PERSIFFLAGE, MOQUERIE
J*étois né pour server d'exemple à ta colère, Pour être du malheur un modèle accompK. Hé bien ! je meurs content, et mon sort est remph*.
Autres exemples d'ironie amère :
Je ne vous presse pom^, Madame, de nous sw^vre ; En de plus chères mains, ma retraite vous hvre. De vos desse/ns secrets on est trop éclaire/, Et ce n'est pas Calchas que vous cherchez ici
(Racine, Iphigénie).
paroles de Clytemnestre à Eriphile.
Je ne murmwre ^oint qu'une amitî'e commune Se range du part?' que flatte la fortwne, Que l'éclat d'un empire ait pw vous éblouzr, Qu'aux dépens de ma sœur vous en vouliez jouir
(Id., Britanniciis, 111, 7).
... Je t'admire !
Où sont tes gens ? où sont les îourriet's de l'empire ? Entendrons-nous bientôt tes trompettes sonner ? Vas-tw, sur ce donjon que tu dois ruiner, Semer, dans les débris où sifflera la b?se, Du sel comme Lubeck, du chanvre comme à Pise? Mais quoi ! je n'entends rien. Serais-tu seul ici ? Pas d'armée, ô César ! Je sais que c'est ainsi Que tu fais d'ordinaire
(Hugo, Burgraves, II, 6).
6° Si l'on quitte l'ironie amère, méchante, le sarcasme, pour arriver au persifflage ou à la simple moquerie, les voyelles claires restent le moyen d'expression obligatoire, mais parmi elles les voyelles aiguës cessent de dominer, ou même disparaissent complètement :
Vous chantiez, j'en suis fort aise; Eh bien ! dansez maintenant
(La Fontaine, I, 1).
C'est dommage, Garo, que tu n'es pomt entre Au consezlde celwe que prêche ton cwre
(Id.,1X, 4).
Venez remercier un père qui vous aeme,
Et qui vewt à l'autel vous condm're lui-même
(Racine, Iphigénie).
Je vous entends, madame,
Vous voulez que ma fuite asswre vos dés«rs,
Que je \aisse un champ lîbre à vos nouveaux soupers;
Sans doute en me voyant, une pudeur secrète
Ne vous laisse goûter qu'une joie inquiète
(Id., Britannicus, 111,7).
On d?t plM5 ; vous souffrez sans en être offensée, Qu'il vous ose. Madame, exph'quer sa pensée. Car je ne croirai point que sans me consMlter La sévère Junie ait vouIm le flatter, Nî qu'elle ait consenti d'atmer et d'être aimée, Sans que j'en sois instruit que par la renommée
(Id., ibicl,U, 3).
Il n'i a pas lieu de multiplier les exemples à l'infini ; d'autre part, comme le nombre des nuances d'idées est illimité, il ne faut pas songer à donner une énumération complète de celles qui sont susceptibles d'être exprimées par telle catégorie de fonèmes. Ce serait poursuivre l'impossible et viser un but qu'en somme il n'importe pas à notre dessein d'atteindre. Il suffit en effet que nous ayons déterminé la nature et la valeur propre des fonèmes pour être capables de prévoir à quelles diverses nuances ils pourront s'appliquer comme moyens d'expression.
Voici un passage de Racine où nous trouvons, en moins de quatre vers, trois sentiments pour l'expression desquels nous savons maintenant que les voyelles claires conviennent : l'aigreur, la colère et le mépris :