‹ Le vers français et les prosodies modernesChapitre 8 sur 63 · ID · texte numérisé non relu

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(^) Mais quoiqu'ils niaient pas mis mon cœur dans tes liens

Corneille.

Si l'on veut que toujours ils aient la bouche close.

Molière.

C) Que tes gens cette nuit m'ay-ent vue ou saisie.

Corneille.

Ah ! n'ay-e point pour moi si grande indifférence !

Que j'ay-e peine aussi d'en sortir par après.

Aient subirait alors la même loi que les imparfaits et les conditionnels de même terminaison ; il formerait comme eux une rime masculine, puisqu^il aurait une syllabe de trop peu pour constituer un vers féminin qui compte ^^12 comme les libraires, et Victor Hugo ne se serait pas cru obligé de supprimer Ve muet pour écrire :

A-vant que tu n'ais rais la main à la massue.

Il aurait dit comme M. de Banville :

Et que, pour embellir ton front d'aventurier, Tu n'aies pas aux jambons dérobé leur laurier,

OU comme de Musset :

Pas un qu'avec des pleurs tu n'aies balbutié.

Ici encore, comme pour Phiatus, une maille rompue emporte tout l'ouvrage.

Les subjonctifs aient et soient employés monosyllabiquement ont introduit dans le corps du vers d'autres verbes syncopés :

Qui pourrait vous chercher comme vous voient mes yeux ?

Lamartine.

De ce bonheur en vain nous croient déshérités.

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