‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son armonieChapitre 85 sur 135 · C. — Le point d'apticulation · texte numérisé non relu

C. — Le point d'apticulation

Nous n'avons encore étudié les consonnes qu'au point de vue de leur mode d'articulation: occlusives, spirantes, etc. 11 est bon, pour être complet, de considérer aussi la valeur qui leur est donnée par leur point d'articulation. Nous avons ainsi les dentales: t, d, s, 2, n, /, ra, les palatales : r/ué, gué, &h, j, ri, lesvélaires: cou,gou,rou, les labiales avec les labiodentales : p, b, /", v, m. On remarquera que nous mettons des r dans trois catégories différentes; c'est qu'en réalité, comme nous avons déjà eu l'occasion de le voir, cette lettre a suivant les cas une valeur et une articulation difiérente.

L'emploi combiné des dentales et particulièrement de l'occlusive sourde t avec la spirante sourde s et un r quelconque, donne l'impression d'une sorte d'afFriquée is, ^r qui reproduit par onomatopée l'explosion interdentale qui précède les sanglots. Cette combinaison est par conséquent propre à peindre la tristesse, la douleur. Le mot triste contient d'ailleurs ces trois éléments et en outre une voyelle aiguë qui en renforce l'expression :

N'est-ce poin^ assez de ^ant de tristesse ?

(Musset).

C'est le plus triste jour de ^ous ; c'est aujourd'hui...

(Th. Gautier, Après le bal),

renforcement du mot fins te.

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