EXPRESSION DU FREMISSEMENT
d'un frôlement, d'un froissement, d'un frémissement, d'un frisson:
Frôle d'un pied crainti/* l'eau froide du bassin
(Heredia, Le bain de nymphes).
La. viole que frôle encor sa frêle main
(Id., La helîe viole).
II reconnut Gomère, et /es vents a/izés, Gon/7ant d'un souffle /rais leur voilure plus ronde
(Id., Les conquérants de l'or) ;
à l'expression du souffle (s, z, u, f) s'ajoute une idée de liquidité (/) et de frémissement (r). L'r tout seul ne peut pas exprimer le frémissement : il faut qu'il soit accompagné d^et d's.
B^t le vent, soupirant sous le /rais sycomore, Allait tout par/umé de ^Sodome à Gomorrhe
(Hugo, Le feu du ciel).
L'ouragan libyen Soufflera, sur ce sable où sont les tentes frêles
(Id., Contemplations).
Et, tandis qu'on pleurait dans les maisons en deuil, L'âpre bise souciait sur ces fronts sans cercueil
(Id., Châtiments).
la Lombardie
Trembla, quand elle vit, à ton souple d'enfer, Frissonner dans Milan l'arbre aux /euilles de fer
(Id., Burgraves, II, 6).
La/brêt, qui /remit, pleure sur la bruyère
(Musset, Le saule).
Tout s'y mêle, depuis le chant de l'oiseleur Jusqu'au /rémissement de la /euille froissée
Hugo, Chants du crépuscule^.
Je sens en longs /Vissons courir son /roid baiser
(1d., Ruy-Blas).
D'une secrète horreur je me sens /"rissonner
(Racine, Iphigénie).
Et son sillage y hisse un par/'um d'encensoir Avec des sons de /?ûte et des frissons de soie
(Heredia, Le Cydnus).