par le charbon, la composition doit être acide. Si elle est trop chargée de bases, au réchauffage des pièces, par le travail, le soufre se précipite dans la pâte vitreuse à l'état de soufre noir; avec une plus forte proportion de soufre (7 à 10 pour 100); au lieu d'un verre jaune, on obtient un verre noir. Ce produit, connu sous le nom de kyalithe, est fabriqué depuis longues années par les Bohèmes.
Bleu turquoise. — A 100 kilogrammes de composition blanche, on ajoute !•'»' ,5 à l»'" ,7 d'oxyde de cuivre, provenant de la calcination du sulfate de cuivre.
Jaune d^urane ou verre dichroïde. — Le sesquioxyde d'uranium donne une couleur jaune avec reflets verdâtres d'une grande fraîcheur; cette couleur est la même que celle de l'azotate cristallisé et d'autres composés salins fournis par cet oxyde. On l'obtient en ajoutant à la composition blanche, 2,5 à 3 centièmes d'uranate de potasse pu d'ammoniaque. Le produit est plus beau avec les verres à base de potasse (exempts de plomb) qu'avec ceux dont la soude est le fondant. Le minerai d'uranium (pech-
blende), lavé et rédoil en poudre fine, donne une teinte verdàtre, en raison de Toxyde de cuivre qu*il renferme toujours en petite quantité. On produit aussi le vert d'urane par l'addition à la composition blanche de 2 millièmes et demi d'uranate jaune et de 2 millièmes d'oxyde de cuivre. M. E. de Fontenay a obtenu des verres jaunes dichroides en remplaçant Toxyde d'uranium par l'uranite d'Autun (phosphate de sesquioxyde d'uranium et de chaux); mais ce minéral est trop peu abondant pour donner lieu à un emploi sérieux en verrerie.
Verre jaune. — Cette coloration s'obtient au moyen de l'argent. Ce n'est pas une couleur vitrifiable, car elle s'applique sans fondant; mais elle s'incruste, pour ainsi dire, et pénètre dans le verre à une certaine épaisseur.
Cette espèce de teinture est fort employée pour les verres et pour les cristaux, notamment pour les verres de Bohême; sur ce fond jaune, on fait des gravures légères qui ont le grand avantage de pouvoir être livrées à très-bas prix.
Les verres de Bohême prennent plus facilement la couleur jaune par l'argent que les verres français; ce qui parait tenir à ce qu'ils contiennent dans leur composition un peu d'acide arsénieux et surtout à ce qu'étant moins fusibles, ils résistent mieux à la température de la moufle ; mais par l'addition de l'acide arsénieux on donne au verre, quelle que soit sa nature, les qualités voulues pour prendre facilement la couleur jaune. Cette coloration est proba-
blëment due à une pellicule très-mince et transparente d'argent à l'état métallique.
Le composé d'argent dont on fait usage est le chlorure de ce métal ; on le broie avec un excipient, qui est ordinairement l'oxyde rouge de fer; on ajoute au mélange du sulfure de cuivre et de l'acide stannique.
Voici les proportions :
Chlorure d^argent 2 à 2,5
Oxyde de fer .10
Sulfure de cuivre 0,5
Acide stannîque 1,0
Ces niatiëres sont broyées et appliquées au pinceau; quand elles sont sèches, on passe au feu de moufle ; après refroidissement des pièces, on enlève le mortier au moyen d'une brosse.
Verre noir. — Cette couleur résulte d'un mélange de plusieurs oxydes métalliques, tels que les oxydes de cobalt, de cuivre, de fer et de manganèse ; lorsque le verre est fortement chargé de bases, on peut faire le verre noir avec un seul de ces oxydes qui reste en suspension dans la pâte vitreuse. Si, au contraire, le verre est acide, c'est-à-dire très-riche en silice, il faut une quantité beaucoup plus considérable d'oxydes, et l'emploi de plusieurs de ces corps devient nécessaire.
Nous avons vu qu'avec le soufre on obtient aussi un beau verre noir, en se servant, bien entendu, d'Un verre exempt de plomb.
Verre rouge opaque. — Le sesquioxyde de fer et le protoxyde de cuivre fournissent cette coloration dans un verre basique ; avec ce dernier oxyde, la coloration est très-riche de ton, et peut être veinée de vert et de noir, lorsqu'on fait en sorte de suroxyder partiellement une partie du cuivre.
Verre vert opaque. — Le sesquioxyde de chrome, resté en suspension dans un verre basique, donne cette coloration ; si le refroidissement est lent, on obtient Faventurine verte de M. Pelouze, dont nous parlerons plus loia.
Verres colorés pour bourler ou triçler le VERRE BLANC. — On fabrique aujourd'hui en grande quantité des verres à plusieurs couches superposées, chaque couche ayant une coloration particulière. Au moyen de la taille, on enlève partiellement une ou plusieurs couches et on obtient ainsi des dessins trèsvariés sur un verre incolore, déjà coloré dans la masse ou émaillé soit intérieurement soit extérieurement.
Les pâles colorées, étant destinées à être appliquées en couches très-minces, demandent une coloration très-intense et exigent, par conséquent, une forte proportion d'oxydes métalliques. D'un autre côté, ces verres doivent être plus doux, plus onctueux, plus ductiles que la masse vitreuse qu'ils doivent recouvrir, en offrant, ce qui est fort important, le même retrait lors du refroidissement de la pièce. On ajoute à la composition blanche indiquée précédemment quelques centièmes de minium; une partie
de la potasse y est introduite sous forme de nitre, dans le but de maintenir à leur maximum d'oxydation les oxydes colorants dont on fait usage.
Ces pâtes colorées se font dans de petits creusets qu'on laisse refroidir après fusion et dont Tintérieur est cassé en morceaux ; ceux-ci, bien épluchés, servent pour la doublure des pièces. On peut aussi les préparer dans de grands creusets; lorsqu'elles sont bien fondues et bien affinées on en fait des tubes massifs ou bâtons dont on fait provision pour ce genre de travail.
Voici la composition de ces verres colorés pour doublures :
Pour le bleu foncé, on ajoute à 100 de composition blanche 2 à 3 d'oxyde de cobalt bien pur; pour le vert foncé, 3 à 3,5 de bioxyde de cuivre et 3 de bichromate de potasse ; pour le violet améthyste, 10 de bioxyde de manganèse, une parlie de la potasse étant employée à l'état d'azotate ; pour le bleu turquoise, 10 d'oxyde de cuivre provenant de la calcination du sulfate; ce verre doit être assez riche en alcalis.
Le rouge de cuivre est produit dans les mêmes conditions que celui des vitraux, dans des creusets de petite dimension. On mélange intimement quelques centièmes de battitures de fer porphyrisées avec du verre pilé : après fusion, on retire le creuset du four et on y ajoute une quantité suffisante d'oxyde de cuivre; on remet le creuset au feu et on brasse la matière avec un crochet en fer jusqu'à ce qu'elle soit bien homogène; puis on la laisse se raffiner.
On obtient aussi le verre rouge pour doublures en ajoutant à 100 de verre pilé 5 à 6 de potée d*étain qu'on mélange intimement avec 2 d'acide stannique et 2 de proloxyde de cuivre (oxyde rouge) ; ces deux dernières matières ont été broyées séparément. Le tout est fondu rapidement à une température trèsélevée; trois ou quatre heures suffisent pour la fusion de ce verre qui présente une couleur opaque, rouge de sang, qui est celle du verre hématin des anciens. On casse ce produit en petits fragments qu'on conserve pour servir de doublure. Quand la fonte ne réussit pas du premier coup, la matière est pilée et refondue de nouveau, jusqu'à ce qu'on arrive à la couleur qu'on veut obtenir. Ce procédé est celui que nous avons donné pour le verre pourpre des vitraux.
Ces fontes successives peuvent être évitées en ajoutant au verre ou au cristal pilé 1,5 pour 100 environ de protoxyde de cuivre et une très-petite quantité de battitures de fer. On fond et on coule en plaques. On obtient ainsi du premier coup un beau verre pourpre pour doublures.
Verre rubis. — Cette couleur est une sorte de peinture, cuite à la moufle. On fait une pâte composée de sulfure de cuivre, de battitures de fer et d'ocre rouge broyés avec de l'essence de térébenthine et on en couvre la surface du verre au moyen d'un pinceau. On cuit à la moufle; la surface du verre présente, après cette première chauffe, une teinte rougeâtre avec des reflets verdâtres qui proviennent du cuivre fixé; une deuxième cuisson, faite dans une
moufle dont Tatmosphère est rendue réductrice par les matières charbonneuses qu*on y introduit, donne au verre la couleur rouge due au protoxyde de cuivre, ou plutôt à ce métal devenu libre ; mais, comme pour obtenir ce résultat, il a fallu ramollir la masse, celle-ci a fixé en même temps un peu de charbon très-divisé qui lui donne une couleur terne; on est obligé, pour rendre le brillant, de lui faire subir une troisième cuisson dans une atmosphère un peu oxydante ; on a soin de recouvrir préalablement d*ocre les surfaces rubinées afin de les soustraire à l'action trop énergique de cette atmosphère qui, sans cette précaution, effacerait la couleur rouge obtenue.
Le verre rubis est employé en Bohême pour faire des gobelets, des coupes sur lesquelles on grave à la roue des dessins représentant des animaux, des chasses, des vues de villes d'eaux minérales, etc. Le procédé, maintenu secret pendant longues années, est aujourd'hui pratiqué couramment dans nos cristalleries.
Verre rose. — Cette couleur, qui est fort belle, ne s'emploie que pour doubler; la composition du verre coloré doit être à peu près la même que celle des pièces sur lesquelles elle doit être appliquée.
La coloration est due à l'or qui s'y trouve à l'état métallique, dans un état d'extrême division. Le verre doré ne contient pas au delà de un millième d'or, et il n'entre lui-même que pour une faible quantité dans la pièce à doubler.
Pour l'obtenir, après avoir dissous de l'or pur
dans une quantité suffisante d'eau régale, on verse la dissolution étendue d'eau sur le sable qui doit entrer dans la composition du verre ou du cristal; on dessèche complètement le mélange dans une capsule de porcelaine, en ayant soin de le brasser avec une spatule de verre ou de grès ; puis on ajoute les fondants qui doivent compléter la composition; si celle-ci n'est pas du cristal, il est bon d'ajouter un peu de minium pour rendre le verre plus malléable et d'employer sous forme de nitre une partie de la potasse. Ces matières, étant bien mélangées, sont introduites dans un petit creuset qui est porté au four dont la température est très-élevée ; quelques heures suffisent pour la fonte et l'affinage. Le creuset est ensuite retiré et refroidi dans l'arche à recuire ; lorsqu'on le casse, on en sépare au marteau une masse incolore ou légèrement bleuâtre ; on la divise en petits fragments qui, ramollis plus tard à la flamme de l'ouvreau, prendront immédiatement une trèsbelle couleur rouge.
Pour 1 kilogramme de composition, on a pris 1 gramme d'or. Si on n'a pas à sa disposition de l'or pur, on peut le préparer de la manière suivante : on fait dissoudre dans l'eau régale de l'or monétaire ; la liqueur est évaporée presque à siccité dans une capsule de porcelaine, reprise par l'eau, filtrée pour séparer la petite quantité d'argent (transformé en chlorure) que contient habituellement la monnaie ; un courant de gaz sulfureux en précipite l'or à Tétat de pureté. On arrive au même résultat en faisant bouillir la liqueur, dans un matras en verre,
avec de l'acide arsénieux, après qu'elle a été évaporée presque à siccité, étant fortement acidulée par l'acide chlorhydrique.
L'or qu'on obtient ainsi est lavé par décantation et séché ; il est ensuite redissous dans l'eau régale. Une pièce d'or de 20 francs, pesant 6'*'^ ,450, doit donner 5»* ,800 de métal pur.
Le verre rose s'obtient également au moyen de la dissolution d'or dans l'eau régale qu'on mélange avec le produit qui résulte de l'action de l'acide azotique sur l'étain. Les deux liqueurs sont versées sur le sable en opérant comme il a été dit ci-dessus. On se sert aussi, pour le même objet, du pourpre de Cassius. On ne se rend pas bien compte du rôle utile que l'oxyde d'étain peut avoir dans cette préparation.
L'addition au mélange d'une quantité infiniment petite d'oxyde de cobalt fournit la teinte un peu violacée des feuilles de roses.
L'intensité de la couleur est en raison de la proportion d'or» employée. Pour doubler des verres opales ou pâte de riz, ou bien pour tripler sur émail» on a besoin d'un rose très-clair. Dans ce cas, on n'introduit dans la composition que un demi-millième et même que un dix-millième d'or.
Lorsque le cristal doré est longtemps chauffé, étant convenablement ramolli, il prend d'abord la couleur rouge, puis il se décolore partiellement et il présente, après refroidissement, une teinte bleuâtre avec des paillettes très-fines d'or brillant; on fait avec ce produit des objets de bijouterie qui ont eu
dans ces derniers temps une certaine vogue, en raison peut-êlre de leur nouveauté.
La fabrication des pièces colorées en rose ou en rouge groseille exige des soins particuliers. On fait, d'une part, une paraison de cristal ordinaire, à laquelle on fait adhérer un petit fragment de cristal aurifère; en ramollissant ce verre à Touvreau, la couleur rouge se développe; on le rabat avec les fers, on Tétend et on Fégalise sur la paraison. D'autre part, on a cueilli, avec une autre canne, du cristal ordinaire dont on fait aussi une paraison sur laquelle on fait adhérer celle à deux couches qu'on vient de façonner; après qu'elle a été convenablement ramollie à Touvreau, on Tétend, et on la rabat, comme un champignon, avec les pinces. Ou a ainsi une pièce composée de trois couches ; celle du milieu est aurifère. La pièce est alors terminée par les procédés ordinaires. Par la taille, on entame plus ou moins la couche aurifère, et on obtient ainsi des cristaux blancs avec des dessins rouges ou roses. En opérant ainsi, la couche d'or se trouve garantie d'une fusion qui amènerait l'or à l'état de petits globules offrant l'aspect métallique. Dans le but d'obtenir le môme retrait, on se sert, comme nous l'avons dit, de cristal ayant la même composition.
Pour les autres verres doublés, on procède autrement : on souffle une petite paraison de cristal coloré> qu'on allonge et qu'on étire avec les fers, de manière à lui donner la forme d'un cylindre épais; celui-ci.
étant ouvert à son extrémité, est évasé et coupé avec un fer froid; on en sépare une pièce conique, ouverte des deux bouts, qu'on pose sur un support creux en fer; on introduit dans l'intérieur de ce cône une paraison de cristal incolore; l'adhérence étant produite, on réchauffe k l'ouvreau et le verre coloré est réparti uniformément sur la surface du verre blanc. La pièce, ainsi doublée, est terminée par les moyens ordinaires.
Verre craquelé. — Les verres ou cristaux incolores ou colorés qu'on désigne sous ce nom présentent, sur leur superficie, des dessins irréguliers formant saillie, de la même couleur ou d'une autre couleur que celle de la masse. Leur fabrication, faite d'abord en Bohème, est fort simple : quand la paraison est faite, on la promène sur une plaque de fer sur laquelle on a répandu du verre concassé en fragments irréguliers. Ce verre adhère à la masse vitreuse. On réchauffe la pièce, on la pare avec les fers, on la souffle et on en termine la façon par les procédés habituellement employés.