Analyse de M. Wôhler, faite eo
2. Aveaturine de Bigaglia, de Venise, que j*ai analysée en 18 i5.
3. Échantillon de fabrication plus récente. Analyse de M. Levol.
4. Analyse de Taventurine rose du commerce, par M. Hautefeuille. C*est la composition dont il faut se rapprocher le plus, d'après ce chimiste.
Report 65,2
Acide phosphorique. . . 1,5 Acide borique traces,
Cuivre
Sesquîoxyde de fer. .
Chaux
Magnésie
Soude
Potasse
Oxyde de plomb . . .
Oxyde de manganèse .
Alumine
Acide sulfurique . . .
li,ti 8,3
D Jl
traces.
traces.
traces.
traces.
2,2 traces.
traces, traces.
Dans les analyses 3 et 4, le cuivre, Fétain et le fer sont calculés à l'état de protoxyde.
D'après M. Hautefeuille, on obtient l'aventurine en fondant l'un des mélanges suivants :
N« 1. Glace de Saint-Gobain . . . . 2000
Nitre 200
Battitures de cuivre ..... 125
Peroxyde de fer 60
N»2. Sable -1500
Craie 357
Carbonate de soude sec. ... 801
Carbonate de potasse 1^3
Nitre 200
Battitures de cuivre 125
N° 3. Verre à vitre blanc.
Sable
Carbonate de soude
Nitre
Battitures de cuivre .
Quand le verre est bien liquide, on ajoute 38 parties de fer ou de fonte en tournure fine
TERRES ET CRISTAUX DE FANTAISIE. 45o
enveloppée dans du papier; on les y incorpore en maclant le verre au moyen d'une tige de fer rougie. Le verre devient*rouge de sang, opaque, et en même temps pâteux et bulleux ; on arrête le tirage du fourneau, on ferme le cendrier, on couvre de cendres le creuset muni de son couvercle, et on laisse refroidir très-lentement. Le lendemain, en cassant le creuset, on trouve Taventurine formée.
On obtient ainsi, à chaque opération, du verre parsemé de cristaux. Néanmoins le produit commercial est difficile à produire, à cause de la répartition irrégulière de ces cristaux dans la masse. Celle-ci est tantôt trop veinée, tantôt cristallisée trop finement, quelquefois trop chargée de bulles qui donnent à la taille des points et des cavités.
On admet généralement que, dans ce verre, les cristaux sont du cuivre à l'état métallique. Cependant, d'après M. Levol, ce métal s'y trouverait sous forme de silicate de protoxyde. Ce chimiste a constaté qu'en Iraitant l'aventurine en poudre par une dissolution bouillante de potasse, elle se dissout complètement; si on s'arrête au moment où là masse vitreuse est seule dissoute, on obtient un résidu violet. qui verdit à l'air ; et si, après avoir recueilli les cristaux, on les traile par un sel mercuriel, ils ne deviennent pas blancs, ainsi que cela arriverait si le cuivre s'amalgamait avec le mercure, ce dernier métal devant se précipiter en présence du cuivre. Comme ils ne changent pas de couleur, M. Levol et M. Hautefeuille admettent que ces cristaux sont formés de silicate de protoxyde de cuivre.
4i>6 LE VERRE.
Cette conclusion ne semble pas se concilier avec le fait suivant observé par M. Hautefeuille : la matière cristallisée de Taventurine est soluble dans Tammoniaque; *Ja dissolution, qui est incolore, devient bleue au contact de l'air. Ce sont là les caractères du cuivre et du protoxyde de cuivre. Il n'est pas vraisemblable que le silicate formé par cet oxyde, s'il existe, soit soluble dans l'ammoniaque.
Les verres de cuivre ont été étudiés récemment par M. Pettenkofer et par M. P. Ebell *. Le premier de ces chimistes s'est particulièrement occupé du verre hématin (hématinone des anciens) qu'il est arrivé à reproduire ; il a constaté que le flux rouge brun qui le produit ne passe à l'état de verre rouge opaque que par une opération subséquente qui consiste à le chauffer longtemps jusqu'à son point de ramollissement : il en est de même pour l'aventurine ; la matière fondue est sans paillettes cristallines et c'est pendant le refroidissement que les cristaux apparaissent. La formation de ces deux verres serait due, d'après lui, à la cristallisation d'un silicate de protoxyde de cuivre ; il admet que dans la matière récemment fondue ce corps est à l'état amorphe. Dans le verre pourpre des vitraux, ce silicate existerait également, mais en cristaux tellement petits qu'ils ne sont pas visibles, même au microscope.