CHIS HE COLERE
Tu voudras t'affranch/r du joug de mes bienfaits, Maisje Yeux que ma mort te soit même inutile. Ne croî's pas qu'en mourant je te loîsse tranqu/lle. Rome, ce ciel, ce jour que tu reçUs de mo«, Partout, à tout moment, m'offriront devant toi, Tes remords te suivront comme autant de îuvlES ; Tw croiras les calmer par d'autres barbar/JE5; Ta fureur s'irritant soi-même dans son cours. D'un sang toujours nouveau marquera tous tes jours. Mazs j'espère qu'enfm le Ciel, las de tes cr/mes, Ajoutera ta perte à tant d'autres vict/mes : Qu'après t'etre couvert de leur sang et dw mien^ Tu te verras force de répandre le Uen\ Et ton nom paroitra dans la race future ; Aux plws crwels tyrans une crwelle injUre
{RkCi^E, Britannicus).
[Elle entre]. —D'où viens- 1^? qu'as-tu fait cette nuJT? Réponds, que me veux-t^''? qui t'amène à cette heure? Ce 'oeau corps, jusqu'au jour, où s'est-/l étende? Tandis qu'à ce balcon, seul, je veille et je pleure, En quel \ieu, dans quel 1/^ à qu/^ souriais-t^? Perf/de ! audaciei^se ! est-/i encor poss/ble Que tu viennes ofïr/r ta bouche à mes baisers? Que demandes-tw donc? par quelle soif horr/ble Oses-t U m' attirer dans tes bras épwises ?
(Musset, Nuit d'octobre).
Vous ne démentez pomt une race funeste. Oui vous êtes le sang d'Atree et de Thî/este. Bourreau de votre fille, il ne vous reste enfin Que d'en faire à sa mère un horr/ble festm. Barbare ! c'est donc là cet heureux sacrif/ce Que vos soms préparo^ent avec tant d'artif/ce. Quoi? l'horreur de souscr/re à cet ordre inhumain N'a pas, en le traçant, arrête votre main ? Pourquoi feindre à nos yewx une fausse tristesse ? Pensez-vous par des pleurs prouver votre tendresse ?
Où sont-/l8 ces combats que vous avez rendTO?
Quels flots de sang pour elle avez-vous répand^^iS?
Quel débr7*S parle ic7 de votre résistance ?
[Quel champ couvert de morts me condamne au silence?]
Voilà par quels témoins il {-àiloit me prouver,
Crwel, que votre amour a voul6^ la sauver.
Un oracle fatal ordonne qu'elle exp/re;
Un oracle, dit-/l, tout ce qu'il semble d/re ?
Le Ciel, le juste czel, par le meurtre honore,
Du sang de Tinnocence est-il donc altère?
Si du cr/me d'Hélène on pun/T'sa fam/Ue,
Faites chercher à Sparte Hermione sa f/Ue :
Laissez à Ménélas racheter d'un tel pr/X
Sa coupable moitié dont il est trop éçrIS,
Mais vous, quelles fureurs vour rendent sa vict/me ?
Pourquoi vous imposer la peme de son cr/me ?
(Racine, Iphigénie).
Il faut rappeler ici, comme partout, que les fonèmes considérés ne deviennent expressifs que si Tidée qu'ils recouvrent s'i prête. Voici un passage du Misanthrope qui serait excellent comme sons pour peindre le paroxisme de la colère ; mais il n'a pas ce sens et reste presque inexpressif. Ce sont des paroles de Philinte (V, 1) :
Non, je tombe d'accord de tout ce qu'il vous plaît.
Tout marche par cabale et par pur intérêt ;
Ce n'est plus que la ruse aujourd'hui qui l'emporte.
Et les hommes devroient être faits d'autre sorte ;
Mais est-ce une raison que leur peu d'équité
Pour vouloir se tirer de leur société ?
Tous ces défauts humains nous donnent dans la vie
Des moyens d'exercer notre philosophie.
C'est le plus bel emploi que trouve la vertu ;
Et, si de probité tout étoit revêtu,
Si tous les cœurs étoient francs, justes et dociles,
La plupart des vertus nous seroient inutiles.
Puisqu'on en met l'usage à pouvoir, sans ennui,
Supporter dans nos droits l'injustice d'autrui .