IDEES TRISTES
Des nres effrénés mele's | au sombre ple?<r
(Baudelaire, Lesbos).
Dans les exemples suivants il n'i a plus d'idée gaie ; c'est d'abord le sombre fisique, puis le sombre moral:
La nuit comme un serpent se rowle autour des ddmes
(Musset, Don Paez).
ils rugissaient vers la grande nature
Qui prend soin de la brute au WNd des antres s06^rds
(Hugo, Les lions).
Mais la nuit aussitôt de ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses
(B01LEA.U, Lutrin).
Nous ne citons cet exemple, médiocre en somme, que parce quM a été signalé par Sainte-Beuve, Lundis, VI, 508, et que l'on a attribué, à tort, à Boileau lé talent des vers expressifs.
Quelle est l'ombre qui rend plus sombre encor mon antre ?
(Herkdia. Sphinx).
Quand il monte de l'ombre, il tombe de la cenJre
(Hugo, Contemplations).
A l'horizon sans borne Le grave Escurial Lève son ddme sombre No/r de l'ennui rojal
(Th. Gautier, La petite fleur rose).
Tout élément remplit de citoyens
Le vaste enclos qu'ont les rojawaies sombres
(La Fontaine, VII, 8) .
.4 ce noir horizon qu'on nomme le tomheau
(Hugo, Contemplations).
Et quand la tombe un jowr, cette embûche profonde Qui s'oMvre towt à cowp sous les choses du monde...
(Id., Chants du Crépuscule).
Crois -tu donc que je sois comme le vent d'automne, Qui se nourrit de plewrs jusque sur un tombeaUy Et pour qui la doulewr n'est qu'une goutte d'eau ?
(Musset, Nuit de mai).
Point d'amowr ! et partout le spectre de l'amour !
(Id., Rolla).
Et quand je dis en moi-même
a Où sont ceux que ton cœur aime » /
Je regarde le gazon
(Lamartine, Pensée des morts).
Et toî, morne tombeau, tu m'owvres ta machoere
(Musset, La coupe et les lèvres).
Il croirait que la mort à de certains moments, Rhabillant l'homme, ouvrant les sépulcres dorman/5, Ordonne hors du temps^ de l'espace et du nombre. Des confrontations de fantômes dam* l'ombre
{EvQOjEviradnus).
E. — Voyelles nasales
Nous avons rencontré jusqu'ici un peu partout les voyelles nasales mêlées aux voyelles orales, nous avons vu qu'il i en a de claires, d'éclatantes, de sombres et qu'elles jouent le même rôle que les voyelles orales du même ordre qu'elles ; seulement leur note est moins nette parce que la nasalité la voile, et c'est ce qui explique que lorsque des nasales éclatantes sont entremêlées à des voyelles sombres (orales ou nasales) elles prennent dans ce voisinage, comme nous l'avons vu, la valeur de sombres.
Mais lorsque les nasales sont plus nombreuses que les
orales, le voilement du son par la nasalité devient la qualité dominante, et le timbre passe au second plan ; si bien que l'ensemble devient propre, mêmesile substratumoral est clair, et surtout s'il est sombre, à exprimer la lenteur, la langueur, la mollesse, la nonchalance:
Elle pewche vers moi son front plem de langueur
(Musset, Idylle).
Et du fond des boudoirs les belles indolentes, Balançant mollement leurs tailles nonchalantes. Sous les vieux marronniers commencent à venir
(Id., a la mi-carême).
Où la mort avait clos ses longs yeux languissants
(Heredia, Le réveil d'un Dieu).
Ou quelque ange pensif de candeur allemande
(Musset, Une bonne fortune).
Je regardais le ciel, étendu sur wnbanc,
Et songeais dans mon âme, aux héros d'Ossian
(Id., ibid.).
Ils prennent en songeant les nobles attitudes Des grands sphenx allongés au fond des solitudes. Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin
(Baudelaire, Les chats) ;
noter aussi le balancement de langueur indiqué par les trois sillabes 50° du dernier vers.
Et si la chaste reine, au milieu du sommeil, Laisse vers lui tomber une mam nonchalante, Il y va promener sa langue caressante
(A. Chénier, Diane).
Cependant, en silence,
[Comme Dalti parlait], sur l'Océan immense Longtemps elle sembla porter ses yeux errants
(Musset, Portia).
L'horloge d'un couv^^/ît s'ébranla lentement
(Id., Don Paez).
Le chemin étant long et partant ennuyeux
(La Fontaine, IX. 14).
Chantait bas, comme on chante aux enfants qu'on endort
(Hugo, Bur graves, I, 2).
Penchant ton front qu'argenté udc précoce neige
(Heredia, L'exilée).
En un calme enchanté sous l'ample frondaison
(Id., Jason et Médée).
A l'heure où dans les champs l'ombre des monts s'allonge
(Hugo, Aristophane).
Les ombres, à longs plis descendant des montagnes, Un moment à nos yeux dérobaient les campagnes
(Lamartine, L'immortalité).
Et Flaccus s'écriait : — Puisque tout fuit, aimons, Vivons et regardons tomber l'ombre des monts
(Hugo, Année terrible).
Dans l'ombre transparente tndolemment il rôde
(Heredia, Le récif de corail).
S'allonger jusqu'au seuil l'ombre du grand platane
(Id., Le huchier de Nazareth).
Aux pentes de l'Othrys l'ombre est plus longue. Reste
(Id., Sur VOthrys).
L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre
(Id., Soleil couchant).