‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son armonieChapitre 128 sur 135 · VE MUET · texte numérisé non relu

VE MUET

pie, tous les genres poétiques emploient le dialecte parlé dans la région où ils naissent. Ils ont atteint leur plus aut développement chacun dans son dialecte ; c'était la période de production originale. Postérieurement apparut la poésie d'imitation ; on imita les modes poétiques, on imita leurs langues qui devinrent purement artificielles et intelligibles seulement pour un cercle restreint. (7esst la période de décadence. Que Ton compare Quintus de Smyrne à Homère et l'on entreverra Tabime qui sépare la seconde de la première. A Rome la poésie classique, purement artificielle, érudite, arcaïsante pour la langue, grécisante pour le fond et la forme, n'a jamais été qu'une poésie d'amateure. Pour qu'une poésie puisse être réellement vivante, il faut qu'elle emploie la langue de son pays et de son temps. Supposez Aristophane écrivant dans la langue d'Homère ou Schiller dans celle de Hans Sachs !

Actuellement la langue de notre poésie est arcaïque et parconséquent artifi îielle sur trois points principaux :

1** L'e MUET. — Parmi les e que l'on écrit aujourdui il en est qui se prononcent et d'autres qui ne se prononcent pas. Nous n'avons pas à faire ici leur istoire mais seulement à constater l'état actuel de la prononciation et à montrer dans quelle mesure les poètes tendent às'i conformer. 11 faut distinguer plusieurs cas. Quand l'e est en contact avec une voyelle atone dans l'intérieur d'un mot, comme dans jouerai^ remerciement y tuerie il ne se prononce pas aujourdui; souvent même il ne s'écrit plus, comme dans joliment, prairie, roulette. Cet e forme toujours une sillabe en ancien français ; mais dès le XIV siècle on commence à ne plus le compter; voir à ce sujet chez Tobler le chapitre intitulé Détermination du nombre des syllabes, Aujourdui les poètes ne le comptent plus jamais et quand A. Barbier écrivit :

Toujours, ô mon enfant ! toujours les vents sauvages De leurs pieds vagabonds balayeront les plages

{La Nature) f

il a commis un arcaïsme blâmable.

Quand l'e suit la voyelle tonique comme dans prie, pries.

prient, il comptait également toujours pour une sillabe en ancien français ; il n'est plus jamais prononcé aujourdui. Ici Tusage des poètes n'a pas suivi la prononciation, si ce n'est quand l'ortografe elle-même s'i est conformée comme dans les imparfaits en -oze, -oies^ devenus ais^ dans le subjonctifsoî'e, soies devenu sois, dans eaue devenu eau. Les mots dans lesquels Ve continue à être écrit ne peuvent entrer dans l'intérieur d'un vers que si Ve est final et élidé devant une vojelle. Telle est ]a règle classique; elle comporte une exception : les imparfaits et les conditionnels en -aient et les deux subjonctifs aient et soient peuvent entrer dans l'intérieur d'un vers sans que leur e compte pour une sillabe. Les poètes du siècle dernier ont commencé à étendre cette liberté à toutes les finales de verbes en -aient^ -oient^ -ient, -uent, -éent, -ouent :

En second lieu nos mœurs qui se croient plus sévères

(Musset).

Les yeux qu'on ferme voient encore

(Sully-Prudhomme).

Rient en dessous, mettant leurs masques de travers

(Bouchor).

Les mondes fuient pareils à des graines vannées

(Sully-Prudhomme).

On ne saurait que les louer de cette généralisation ; il est temps qu'elle devienne complète et qu'on ne rencontre plus dans nos vers d'arcaïsmes comme celui-ci :

On dit qu'elle a des gens qui se noi-ent pour elle

(Musset).

Ces mêmes imparfaits en -aient placés à la rime constituent une rime masculine ; mais Hugo emploie encore voient: soient comme rime féminime. En réalité toutes ces rimes sont masculines puisque Ve no se prononce pas.

Pour les formes en -e^-es la règle classique est impitoyable;

l'E muet 407

elle n'en admet aucune dans l'intérieup du vers. Mais il la bien longtemps que les poètes ont éprouvé le besoin de les admettre conformément à leur prononciation, c'est-à-dire sans compter Ve. Ronsard disait déjà : « Tu dois oster la dernière e féminine, tant des vocables singuliers que piuriers qui se finissent en ée et ees, quand de fortune ils se rencontrent au milieu de ton vers. Exemple du féminin plurier :

Roland avoit deux épé-es en main.

Ne sens-tu pas que ces deux épé-es en main offencent la délicatesse de l'aureille ? Et pour ce, tu dois mettre :

Roland avoit deux épé's en la main

Autant en est-il des vocables en oue et ue comme

roue, joue, nue, venue et mille autres qui doivent recevoir syncope au milieu de ton vers, si tu veux que ton poème soit ensemble doux et savoureux. Pour ce tu mettras : rou*, jou', nu\ etc. ».

On trouve déjà cette suppression de Ve au XV siècle (cf. Tobler, ibid.J. Aux XVP etXVlP elle est fréquente :

Toy qui levant la veue trop haute

(B^ïF, 8 sill.).

A veu' d'œil mon teint jaunissoit

(Régnier).

Et la livrée du capitaine

(Marot, 8 s.).

Lassée d'un repos de douze ans

(Malherbe, 8 s.).

Mantoue, tu ne vois point soupirer ta province

(Corneille).

Bon! jurer! ce serment vous lie-i-'û davantage?

(La Fontaine).

Hé bien, me plains-je à tort ? me joues-tu. pas, Amour?

(La Fontaine).

A la queue de nos chiens, moi seul avec Drécar

(Molière, Les Fâcheux).

Les flots contre les flots font un remu-Taéuâge

(Molière, Dépit amoureux).

Mais il faut dire que les mêmes poètes, sans en excepter Ronsard, comptent cet e pour une sillabe dans d'autres passages. Ils ne s'affranchissent de la règle que timidement et exceptionnellement :

Mais, comme crois. Destinée fatale

(Marot, 10 s,).

Ah! longues nuits d'hiver, de ma vie bourrelles

(Ronsard).

Et par lui la cité de Troie fut brûlée

(Ronsard).

Ne me reproche point qu'oisif j'ate vécu

(Ronsard).

La partie brutale alors veut prendre empire

(Molière, Le dépit amoureux).

Anselme, mon mignon, crie-i-elie à toute heure

(Molière, Étourdi).

Dans la première moitié du XIX° siècle les exemples sont plus rares, mais non moins significatifs :

Pas un qu'avec des pleurs tu n'aies balbutié

(Musset, Namounà).

Avant que tu n'aies mis la main à ta massue

(Hugo, Feuilles d'automne).

l'^ muet 409

Un vieux pirate grec l'avait trouve gentille

(Musset, Namouna).

Que mes joues et mes mains bleuiront comme celles

D'un noyé

(Mussbt).

Ne m'a-il pas jetée sous tes pas comme on trouve

(Lamartine, Jocelyn).

Tout sur terre où nous voilà,

Etait en remMe-ménage

(Banville).

Le crucifix, le bloc, Vépée hors de la gaîne

(Leconte de Lisle).

La Baie des Trépassés blanche comme la craie

(Brizeux).

Les poètes décadents ont accentué cette tendance ; nous attendons qu'elle se réalise complètement et que tous les mots de ce genre entrent librement dans le vers à n'importe quelle place.

Enfin quand Ve vient après une consonne soit dans l'intérieur soit à la fin d'un mot, il était encore toujours prononcé et comptait toujours pour une sillabe en ancien français. Aujourdui il n'est plus prononcé que dans les conditions que nous avons déterminées dans les Mémoires de la Société de Linguistique^ VIII, 53-90. Il en était déjà de même au XVIP siècle ; cf. Thurot, II, 748. En poésie d'après la règle classique il doit toujours faire sillabe. Ici les poètes se sont montrés plus timides que dans les cas précédents. Pourtant dès le XVP siècle on voit se manifester une tendance à supprimer Ve muet là où il ne se prononce pas :

Tu t'abuses toi-même, ou tu me porte envie

(Desportes).

La suppression de Vs permet de justifier pour les ieux l'éli-

siori de Ve ; en réalité cette grafie prouve qu'on ne prononçait ni Ve ni Vs. C'est le même artifice que l'on trouve dans Agrippa d'Aubigné :

Toi, Seigneur, qui abats, qui blesses, qui guéris, Qui donnes vie et mort, qui tue et qui nourris,

et ailleurs dans le même Desportes:

Jupiter, s'il est vrai que tu fusse' amoureux ;

Malherbe a blâmé Tortografe de ce vers et aussi celle des deux suivants où c'est l'e qui n'est pas écrit :

Des chardons inutils et des herbes méchantes...

Des fortes mains à'HercuV veux-je arracher la masse.

Konsard supprime de même parfois un e muet final :

Fait à houppes de soie, et si bien eW le traite

{Ko^Bsmi,Églogues).

Mais plus elV nous veut plonger

Et plus eir nous fait nager.

(Ronsard,? sill.).

Chez les modernes, si on laisse de côté les chansonniers qui sont à part, les exemples sont fort rares, mais il faut reconnaître qu'ils n'ont rien de choquant :

Que tu ne puisse encor sur ton levier terrible

TMussET, La coupe et les lèvres).

Et recouvrant le fer de son bourlet d'écorce

(Lamartine, Jocelyn).

Quelque soit la main qui me serve

( Lamartine, Recueillements) .

Tu Vemporte, il est vrai; mais lorsque tu m'abats

(Lamartine, La mort de Jonathas) ;

il était bien facile de dire : Tu l'emportes, c'est vrai... mais le vers n'i aurait rien gagné.

LA DIÉRÈSE 4 11

Parmi les décadents c'est M. Jean Moréas qui a le plus nettement accusé cette tendance. Seulement il ne paraît pas s'être toujours rendu exactement compte de l'état réel de la langue ; car il lui arrive parfois de supprimer des e qui se sont toujours prononcés et d'en compter que l'on ne prononce pas. Il est évident que notre poésie doit arriver à brève échéance à ne plus compter que les e qui se prononcent et à négliger ceux qui sont réellement muets. Notre vers ne pourra qu'i gagner en sonorité.

Il est à peine besoin de rappeler que pour cette question, comme dans tout le cours de ce livre, nous ne considérons que le français proprement dit et que les prononciations provinciales, comme celle du Midi où l'on prononce vingte-cinq en trois sillages, sont pour nous sans intérêt.

2^ La diérèse. — Il s'agit des groupes de deux voyelles dont aucune n'est e et dont la première est i, ou^ o, û, c'està-dire une voyelle susceptible de devenir semi- voyelle. Doivent-ils être comptés pour deux sillabes ou pour une seule? Istoriquement la question est fort complexe ; on en trouvera une bonne esquisse chez Tabler (chapitre cité plus aut). Les règles classiques (relatées en grande partie chez Quicherat et chez Le Goffic et Thieulin) sont purement empiriques, artificielles, parfois contradictoires et souvent flottantes.

On trouve fréquemment des contradictions pour le même mot chez le même poète :

Le sud, le nord, Vou-est et l'est et Saint-Mathieu

(Hugo).

A cause du vent à^ouest tout le long de la plage

(ID.)

Rome était la tru-ie énorme qui se vautre Les soupiraux infects et flairés par les truies De sa vue, hier encor, je faisais mon délice

(Hugo).

(ID.)

(Coppée).

Or, ce fut hi-er soir, quand elle me'parla

(ID.)

Et baisant tout bas son rou-et

(Musset).

Ne chercherait-on pas le rouet de Marguerite ?

(ID.)

Marqué du fou-et des Furies

(Musset).

J'oserais ramasser le fouet de la satire

(iD.).

Me font rire. Piaillez, mesdames les chou-ettes

(Hugo).

Pas de corbeau goulu, pas de loup, pas de chouette

(ID.)

Oh ! l'affreux su-icide ! Oh ! si j'avais des ailes

(Musset).

Mon enfant, un suicide. Ah ! songez à votre âme

(ID.)

Sur la terre où tout jette un miasme empoisonneur

(Hugo).

Mêlé dans leur sépulcre au mi-asme insalubre

(ID.)

Vopi'um, ciel liquide

(Th. Gautier, 6 sill.).

D'opium usé

(lD.,4sill.).

C'est le pendant des sillabes « communes » chez les poètes classiques latins, qui leur permettaient d'emplojer dans le

LA DIERESE 413

même vers le mot patrem^ par exemple, indiiFéremment avec la première sillabe longue ou brève. C'est la marque la plus évidente d'une langue artificielle, et bien que ce ne soit en apparence qu'une chose sans importance elle peut avoir les conséquences les plus graves et devenir un germe de mort pour la poésie qui l'admet 11 n'i a qu'un principe admissible : se conformer à la prononciation de la langue vivante. La poésie de l'ancien français faisait ainsi ; mais la prononciation a notablement changé sur ce point comme sur beaucoup d'autres. La poésie d'aujourdui ne peut suivre que la prononciation d'aujourdui. On doit compter pour deux sillables « (les) passions », comme a (nous) passions ». On trouvera la prononciation actuelle de ces groupes exposée en détail dans les Mémoires de la Société de Linguistique^ VIII, p. 71 et suivantes (article cité plus aut).

On peut noter d'ailleurs sur ce point une tendance des poètes à se conformer à la prononciation à mesure qu'elle évoluait. Le fait le plus caractéristique est l'emploi uniquement avec diérèse depuis l'époque classique (grâce surtout a l'influence de Corneille) des groupes dont la première voyelle est i quand ils viennent après une liquide précédée d'une autre consonne :

Vous devri-ez pleurer nos morts

(Sully-Prudhomme).

Le sangli-er lancé comme un rocher qui roule

(ID.)

Il travaillait sans plainte, ouvri-er solitaire

(iD.).

J'aime. Philée ainsi parla le quatri-ème

(ID.)

Sous les verts marronniers et les peupH-ers blancs

(Musset).

On peut constater aussi nombre de sinérèses réalisées

depuis la période de l'ancien français et accueillies par nos poètes :

écu-elle en ancien français, mais

Mille petits cailloux volaient vers son écuelle

(Catulle Mkndès).

di-acre en ancien français, mais

Comme un diacre à Noël, à côté du curé

(Musset).

Mais à côté de cela combien devons-nous relever de contradictions et Ton peut même dire de reculs :

quotidien dans Au gier, mais

Pour gagner notre pain, tâche quotidi-enne

(Coppée).

assiette dans Musset, mais

De te voir à ce point hors de ton assi-ette

(Augier).

piéton en ancien français, mais

Embaumaient, énervants, et sur les pi-étons

(Coppée).

bruire en ancien français, mais

La chute du moulin bru-it comme autrefois

(Coppée).

piano chez Musset, mais

Pareil au pi-anoàe valse et de quadrille

(Coppée).

Ces exemples sont d'autant plus mauvais qu'il s'agit de vers familiers.

Il ressort clairement de là que, pour cette question, nos poètes sont actuellement comme le limier qui a perdu la piste et qui court de droite et de gauche en quête d'un indice qui le remettra sur la bonne voie. Comme l'a dit Becq de Fou-

l'^ ASPIRÉ 415

quières, a faute de s'être rendu compte des principes supérieurs de la métrique qu'ils appliquent instinctivement, les poètes ont parfois des audaces irréfléchies qui les jettent en dehors des règles les plus certaines, ou au contraire ils hésitent à briser les entraves d'autres règles que rien ne justifie ». Dans les cas de ce genre, c'est au téoricien à leur montrer le vrai chemin.

3° L'/« ASPIRÉ. — Vil dit aspiré ne s'aspire pas et même ne se prononce pas du tout, mais détermine une prononciation particulière devant lui: il empêche la liaison d'une consonne et l'élision d'un voyelle. C'est état est flottant aujourdui et depuis fort longtemps *; la langue tend à supprimer totalement Vil aspiré et les efi'ets qu'il produit (voir le détail de la question dans les Mémoires de la Société de linguistique, VIII, p. 86 et suivantes), mais cette évolution, empêchée parles livres et l'enseignement, n'est pas encore terminée. La poésie n'a pas qualité pour devancer la langue parlée. Pourtant certains poètes ont cru pouvoir parfois élider une voyelle devant un h dit aspiré :

Très mauvais gîte, hormis qu'en sa valise

(La Fontaine).

Je meurs au moins sans être haï de vous

(Voltaire).

Des vers de ce genre font regretter que ces exemples ne soient pas encore devenus des modèles.

Quand ces réformes relatives à Ve muet, à la diérèse et à Vh aspiré seront définitivement accomplies nous aurons conservé le beau vers sillabique de Racine et de Hugo, mais avec

' c La plus saine et la plus commune opinion est qu'il faut dire et écriie alte sans h... Or est-il que je pose en fait, après le témoignage d'une quantité de personnes irréprochables, auquel je joins encore ma propre observation, que dans tous les livres on n'a point vu alte imprimé ni écrit avec \xn. h » (Vaugelas, II, 335). Cf. Molière, Dépit amoureux, 975:

Nous verrons. Mais Lucile... Altel son père sort.

un compte de sillabes conforme à celui de la langue réellement vivante. Il sera lui-même rendu par là plus vivant et en même temps plus sonore et plus armonieux. Nous Tavons vu en effet, Tarmonie est d'autant plus grande que les éléments qui entrent en jeu pour la constituer sont mieux modulés : Ve muet qui n'existe dans les vers que par une prononciation artificielle, quoique obligatoire, ne vaut pas pour la modulation une voyelle plus nette et mieux timbrée.

Voilà donc une première tendance: elle porte sur la langue. La seconde, que nous annoncions tout à l'eure, touche d'une manière beaucoup plus intime à la facture même du vers. Nous avons indiqué que notre vers lorsqu'il est devenu ritmique tout en restant sillabique devenait un vers bizarre. En effet la superposition de ces deux sistèmes presque incompatibles produit forcément une sorte de discordance. Dire qu'un vers est sillabique c'est faire entendre qu'il a un nombre de sillabes fixe, avec au besoin un point de repère quelque part (la césure de l'émistiche) et rien de plus. Un vers ritmique au contraire à un nombre fixe d'accents ritmiques ou de mesures déterminées par eux et un nombre de sillabes quelconque. Or notre vers classique a un nombre de sillabes fixe avec un nombre de mesures qui ne l'est pas obligatoirement. Sans doute le nombre des sillabes de chaque mesure n'est fixe et égal que dans le tipe relativement rare 3. 3. 3. 3 :

Ma fortu | ne va prendre | une fa | ce nouvelle

( Andromaque) .

Le plus souvent, il est très variable, mais non pas libre, car le total des sillabes comprises dans un émistiche ne peut pas être inférieur ni supérieur à six. Hugo et ses successeurs ont fait craquer la cuirasse émistiche. Ils ont ainsi donné plus de liberté au ritme et plus de variété aux mesures ; mais ils ont simplement substitué à la cuirasse étroite de Témistiche une cuirasse plus ample, celle du vers. Le total des mesures comprises dans un vers ne peut pas comprendre un nombre de sillabes autre que douze.

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