‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son armonieChapitre 12 sur 135 · VERS DE COMEDIE · texte numérisé non relu

VERS DE COMEDIE

Que certains de ces vers puissent être coupés autrement que nous ne l'avons fait, nous aurions mauvaise grâce à le contester. Mais on nous accordera que la lecture que nous avons proposée est celle qui convient le mieux aux idées exprimées et en suit le mieux le mouvement. Dans ces quatre dernières strofes les développements sont parallèles et la structure aussi. Quelques-uns seront peut-être choqués de voir une même expression : « Si je vous le disais » considérée tantôt comme formant une seule mesure, tantôt comme en formant deux. Rien n'est plus naturel, puisque le ton change. Un même groupe de mots n'a pas obligatoirement toujours le même ritme : tout dépend des divers rôles qu'ils peuvent jouer dans une frase ou dans un vers, du ton général, de la valeur des mots qui les précèdent ou les suivent. Nous avons vu plus aut les deux noms u Richard Cromwell » ayant chacun un accent ritmique dans la bouche de Carr; il n'en est pas de même ici :

Carr, à part. — Serait- il du complot ? |

SiR Richard Willis, à part, — Richard Cromwell | aussi !

Nous avons vu que dans ce vers:

Sauvant les lois, | gardant les murs, | vengeant les droits

il n'i a que trois accents ritmiques ; partout ailleurs que dans un trimètre chacune de ces trois expressions en aurait deux.

Dans les quatre strofes suivantes de notre pièce « A Ninon » le ton est uniformément grave ; il n'i a plus de trimètres. Enfin la dernière strofe débute par trois vers graves et la poésie se termine en reprenant le ton et les deux vers légers du début.

Nous avons dit que ces vers contenant une mesure à six sillabes, c'est-à-dire une mesure ayant l'allure de la prose, convenaient parfaitement à la comédie ; mais la comédie comporte tous les tons, depuis le vers tragique à quatre mesures, jusqu'à destipes encore plus voisins de la prose que ceux que nous venons d'étudier. Ce serait sortir de notre sujet que d'insister sur ce point. Mais nous signalerons pourtant, à titre d'iudication, l'allure libre et dégagée qu'Alfred de Musset

a su obtenir en mélangeant au tipe classique des vers contenant des mesures de six sillabes, des vers sans arrêt à Témistiche et enfin des vers sans arrêt à la rime :

Il est large à peu près comme un quartier de lune, — Cousu d'or comme un paon, — frais et joyeux comme une Aile de papillon, ~ incertain et changeant Comme une femme. — Il a des paillettes d'argent Comme Arlequin. — Gardez-le, il vous fera peut-être Penser à moi; c'est tout le portrait de son maître.

{Les marrons du feu).

Ainsi je vais en tout, — plus vain que la fumée De ma pipe, — accrochant tous les pavés. — L'année Dernière, j'étais fou de chiens d'abord, et puis De femmes. — Maintenant, ma foi, je ne le suis De rien. — J'en ai bien vu, des petites princesses.

{Ihid.).

J'ai, dit Mardoche, fait

Mes classes de bonne heure, et puis, dans les familles, Voyez- vous, j'ai toujours trouvé quatre ou cin(i filles Contre un ou deux garçons, ce qui m'a fait penser Qu'on pouvait en aimer la moitié, sans blesser

Dieu

[Mardoche).

Nous relevons des procédés analogues dans une comédie de Verlaine :

0 la fatuité des hommes qu'on n'évince Pas sur le champ ! Allez, allez, la preuve est mince Que vous invoquez là d'un penchant présumé De mon cœur pour le vôtre, aspirant bien aimé.

{Les uns et les autres).

Salut! je suis

Alors, puisqu'il le faut décidément, depuis Tous ces étonnements où notre cœur se joue,

A votre chariot la cinquième roue.

{Ihid.),

PENTAMETRES 69

E. — Pentamètres et ezamètres

Les pentamètres et lesexamètres sontdes versde douze sillabes ayant les premiers cinq mesures et les seconds six. Tandis que le trimètre est plus court et plus rapide que le tétramètre, ceux-ci sont plus longs et plus lents. Les effets que l'on obtient par leur emploi, sont exactement le contraire de ceux qui sont dus au trimètre. Avecle trimètre nous avions augmentation de vitesse et par conséquent présentation plus rapide des idées et des images ; ici nous avons diminution de vitesse correspondant à une présentation plus lente des idées et des images ; en même temps il i a accroissement proportionnel du temps pendant lequel nous pouvons considérer chaque idée partielle ; en se desserrant dans l'espace, chaque élément de l'idée croît en importance, les détails de l'individu se précisent. En un mot le trimètre rapproche les idées en une sorte de sintèse, le pentamètre etl'examètre les écartent et les analisent *.

Voici d'abord des exemples de pentamètres ; après ce que nous venons de dire, ils se passeront aisément de commentaire. Ils sont d'un usage courant à la période classique, mais pourtant beaucoup plus fréquents chez les modernes :

L'heu|re, le lieu, | le bras | se choisit | aujourd'hui

(Corneille, Cinna), Ton nom | demeurera | grand, | illus|tre, fameux

(Id., Horace).

Le lait tombe ; | adieu veau, | valche, cochon, | couvée

(La Fontaine, VII, 10).

Le hibou repartit : Mes petits sont mignons, Beaux, | bienfaits, | et jolis l sur tous | leurs compagnons

(lD.,V, 18).

* Cf. Becq de Fouquières, passim.

Buvez, I mangez, | dormez, | et faisons | feu qui dure

(Racine, Les Plaideurs), x^

Beauté, | gloi|re, vertu, | je trouve tout | en elle

(ID., Bérénice).'^ '^ '^

Content | de son hymen, | vaisseaux, | arjmes, soldats, Ma foi lui promit tout, et rien à Ménélas

(Id., Iphigénie). fl'^^-té

Femmes, | vieillards, | enfants, i s'embrassant | avec joie, Bénissent le Seigneur et celui qu'il envoie

(Id., Athalie).nt^y^\

Les ho mmes sont ingrats,! méchants, j menteurs [jaloux (Hugo, Les rayons et les ombres).

Huit jours encore | on creuse,] on sape, | on fouille, | on

[sonde (Id., Gaiffer- Jorge) .

Le faune, haletant parmi ces grandes dames. Cornu, I boiteux, | diiforme, | alla droit | à Vénus

(Id., Le Satyre).

Et pas à pas, | Roland, | sanglant, | terri'.ble, las. Les chassait devant lui parmi les fondrières

(Id., Le petit roi de Galice).

Le porc et le sultan étaient seuls tous les deux ; L'un torturé, | mourant, | maudit, | infect, | immonde; L'autre, | empereur, | puissant, \ vainqueur, | maître du

[monde (Id,, Sultan Mourad).

Celui qu'en bégayant nous appelons Esprit, Bonté, I Force, | Équité, | Perfection, | Sagesse, Regar|de devant lui, ] toujours, | sans fin, | sans cesse

(Id., ihid.).

l\ ne faudrait pas prendre pour un pentamètre le vers suivant :

Elle va, vient, | remonte et tomjbe, se relève

(Id., Le petit roi de Galice).

EXAMETRES "7 1

ni celui-ci pour un eptamètre :

[emplit Va, vient, | monte, descend, | féconde, [ enflamme, |

(Id., Fin de Satan).

ni le dernier des trois suivants pour un examètre ;

Aujourdliui le voilà dans cette Forêt-Noire, Le dogme ! Ignace ordonne ; il est prêt à tout boire, Le faux, le vrai, | le bien, le mal, | l'erreur, le sang !

(^Id., L'art d'être grand père).

Dans ces trois exemples et dans d'autres analogues, le sens groupe certaines expressions deux à deux dételle sorte qu'elles ne constituent qu'une mesure unique.

Voici quelques exemples d*examètres ; ils sont d'un emploi beaucoup plus rare :

Roi, I prêltres, peuple, \ allons, | pleins | de reconnoissance De Jacob avec Dieu confirmer l'alliance

[RKcmTS.^ Athalie).

Je ne dirai qu'un mot. La fille qui m'enchante,

No|ble, sajge, modeste, | humble, | honnê|te, touchante,

N'a pas un des défauts que vous m'avez fait voir

(BoiLEAU, Sat.X).

Triste, | à pied, | sans laquais, | mai|gre, sec, | ruiné

{\ï).,ihid.).

Debout sur le tréteau qu'assiège une cohue Qui rit, I bâille, | applaudit, | tempe te, siffle, hue

(Hugo, Châtiments).

[civières, Fuyards, | blessés, | mourants, | caissons, | brancards, | On s'écrasait aux ponts pour passer les rivières

(Id., L'expiation).

Il pense, | il règle, | il mène, ( il pèse, | il juge, | il aime

Id., Légende des siècles).

Charge, I emplois, | honneurs, | tout | en un instant |

[s'écroule (Id., Ruy-Blas),

Pâle, I éploré, | sanglant, | fouetté, | percé, | meurtri

(Id., Fin de Satan),

Il résulte de tout ce qui précède qu'un poème quelconque de V. Hugo, par exemple « Le petit roi de Galice », dont le fond est en tétramètres, mais où il i a plusieurs trimètres et quelques pentamètres ou examètres, est une pièce en vers libres.

Les poèmes a mouvements variés

A. — Poèmes en vers libres

Nous venons de dire qu'un morceau de V. Hugo, bien que composé uniquement de vers douze sillabes àrimes plates, pouvait être considéré comme un poème en vers libres. On distingue deux sortes de pièces en vers libres : celles où les vers sont de même longueur, mais les rimes tantôt plates, tantôt croisées, embrassées ou répétées ; celles dans la composition desquelles entrent des vers de différents mètres. Les premières sont en réalité des pièces à rimes libres ; nous ne nous en occuperons pas, n'ayant rien à en dire qui ne soit connu. Les secondes sont des poèmes à mouvements variés ; ce qui les caractérise c'est l'assemblage de vers de mesure différente. Les pièces en vers libres peuvent être d'une liberté absolue tant au point de vue des rimes que de la variété des mètres ; c'est le cas de la plupart des fables de La Fontaine. Elles peuvent avoir une liberté limitée ; soit qu'elles s'astreignent comme le Petit roi de Galice aux rimes plates et aux vers de douze sillabes ; soit qu'elles soient construites en strofes semblables et n'aient plus de liberté une fois la première strofe établie.

Ces distinctions n'ont pas d'intérêt pour nous, puisque la seule question qui nous occupe est l'effet produit par la succession de mètres variés. Le chapitre précédent nous a parfaitement préparés à cette étude, car nous i avons trouvé, après des vers d'une certaine vitesse, des vers plus rapides ou plus lents, après des vers ayant un certain nombre de mesures des vers en ayant moins ou en ayant davantage. En somme nous ne rencontrerons rien d'autre dans celui-ci ; il ne sera en quelque sorte que la répétition du précédent, mais avec beaucoup plus de variété et de complexité.

Nous aurons à étudier Tefîet produit par le changement de

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mètre sans changement de vitesse : tel est le cas du vers de sixsillabes venant après le vers de douze comme dans le Lac de Lamartine ; et le changement de mètre accompagné d'un changement de vitesse, comme lorsqu'un vers de uit sillabes vient après un vers de douze.

Pour la quantité d'accélération ou de ralentissement due à la jonction d'un vers plus rapide à un vers plus lent ou d'un vers plus lent à un vers plus rapide, nous ne saurions mieux faire que de renvoyer à M. Becq de Fouquières qui a étudié la question en détail (p. 321).

Néanmoins^ comme la plupart des personnes n'ont pas l'abitude de considérer les choses de ce point de vue, nous donnerons quelques indications sur les combinaisons les plus fréquentes pour faciliter Fintelligence de ce qui va suivre. VK Lorsqu'après un vers de 12 sillabes à 4 mesures vient un vers de 8 sillabes à2 mesures, il i a exactement la même accélération que lorsqu'un vers romantique (12 sillabes et 3 mesures) vient après un vers classique (12 sillabes et 4 mesures), c'est-à-dire que la vitesse augmente d'un quart. Si le vers de 12 sillabes est un trimètre et le vers de 8 un dimètre il n'i a pas changement de vitesse, il n'i a que changement de mètre. Lorsqu'un vers de 7 sillabes à 2 mesures vient après un tétramètre de 12 sillabes^ il i a accélération de un septième ; si le vers de 12 sillabes est un trimètre, il i a ralentissement de un huitième. Lorsqu'un vers de 10 sillabes à 3 mesures vient après un tétramètre de 12, il i a augmentation de vitesse de un dixième ; si le vers de 12 sillabes est un trimètre, il i a diminution de vitesse de un sixième. Lorsqu'après un vers de 10 sillabes à 3 mesures, vient un vers de 8 sillabes à

2 mesures, il i a accélération de un sixième. Lorsqu'un vers de 7 sillabes à 2 mesures vient après un vers de 10 à

3 mesures, il i a accélération à peine notable, ce n'est que un vingt et unième ; lorsqu'il vient après un vers de 8 à 2 mesures il i a ralentissement de un uitième.

Si c'est le vers qui a un p!us grand nombre de sillabes qui vient après celui qui en a moins, il n'i a qu'à renverser ce que nous venons de dire pour savoir quel est le changement de vitesse produit.

Quelques-uns seront peut-être surpris de ces accélérations

ACCELERATION FT RALENTISSEMENT 75

et de ces ralentissements continuels du débit; ils seront tentés de nous dire caci : Alors, d'après votre téorie, pour bien dire les vers, il faudra tantôt parler avec une lenteur désespérante, tantôt avec une rapidité qui amènera fatalement à bredouiller. Il n'en est rien; d'abord ces différences de vitesse n'ont la rigueur matéraatique que nous leur avon^ attribuée qu'en téorie; dans la pratique la quantité de l'accélération ou du ralentissement n'est qu'approximativement celle que nous avons indiquée. D'autre part nous avons vu que ces changements étaient d'un cinquième, d'un uitième ; nou^ en avons môme signalé un quiest d'un vingt et unième, c'est-à-dire presque nul. Mettons les choses au pis : supposons le cas extrême ou il i a ralentissement ou accélération de moitié ; c'est ce qui se produit par exemple lorsqu'un monomètre de 6 sillabes, vers très rare, précède ou suit un tétramètre de 12 sillabes. Chacun sait que la vitesse moyenne du débit de la poésie est approximativement deux fois moin. Ire que celle du débit de la prose, que celle du langage ordinaire lorsqu'il ne présente rien de particulier : personne n'en est choqué. Une accélération apportée dans le débit de la poésie le rapproche de celui de la prose; dans le cas extrême ou l'accélération est du double, on passe du débit de la poésie à celui de la prose, au débit moyen de la conversation la plus calme. Car il ne faut pas oublier que dans une conversation très simple sur le moindre fait divers, il i a en quelques minutes des variations de vitesse, accélérations ou ralentissements beaucoup plus considérables. Celles de la poésie sont généralement suffisantes pour êtres sensibles ; elles ne sont jamais assez grandes pour être choquantes.

Avant de quitter ces questions de téorie nous devons signaler, pour l'écarter, un préjugé très généralement répandu encore aujourdui : c'est que les petits vers sont plus légers, plus vifs que les grands. Il en est sans doute ainsi quelquefois, mais pas toujours. La légèreté ou la vivacité d'un vers dépend de sa rapidité. Or le vers de 3 sillabes par exemple a exactement la même vitesse que le vers classique de 12; il n'est ni plus léger, ni plus vif. Le monoraètre de 4 sillabes à la même vitesse que le tétramètre de 16. La vitesse ne dépend pas du nombre des sillabes, mais du rap-

port qui existe entre ce nombre et celui des mesures. Les plus lents des vers français sont le dimètre de 4 sillabes, vers extrêmement rare, et Texamètre de 12, qui ont exactement la même vitesse. Puis vient le trimètre de 7 sillabes, vers très rare également, qui est un peu moins lent. En troisième ligne, le dimètre de 5 sillabes, vers rare, et le pentamètre de 12, dont la vitesse est à peine plus considérable que celle du vers précédemment cité.

Si nous passons à Fétude des poètes qui se sont particulièrement distingués dans le vers libre, nous rencontrons au premier pas un nom qui éclipse tous les autres, celui de La Fontaine. Il est universellement reconnu pour le grand maître du vers libre. Un seul paraît avoir eu le génie nécessaire pour l'égaler dans cet art, Alfred de Musset,... maleureusement il s'i est rarement exercé.

On répète depuis longtemps que dans les fables de La Fontaine les vers s'allongent ou se raccourcissent suivant l'idée exprimée par le vers. Cela ne veut pas dire grand chose, ce n'est pas très clair ; aussi s'est-on empressé d'en faire un dogme, et de l'accepter sans examen.

Sans doute il est arrivé à certains critiques de faire une ou deux remarques sur les petits vers de La Fontaine, mais la plupart du temps ce n'a été que pour commettre de grossières erreurs, que l'on répète cependant. Ainsi Chamfort à propos de ces deux vers :

Même il m'est arrivé quelquefois de manger Le berger,

dit : « Remarquons ce petit vers ; il semble qu'il voudrait bien escamoter un péché aussi énorme». C^est un contre sens absolu, comme nous le verrons en temps et lieu ; mais il paraît que c'est très spirituel ; aussi depuis cent années joint-on ce jugement à un nombre effrayant d'autres erreurs que Ton continue à enseigner à nos jeunes gens sous prétexte d'en faire des umanistes et des ommes.

Quand une observation ainsi faite se rencontre être juste, c'est évidemment par asard, puisqu'elle est presque toujours accompagnée de deux ou trois autres qui sont fausses. Quoi

qu'il en soit, il n'i a rien à tirer de là, et il ne s'en dégage aucune idée générale.

Pour nous, puisqu'il est incontesté et incontestable que c'est La Fontaine qui a fait l'usage le plus abile du vers libre, c'est sur ses Fables que nous ferons principalement porter notre étude dans ce chapitre; ce qui ne nous dispensera pas de citer d'autres œuvres à l'occasion, soit pour les louer, soit pour les critiquer.

Notre point de vue est maintenant connu: il ne s'agit pas de savoir si un vers est plus long ou plus court qu'un autre, c'est à dire s'il a plus ou moins de sillabes, mais s'il est plus lent ou [ilus rapide, et quels sont les effets qui peuvent être produits par cette rapidité plus ou moins grande, quelles sont les catégories d'idées qu'elle peut servir à exprimer.

Un vers plus rapide venant après un vers plus lent exprime l'idée de rapidité et celles qui s'i rattachent:

La tempête s'éloigne et les vents sont calmés. La forêt qui frémit, pleure sur la brujère ; Le phalène doré, dans sa course légère, Traverse les prés | embajumés.

(MussFT, Le saule).

Grâce à l'emploi du vers de 8 sillabes, le poète obtient une mesure à 5 sillabes, qui peint admirablement la rapidité et la légèreté de la course du faiène, sans être obligé pour cela de ralentir les mesures avoisinantes.

Un manant au miroir prenoit des oisillons. L3 fantôme brillant attire une alouette : Aussitôt un autour, planant sur les sillons,

Descend des airs, fond et se jette Sur celle qui chantoit, quoique près du tombeau.

(La Fontaine, VI, 15).

Le petit vers exprime la rapidité.

Et nous verrons soudain ces tigres ottomans

Fuir I avec des pieds de gazelle !

(Hugo, Orientales).

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