‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son armonieChapitre 87 sur 135 · EXPRESSION DU DEDAIN · texte numérisé non relu

EXPRESSION DU DEDAIN

Clouerons-nous au /joteau d'une satire altière Le nona sept fois î;enclu d'un pkle /)am;?Alétaire, Qui, /ïoussé p&v la /"aim, du fond de son ou^li, S'en t;ient, tout grelottant d'enî;ie et d'im/)uissance, Sur le /"ront du génie insulter Tespérance, Et mordre le laurier que son souple a sali ?

(Musset, Nuit de mai).

Et que nous ne puissions à rien nous divertir, Si ce ôeau monsieur-là n'y daigne consentir?

(Molière, Tartuffe).

Da-phné, notre l'oisine, et son petit é/)oux,

Ne seroient-ils /?oint ceux qui parlent mal de nous ?

Ceux de qui la conduite o^re le plus à rire,

Sont toujours sur autrui les premiers à médire

(Id., ibid.)f ironie méprisante, aiguisée par les voyelles aiguës.

Malgré tout son orgueil, ce monarque si fier A son trône, à son lit daigna l'associer, Sans qu'elle eût d'autres droits au rang d'impératrice Qa'unpeu d'attraits peut-être, et beaucoup d'arti/'ice

(Racine, Bajazet).

Prophète de malheur! ^a^illarde ! dit-on,

Le bel emploi que tu nous donnes !

Il nous /"audroit 7wille personnes -Pour éplucher tout ce canton

(La Fontaine, I, 8).

Koudrois-tu qu'à mon âge

Je fisse de l'amour le vii apprentissage ? Qu'un cœur qu'ont endurci la /"atigue et les ans Suidt d'un î;ain plaisir les conseils imprudents ?

(Racine, Bajazet).

Il peut i avoir dans un vers tout autant de labiales que dans quelques-uns de ceux que nous venons de citer, sans

qu'il devienne pour cela méprisant, si l'idée ne comporte pas cette nuance. Tel ce passage de Molière :

Quoi ! le beau nom de fille est un titre, ma sœur, Dont vous voulez quitter la charmante douceur?

(Molière, Femmes savantes).

Pourtant si l'accumulation des labiales est trop considérable elles frappent forcément l'attention et le vers est mauvais si ridée qu'il exprime ne s'accommode pas de cette répétition :

Humble, rus^i^-ue et dos, ou fiev du pai»illon TriomjoAalement peint d'or et de î;ermillon

(Heredia, Le lit) ;

le premier émistiche peindrait parfaitement les gambades d'une chèvre, et le reste le plus dédaigneux mépris.

Nous avons vu la combinaison d'une occlusive dentale avec une sifflante et un r exprimer la tristesse et la douleur. Mais les labiales sont encore bien plus aptes que les dentales à exprimer la douleur, car les spirantes labio-dentales reproduisent par onomatopée les soupirs, et les occlusives labiales reproduisent les sanglots. On obtiendra d'ailleurs encore plus de variété dans l'expression en combinant les deux sistèmes: labiales et dentales, surtout la spirantes; toutes les spirantes peuvent même entrer enjeu : les labio-dentales, les dentales et aussi les chuintantes. Ces dernières peignent par onomatopée les gémissements, comme dans les mots gémû^, geindre :

.... et lui dit en /j/eurant :

Dis/Pensez- TTzoi, ^e fous ^\xpplie\ Tous />/aisirs poxxv moi sont yoerdus.

y'aiwois un fils /9/us que ma vie :

Je n'ai que lui: que dis-^'e, hélas ! je ne l'ai jo/us ! On me l'a dérobé, phignez mon in/'ortune

(La. FoNTaiNE, IX, 1).

Hélas! il mourra donc. Il n'a /)our sadé/ense Que les pleurs de sa mère, et que son innocence. Et peut-être, après tout, en Vétat où je suis.

*Sa mort avancera la /"in de mes ennuis.

Je ^^rolon^eois pour lui ma rie et ma misère ;

Maïs enfin sur ses pas /irai reyoir son père

(Racine, Andromaque).

Mon père, au nom du del qui connoît ma douleur,

Et par ^out ce qui peu^ émouvoir î;o^re cœur,

RelâcAez-vous un peu des droits de la naissance

Et dispensez mes ^;oeux de ce/^e obéissance.

Ne me réduisez point par ce^^e dure loi,

Jusqu'à, me />laindre au del de ce que je yous doi;

Etce^^e vie, hélas! que vous m'avez donnée.

Ne me la rendez pas, mon père,in/br^unée.

Si^ con/re un doua? espoir que /avois pu /brmer,

Fous me défendez d'être à ce t|ue fose aimer,

Au 77ioins, par vos ^on^és qu'à vos genoux ^''implore,

6'auvez-moi du tourment d'être à ce que f&bkovre ;

Et ne me portez point à quelque désespoir,

Eu vous servant sur moi de ^out votre pouvoir

(Molière, Tartuffe).

Il pleure ; l'empereur pleure de la souy/i'ance D'avoir perdu sesjoreux, ses douze pairs de Fnxnce

(Hugo, Aymerillot).

Quoi, mortes\ quoi, déjà, sous la pierre couchées ! Quoi ! <ant d'êtres c/iarmants sans regard et sans voix 1 7ant de /?am6eaux éteints! ^ant de fleurs arrachées ! Oh! laissez-moi /buler les /euilles desséc/iées, Et m'égarer au fond des bois !

(Id., Orientales).

Nous /aa^il perdre encore nos ^ê^es les plus chères, Et venir en p/eurant leur fermer les paupières

(Musset, A la Malibran).

Et cela f^Àt alors que nous pouvons pleurer

Hugo, Contemplations).

Fois, /embrasse ^on urne et je te parle en î;ain. Mes soupirs et les pleurs d'une paupière aimée Ne peui'ent réchau^er ta, cendre inanimée. Portes d'en/er, cessez de me le retenir!.... 0 dieux ! dieux de la mort ennemis des épouses, Que yous ayais-ye /"ait? A peine é^ais-^e à lui 1 /"rois mois coulaient à peine ! 0 solidaire ennui ! 0 tombej ouvre ^es ôras à la veuve expiraiHte ! Eh ! puisqu'il ne vit plus, comment suis-ye vivan/e?

(A. Chénier, Clytie).

Remarquer dans les paroles de Monime [Mithridate, acte II, 6) que la note des soupirs et des sanglots apparaît chaque fois qu'elle s'abandonne à exprimer ses sentiments et disparaît chaque fois qu'elle réfléchit et parle de ce que sa situation l'oblige à dire :

Oui, Prince, il n'est plus ^emps de le c/issimuler :

Ma c?ouleur, pour se iaire, a ^rop de violence.

[Un rigoureux devoir me condamne au silence;]

M^ais il /aut bien enfin, [malgré ses dures lois,]

Parler pour \di première et la dernière fois.

[Vous m'aimez dès longtemps.] Une égale tendresse

Pour vous o?epuis longtemps, m'aff'iige et m'intéresse

toute la scène supporte une étude de ce genre.

J'en ai /ait pénitence ; et, le ^enou plié, 7'ai vingt ans au désert joleuré, ^émi, prié

(Hugo, Burgraves, II, 6).

Non, non,ye te défends, Céphise de me suivre. Je con/'ie à ^es soins mon unique trésor : iSi ^u vivois pour moi, vis pour le /ils d'Hector. De l'espoir des Troyens seule dépositaire, Songe à combien de rois ^u deviens nécessaire. Veille auprès de Pyrrhus; /kis-lui garder sa /bi. S'il le/âut, ye consens qu'on lui parle de moi. /^ais-lui valoir l'hymen où ye me suis rangée ; Dis-lui qu'avant ma mortye lui fus engagée ;

Que ses ressentiments doii;enf être efjfsicés ; Qu'en lui laissant mon /"ils r'est l'esdmer assez. Fslîs connoî^re à mon /"ils les héros de sa race ; Autant que ^u pourras, conduis-le sur leur ^race : Dis-lui par quels e^joloits leurs noms ont écla/é, Plutôt ce qu'ils ont /ait, que ce qu'ils on^ été ; Parle-lui ^ous les ^ours des vertus de son père, Et quelque/ois aussi parle-lui de sa mère

(Racine, Andromaque, IV, 1).

Phaedime, si je puis, je ne le verrai plus. T^algré ^ous les e^orts que/e pourrais me /"aire, Je verrois ses douleurs, je ne pourrois me ^aire

(Id., Mithridate).

Je passois jusqu'aux lieux où l'on garde mon fils. Puisqu'une fois le jour î;ous souffrez que je î;oie Le seul bien qui me reste et rf'Hec^or et de Troie, y'allois, ^Seigneur, pleurer un moment aî;ec lui : Je ne l'ai point encore emôrassé d'aujourd'hui

(Id., Andromaque).

Jamais femme ne fut plus digne de pitié

(Id., Phèdre).

Et si Monime en pleurs ne t;ous peu^ émouyoir, Si Je n'ai plus pour moi que mon seul désespoir, Au pied du même au^el où je suis a^^endue, iSeigneur, î;ous me verrez, à moi-même rendue, Percer ce triste cœur qu'on veut tyranniser, Et dont jamais encore je n'ai pu disposer

(Id., Mithridate).

Peut-être, ô mon en/ant, seul, sans nom, sans /?a/rie,

Gémis-tu, î;agaôond, par la pluie et le i?ent,

Sur la ^erre ^aréare ou sur le flot mouî;ant ;

Ou, pour ^ou/ours, le long des ^rois Fleuves funèbres,

Chère âme, haèi^es-^u les mue^^es ^énèôres,

Tandis qu'un pins heureux qui n*est pas de mon sang, Prend ^on sceptre et/ouit du ^'our éblouissant !

(Leconte de Lis le, L'Apollonkle).

Hélas ! laissez les ;oleurs couler de ma/?au/)ière, Puisque ?;ous ayez /ait les hommes powv cela! Laissez-moi me pencher sur ce^^e /roide pierre Et dire à mon en/ant : *Sens-^u que^e suis là?

(Hugo, Contemplations, A ViUequier).

Hélas! on ne craint point qu'il venge un jour son père; On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère. Il m'auroit ^enu lieu d'un père et d'un époux ; Mais il me fànt tout perdre, et iou^'ourspar î;os coups

(Racine, Andromaque).

LIATUS

D'après la règle classique Viatus ou rencontre de deux voyelles quelconques est interdit entre deux mots dans l'intérieur d'un vers, à moins que les deux voyelles ne soient séparées par un e féminin qui s'élide ou par une consonne quelconque qui ne se prononce pas. Cette règle n'est qu'un tissu de contradictions. Du moment qu'une consonne n'a pas besoin de se prononcer pour empêcher l'iatus, c'est que la régie est faite pour les ieux ; c'est dire qu'il ne faut pas que deux voyelles se rencontrent sur le papier. A ce taux il i aurait deux iatus dans le vers suivant :

Je viens selon l'usage antique et solennel,

ce qui est absurde.

Si nous voulons comprendre quelque chose à la question il est indispensable que nous remontions à la cause qui a déterminé la proscription de l'iatus. C'est, comme chacun sait, le désir d'éviter la suite de deux sons dont la rencontre eût produit un effet désagréable sur V oreille. Il s'agit donc de prononciation, non d'ortografe. On a proscrit la rencontre de deux voyelles prononcées. Il n'i a donc pas d'iatus dans

l'usage antique

puisque Te n'est pas prononcé. On en a conclu par une généralisation imprudente que toutes les fois qu'un e était élidé devant une voyelle initiale il n'i avait pas d'iatus, et que par conséquent il n'i en avait pas dans

la journée était belle.

C'est une fausse analogie. Du moment que l'e est élidé, il n'existe plus et les deux e sont en contact. Il i a donc iatus. Il

faut ajouter qu'aujourdui dans la prononciation proprement française il n'i a pas la moindre différence entre

J'ai vu ma mère immolée à mes yeux et

J'ai vu mon père immole à mes yeux.

Ce vers de Racine :

Seigneur, vous m'avez yue attachée à vous nuire

ne perdrait absolument rien de sa beauté et se prononcerait exactement de la même manière s'il était au masculin :

Seigneur, vous m'avez vu attache' à vous nuire.

Or , comme nous l'avons mainte fois expliqué dans cet ouvrage et comme M. Saint-Saëns le proclame avec raison dans son Harmonie et Mélodie : « Les vers ne sont certainement pas faits pour être lus seulement des yeux, en silence ; ils sont faits pour être dits » .

Quant aux consonnes que l'on écrit, bien qu'on ne les prononce pas, la plupart ont été prononcées à une époque plus ou moins ancienne ; ainsi on a prononcé la hache avec un h aspiré ; mais aujourdui 1'^ dit aspiré ne se prononce pas plus que celui du mot homme, qui ne s'est jamais prononcé. L's final du mot soyris s'est prononcé au moyen âge ; on a dit la souris est prise en prononçant l's ; mais Chifflet nous apprend qu'au XVII« siècle il n'était déjà prononcé devant aucune voyelle. Dès le jour où une consonne a cessé d'être prononcée elle a cessé d'empêcher la rencontre des deux voyelles qu'elle séparait et l'iatus interdit a reparu malgré la règle qui l'autorisait. Pour ne pas faire l'istoire de la prononciation du français, nous ne nous occuperons guère que de la prononciation actuelle et nous devrons reconnaître qu'aucun A, quel qu'il soit, ne peut empêcher l'iatus et que si la poésie doit éviter :

le roi en rit elle ne saurait tolérer :

OPINIONS SUR LIATUS 275

La chanson de naa mie et du bon roi Henri

(Musset) ;

que toute voyelle nasale non suivie d'unn qui se prononce fait iatus devant une autre voyelle :

un cliem?*n mterdit ;

enfin que toute voyelle suivie d'une consonne qui ne se prononce pas est exactement dans les mêmes conditions qu'une voyelle finale. Il en résulte que les poètes qui ont écrit nud devant voyelle n'ont pas supprimé l'iatus et n'ont été que ridicules:

C'est hideux ! Satan nud et ses ailes roussies

(Hugo).

En outre, si la rencontre de deux voyelles est désagréable et doit être évitée entre deux mots, le même concours de voyelles produisant le même effet à l'intérieur d'un mot doit faire rejeter de notre versification tous les mots dans lesquels ilia contact immédiat entre deux voyelles qui se prononcent. Pourtant les poètes semblent plutôt rechercher les mots de ce genre que de les fuir. Il i a entre ce fait et la règle de l'iatus une contradiction qui n'a pas échappé à certains critiques : (( Quoi de plus doux que les mots camélia, miette^ suave^ fluide^ ébloui^ joyeux 1 Ces mariages de voyelles dans le sein des mots ne donnent-ils pas lieu à de charmantes harmonies? Qu'on m'explique donc alors comment, dès que les mots sont séparés, ces rencontres deviennent cacophoniques, surtout lorsqu'on réalité, dans le débit, il i a très peu de séparations de mots absolues, et que le cours de la diction unit les termes les uns aux autres presque aussi étroitement que les syllabes entr'elles » (E. Legouvé). D'Alembert avait déclaré avant lui cette proscription de l'iatus assez bizarre « parce qu'il y a une grande quantité de mots au milieu desquels il y a concours de deux voyelles, et qu'il faudrait donc aussi parla même raison interdire à la poésie b. Becq de Fouquières distingue entre les cas, p. 290 et suiv.Il pense que l'on ne peut tolérer l'iatus entre deux voyelles dont la première est tonique, parce que l'accent tonique allonge la voyelle qu'il frappe et

qu'une voyelle tend à abréger une autre voyelle qui laprécède immédiatement. C'estune erreur étajée de deux autreserreurs. Que Tiatus est tolérable et même parfois agréable entre deux voyelles dont la première est tonique, la suite de cette étude va le montrer surabondamment. L'w du mot nu est aussi bref que possible même quand ce mot porte un accent ritmique. Une voyelle longue en iatus s'abrège en grec, mais non pas en français ; dans Vécrou est tombé^ Vou est aussi long que dans Vécrou va tomber. Il est bon de ne pas attribuer à une langue la fonétique d'une autre ; encore faut-il noter qu'en grec il n'i a que dans les anapestiques qu'une voyelle longue en iatus s'abrège lorsqu'elle porte le temps marqué. Il i a d'ailleurs dans le chapitre de Becq de Fouquières sur l'iatus quelques remarques excellentes, mais les principes sont faux. Voici quelques exemples qui montreront par leur simple rapprochement que la rencontre de deux voyelles n'est nullement plus désagréable entre deux mots que dans l'intérieur d'un même mot :

1« La première voyelle est i :

Que la Grèce eût jeté sur Tautel de D?rtne

(Musset, Rolla).

Fit au ruisseau céleste un lit de diamant

(Id,, Une bonne fortune) .

0 vent, donc, puisque vent y a

(La Fontaine, IX, 7).

Un cheval effaré qui hennit dans les cieux

(Hugo, Châtiments).

Au milieu des sanglots d'une insomnie «mère

(Musset, Rolla).

L'/onie est divine : heureux tout fils d'Homère

(Sainte-Beuvb).

Avec des cris stridents plut une pluee horrible

(Heredia, Stymphale).

lATUS INTERIEURS ET EXTERIEURS 27 7

Sur sa lèvre entrouverte oubliant sa prière

(Musset, Nuit de mai).

Le scandale est de mode ; il se rehe en veau

(Id., Une bonne fortune).

Inquiétait parfois ma course ou mon sommeil

(Hkrkdia, Nessus).

Regarde ; — elle a prié ce soir en s'endormant

(Musset, Rolla).

La souris étoit fort froissée

(La Fontaine, IX, 7) ;

« l's ne se lie pas, ce que au XVIP siècle note Chifflet » (Littré).

Que les monts de Phrjgie épanchent vers la plaine

(Heredia, Marias).

Où la Pléiade avec Sirms se confond

(Hugo).

J'entends les chiens sacrés qui ^wrlent sur ma trace

(Heredia, La magicienne).

Lest'gres ont rompu leurs jougs et, miawlant

(Id., Bacchanale).

Vous, avec vos pensers qui Aawssent votre front

(Hugo, Feuilles d'automne).

Et flairent dans la nuit une odeur de liow

(Heredia, i^Mî^e de centaures).

De miel et d'ambroisie ont doré cette histoire

(Musset, Une bonne fortune).

Que ce Men de fer que la nature a mis

( Id., Namouna).

Se rallie inquiet autour du père seul

(Hugo, Feuilles d' automne).

IS

21 s LE VERS FRANÇAIS

2'' la première voyelle est û :

L'auditoire étoit sourd aussi bien que muet

(La FoxNtaine, X, 11).

. . .Ah ! folle que tw es !

(Musset, Namouna).

Un chat-hwflnt s'en vint votre fils enlever

(La Fontaine, IX, 1).

La tortwe enlevée, on s'étonne partout

Car ton cœur veut goûter cette douceur crwelle

(Hkredia, Artemis).

Sentant à sa chair nue errer l'ardent effluve

(Id., Le tepidarium).

Enfin, le Soleil vit, à travers ces nuées

(Id., Stymphaîe.),

A l'appel du Héros s'enlevant d'un seul bond

(Id., Persée et Andromède).

Oh! l'afireux suicide ! oh! si j'avais des ailes

(Musset, Rolla).

Et sa bouche éperdwe, îwyq enfin d'ambroisie

(Heredia, Ariane).

Fit un jour sur sa crMawté

(La Fontaine, X, 6).

Tomba, dit-on, jadis, du haut du firmament

(Musset Une bonne fortune"^ .

Hé bien! dit le bramin au nuage volant

(La Fontaine, IX, 7).

Flairent un sang plus rouge à travers l'or du haie

(Heredia, Bacchanale).

lATUS INTERIEURS ET EXTERIEURS g-^

Nwe, allongée au dos d'un grand tigre, la Reine

(Id., Ariane).

Mais certains prétendent que lorsque la première des deux voyelles est un i ou un û Tiatus peut être permis à cause de la nature même de ces voyelles qui sont très voisines des semi-vojelles, c'est-à-dire des consonnes. La raison est évidemment mauvaise puisque dans les cas considérés Vi et Vu sont purement voyelles; nous allons voir d'ailleurs que l'étude des autres voyelles donne pour le fénomène en question des résultats analogues :

3° la première voyelle est a:

Avant tout, le Chaos enveloppait les mondes

(Id., La naissance d'Aphrodite).

C'est le peuple qui vient ! c'est la haute marée

(Hugo, Feuilles d'automne) .

La fille de Minos et de Pasiphaé

(Racine).

On le voit çà et là bondir et disparaîtr e

(Musset, Une bonne fortune).

L'œil était dans la tombe et regardait Caïn

(Hugo).

Les cinq Emirs vêtus de soie twcarnadine

(Heredia, Le triomphe du Cid).

Comme le roi Sawl lorsqu'apparut David

(Hugo).

Au mâle rugissant la hurl&nte femelle

( Heredia, Bacchanale).

Et de ressusciter la nafve romance

(Musset, Nuit de mai).

Vous n'avez pas voulu qu'il eût la certitude Ni la jote ici-bas !

(Hugo, Contemplations).

En hiver Ispa^an et Tiflis en été

(Hugo).

Le bouton colossal qui fait ployer sa ham'^e

(Heredia, Fleur séculaire).

4« la première voyelle est é :

D^eûant le pauvre sire

(La Fontaine, IX, 15).

La famée y pourvut, ainsi que les bassets

(Id., IX, 14).

Mon voisin léopard Ta sur soi seulement

Balayer — j'en réponds ! — ces bordes devant vous

(Hugo, Bur graves).

Mon père vieux soldat, ma mère vendéenne

(Id., Feuilles d'automne).

La flûte aux accords champêtres Ne réjouit plus les hêtres

(Lamartine, Pensée des morts).

Pourquoi moi-même à toi j'ose m'y rewnir

(Hugo, Bur graves).

Et le glaive d'Enee eût épargné Didon

(A. Chénier, Élégies).

L'Océan était vide et la plage déserte

(Musset, Nuit de mai).

Que la ville étagée en long amphithéâtre

(Hugo, Feuilles d'automne).

A cheval et à i^ïed en bataille rangée

(Desportes) ;

Malherbe remarque avec raison que Tiatus n'est pas empêché par la consonne puisqu'elle ne se prononce pas.

A rendre la brebis agréable au bélier

(Heredia, A Hermès criophore).

lATUS INTÉRIEURS ET EXTÉRIEURS 281

Où, parfois, se débat et hennii un cheval

(1d., Le Thermodon).

Et qui, fermée à peine aux regards étrangers

(Hugo, Feuilles d'automne).

Et lutte de clarté avec le météore

(Vigny, Eloa).

Chronos est prisonnier; Geo tremble asservie

(Hugo).

Voyoit sans s'étonner notre armée awtour d'elle

(Racine, Bajazei).

Ils voient, irradiant du Béh'er aw Verseau

(Heredia, Le ravissement d'Andromède) ;

« Vr ne se lie jamais » (Littré).

Voilà d'abord Le cerf donné awx chiens. J'appuie et sonne fort

(Molière).

Argos et Ptéléow, ville des hécatombes

(Musset).

La tortue enlevée, on s*étonne partout

(La Fontaine, X,3).

5» la première voyelle est u {ou) :

Il trowa l'effrayant plafond torrentiel

(Hugo, Suprématie).

Je pensai tout à coup à faire une conquête

(Musset, Une bonne fortune) ; (( le p ne se lie pas «(Littré).

Sur les corps convulsifs les fauves ébloms

(Heredia, Bacchanale).

Mainte rowe y tient lieu de tout l'esprit du monde

(La Fontaine, X, 1).

Secoué vers le seuil les longs manteaux sanglants

(Heredia, La magicienne).

Le printemps sur la joue et le ciel dans le cœur

(Musset, Une bonne fortune).

En secowant leurs becs sur leurs goitres hideux

(Id., Nuit de mai).

Peindrons-nous une vierge à la joue empourprée

(Id., ibid.).

Etait duc de Sowabe et comte chef de guerre

(Hugo, Burgraves).

Le vieux Parmis les \oue à l'immortelle Rhée

(Heredia, Le laboureur).

Ces exemples suffisent. On pourrait les multiplier à l'infini, mais ce serait sans utilité ; ceux que nous avons donnés valent pour ceux que nous avons omis. Ce que nous venons d'établir pour a convient évidemment à toutes les voyelles éclatantes, ce qui est vrai de é Test aussi de toutes les voyelles claires, ce qui s'applique à u peut être démontré pour toute voyelle sombre. Et quand nous disons toutes les voyelles éclatantes, toutes les voyelles claires, toutes les voyelles sombres, il ne faut pas oublier d'i comprendre les voyelles nasales :

L'Océan était vide et la plage déserte

(Musset, Nuit de mai).

Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un héron

(La Fontaine, VU, 4).

Leur prêta son gtand sein aux mamelles fécondes (Heredia, La naissance d'Aphrodite).

Voit un pigeon auprès : cela lui donne envie

(La Fontaine, IX, 2).

Ce qu'il est particulièrement important de remarquer ici, c'est que parmi tous les exemples que nous venons de citer il n'i en a pas un seul qui présente un iatus désagréable. Plu-

L lATUS AU XV1« SIECLE 283

sieurs au contraire sont délicieux et quelques-uns même ont été souvent signalés comme tels. Notre règle se trouve donc en défaut encore sur ce point, si bien qu'il n'en reste rien, puisqu'elle avait pour but d'écarter des rencontres de sons disgracieuses et qu'elle en repousse de charmantes. Au XVl" siècle l'iatus était permis sans restriction ; en voici quelques exemples irréprochables :

Tu en pourras dicter \oi/ ou épistre

(Marot).

Vous qui avez pour moi souffert peine et twjure, Qui à ma seiche soif ef à mon aspre faim Donnastes de bon cœur votre eau et votre pain

(A. d'Aubigné).

Où allez-vous, filles du ciel ?

(Ronsard).

Qui ose a peu souvent la fortune contraire

(Régnier).

Désirerai-je un règne ou un empire ?

Pour du loyer quelque beau \ai écrire .....

Ne sais si Dieu les voudra employer

Amende-tot, ô règne transitoire

(Marot, Ballades).

Tu es des vieux et jeunes adorée

Viens donc ic?*, ô source de tous biens

Viens, fusses-twûMX champs Élysiens

(1d., Cantique à la déesse Santé).

Qu'en voyant sa grâce niaise,

On n'étoit pas moins gai m* aise

Aussi en riant on le pleure, Et en pleurant on rit à l'heure

(Id., Épitaphe de Jean Serre).

Il demeure en danger queTâme, qui est née Pour ne mourir jamais, meure éternellement

(Malherbe).

La Garde, tes doctes écrits Montrent les soins que tu as pris

(ID.)

Mais souvent les poètes de cette époque usèrent maladroitement de cette licence. C'est pourquoi le XVIP siècle proscrivit l'iatus en bloc ; c'était un autre excès. D'aucuns ont réagi plus ou moins timidement et toujours sans principe nettement arrêté. Ne serait-il pas possible de formuler une règle précise qui conciliât tout, sauvegardant les iatus agréables et maintenant le principe excellent qui a suscité la règle du XVIP siècle et qui consiste à écarter les concours de sons désagréables ? C'est extrêmement facile si Ton part de la nature des sons qui entrent en jeu. Les iatus agréables sont ceux qui présentent une modulation, les iatus disgracieux sont ceux qui n'ont pas de modulation. Les iatus ont une modulation quand les deux voyelles en contact ne se prononcent pas avec la même ouverture buccale^ quand la première est plus fermée que la seconde ou au contraire plus ouverte ; les iatus produisent l'effet d'un bégaiement, d'un ânonnement ou d'un bâillement quand les deux voyelles se prononcent avec la même ouverture buccale^ pari hiatu^ selon l'expression de Quintilien, et ont le même point d'articulation, c'est-à-dire quand les deux voyelles sont la même répétée. Ces derniers seulement sont à éviter, mais aussi bien dans la prose que dans les vers ; c'est le tipe

il va à Avignon.

En voici des exemples :

Il est bien doux d'avoir dans sa vie mnocente

(A. Chénikr, Élégies);

Ne peut laisser son md^ ^fait maint et maint tour

(Desportes) ;

Malherbe note déjà que la consonne ne se prononce pas et par suite n'empêche pas l'iatus.

Elle s'en attribue walquement la gloire

(La Fontaine, VII, 9).

lATUS DESAGREABLES 2 85

Mon âme est devenue une prison sonore

(Heredia, La conque).

Dona i4nna pleurait. — Ils auraient bien un an

(Th. Gautier, Albertus).

Et le glaive a tranché le fil de sa harangue

(Heredia, La revanche de Diego Laynez).

. . . Vulcain, le Dieu cagneux, Les emploie à sa forge, a confiance en eux

(Hugo, Les temps paniques).

L'Océan en créant Cypris voulut s'absoudre

(Id., Archiloque).

D'une coque de noix j'ai fait un abri sûr Pour un beau scarabée étincelant d'azur

(A. Chénier, Pannychis).

Don Rodrigue est à la chasse Sans épee et sans cuirasse

(Hugo, Orientales).

Et, le soir, tout au fond de la vallée étroite

(Id., Voix intérieures).

Chaumière où du foyer étincelait la flamme

(Lamartine, Milly) ; 0 IV ne se lie jamais » (Littré).

Son cimier Ae'raldique est ceint de feuilles d'ache

(Heredia, Les conquérants de Vor) ; a IV ne se lie pas » (Littré).

Calme, il forçait Veè^aim invisible et hideux

(Hugo, Fin de Satan).

Et que, suivant toujours le chemm enconnu

(Heredia, Les conquérants de Vor) .

Le ciel n'est point pour l'homme un témo^'w ?mportun

(Hugo, Chaulieu).

Le temple est en ruine au haut du promontoire

(Heredia, L'oubli).

Depuis Eïidymion, on sait ce qu'elle vaut

(Musset, U7ie bonne fortune) .

Nous avons vu tout à l'eure que les iatus qui ne sont pas désagréables ne le sont pas plus entre deux mots que dans l'intérieur d'un même mot. La proposition contraire est également vraie : un iatus qui est désagréable entre deux mots ne l'est pas moins dans l'intérieur d'un mot :

A tout être cre'^ possédant équipage

(Musset, Une bonne fortune).

Il fut tout étonné d'ouïr cette cohorte

(La. Fontaine, X, 14).

Où c'est la loi féroce et dure ; ici Baal

(Hugo).

La blanche Oloossone à la blanche Camyre*

(Musset).

Voici ton heure, ô roi de Sennaar, ô chef

(Leconte de Lisle, L'oasis).

Les mots de ce genre sont ou des mot français d'origine savante comme créer, coorte, ou des mots étrangers. Tous sont contraires au génie propre et populaire de notre langue. Certains poètes recherchent les mots de ce genre à cause de leur étrangeté. C'est simplement de leur part un manque de goût. L'effet bizarre que ces noms produisent sur notre oreille ne suffit pas pour leur donner droit de naturalisation dans la poésie française.

1 II est curieux que le vers de Ghénier dont celui-ci est un ressouvenir présente aussi un iatus blâmable :

La blanche Galatée et la blanche Néère,

lATUS FAISANT ONOMATOPEE 287

Donc il n'i a d'iatus à éviter que l'iatus proprement dit, celui qui a lieu entre deux voyelles de même ouverture buccale, entre la même voyelle répétée deux fois.

Il en est de cette interdiction comme de la plupart des règles de la poésie: le poète a le droit de les violer en vue d'un certain effet à produire.

L'iatus peut faire onomatopée, peignant un bruit qui s'interrompt pour se reproduire, ou simplement se prolonge, tel le ennissement d'un cheval :

Ta fait à son retour punir

Pour avoir entendu Babieça hennir

(Hugo, Le Cid exilé).

Dans rexemple suivant :

A ces mots on cria havo sur le baudet

(La Fontaine, VII, 1),

c'est l'onomatopée que nous donnent les deux dernières sillabes du mot brouaa.

Ce sont là des bruits éclatants en «, en voici un clair en é :

La nuée éclate !

La flamme écarlate Déchire ses flancs...

(Hugo, Le feu du ciel);

puis un autre en u^ :

D'où vient qu'à l'horizon on entend ce grand bruit

(1d. , Feuilles d'automne).

L'iatus peut encore exprimer un choc, une saccade, un mouvement répété et saccadé ou simplement prolongé (suivant que l'iatus ressemble plutôt à un bégaiement ou à un bâillement ) :

Puis malgré quelques heitvU et quelques mauvais pas

(La Fontaine, X, 1).

Quand un poing monstrueux, deTombreou Thorreur flotte Sort, tenant aux cheveux la tête de Charlotte Pâle du coup de hache et rouge du soufflet, C'est la foule; et ceci me heurte et me déplaît

(Hugo, Année terrible).

Après bien du travail le coche arrive au haut

(La Fontaine, VII, 9);

nous avons critiqué plus aut l'iatus de cette expression « au hauti> ; il semble qu'ici elle donne bien l'impression du dernier eflfort de l'attelage et de l'arrêt qui le suit.

Et pendant qu'il parlait, à son bras hasardeux La grande Durandal brillait toute jojeuse

(Hugo, Lepetii roi de Galice), mouvement prolongé.

Et bondis à travers la haletante orgie

(Hkrkdia, Artémis).

Le désir me harcèle et hérisse mes crins

(Id., Nessus),

frisson du désir.

Le bourreau vient, la foule effarée écoutait

(Hugo, Le marquis Fabrice)^

état aletant de la foule.

Qu'une femme pour vous s'est tachée et honnie

(Musset, Les marrons de feu) ;

on peut considérer que l'iatus peint ici le oquet de la colère.

La balance inclinant son basstw mcertain

(Lamartine, L'infini dans les cievai)^

ésitation du plateau.

Enfin l'iatus exprime bien toute espèce d'arrêt ou de prolongement au sens le plus général de ces idées :

Là, le bruit de l'orgie ; — «ci, le bruit des fers

(Hugo, Bur graves) ;

lATUS EXPRIMANT UN ARRET 289

séparation des deux idées pour marquer leur opposition. Après avoir exposé tous les supplices infligés aux géants, Hugo dit:

Et Prométhée ! ^e'ias I quels bandits que ces dieux I

{Le Titan) ;

il i a là une sorte d'arrêt équivalant à des points de suspension.

Il s'écne. /la vu la terreur de Némée

(Heredia, Némée) ;

riatus prolonge le cri et peint l'état aletant de la peur.

La houle s'enfle

Et déferle. Lui cvie. 71 hennit, et sa queue

(1d., Le bain) ;

les deux cris se succèdent, s'opposent et se correspondent.

L'entraîne, et quand sa bouche, ouverte avec efi'ort, Crie, iij plonge ensemble et la flamme et la mort

(Chénier) ;

riatus prolonge la note déjà si intense de me et marque Topposition des deux actions.

Vous savez, en été, comme on s*ennu2e ici

(Musset, Une bonne fortune);

l'ennui fait trouver le temps long ; c'est cette idée qu'exprime le prolongement dû à l'iatus.

Aux yeux de l'Allemagne en proie à leur fureur

(Hugo, Burgraves);

l'iatus marque le déploiement de leur fureur.

Si grands que soient les rois, les pharaons, les mages Qu'entoure une nuée e'ternelle d'hommages

( I D . , Zim-Zizimi) ; expression de l'immensité.

Regarde, avec l'Orgte immense qu'il entraîne

(Heredia, Ariane).

... la mer. . .

Yerùoie à l'infini comme un immense pré

(Id., Florïdum mare).

Or, de Jérusalem, où Salomon mit l'arche, Pour gagner Béthanîe, û faut trois jours de marche (Hugo, Le Christ et le tombeau) ;

arrêt et prolongement qui suscite l'idée de la distance à parcourir.

Note sur les faux cas d'iatus

On se demande dans tous les manuels si Ton doit élider un e muet devant le mot oui ou au contraire le laisser en iatus devant ce mot et le compter pour une sillabe. La question est tellement simple qu'il est vraiment étrange qu'elle n'ait pas été résolue par tout le monde. Le mot oui est en réalité wi; il commence par une consonne, celle qu'on appelle \e w anglais. Par conséquent aucune voyelle ne peuts'élider sur son initiale ni être en iatus avec elle. Il n'i a pas plus d'iatus dans le oui que dans le non. La prononciation que nous venons d'indiquer était déjà celle du XVIP siècle comme le prouvent les exemples suivants, et elle remonte à l'époque ou ce mot est devenu monosillabique :

qu'on me vienne aujourd'hui

Demander : «Aimez-vous?» Je répondrai que oui

(La Fontaine, Clymène).

Quoi ! de ma fille ? — Oui ; Clitandre en est charmé

(Molière, Femmes savantes).

Moi, ma mère? — Oui , vous. Faites la sotte un peu

(Id., ibid.).

Eh? c'est-à-dire oui? Jaloux à faire rire?

(Id., Ecole des femmes) .

Molière a quelquefois élidé une devant ce mot ; mais ce n'est

FAUX CAS DIATUS 291

chez lui qu'un arcaïsme conforme à l'usage qui s'était établi alors que le mot était dissillabe :]

Toi, mon maître? — Oui^ coquin I m'oses-tu méconnoître ?

(1d., Amphitryon).

Tu te dis Sosie! — Oui. Quelque conte frivole

(It)., ihid.).

C'est vous, seigneur Arnolphe? — Om/, mais vous...? —

[C'est Horace (Id., Ecole des femmes).

Chez les poètes modernes cet arcaïsme n'est plus excusable: ils se sont laissé tromper par l'ortografe dans ce cas comme dans tant d'autres :

Je voudrais à mon tour te dire, s'il te plaît, Deux mots. — A l'épee? Oui, — Veux-tu le pistolet?

(Hugo, Marion de Lorme).

Montfleury entre en scène ? Oui, c'est lui qui commence

(E. Rostand, Cyrano).

Il n'i a pas non plus d'iatus dans les exemples tels que le suivant :

Lui dit : Ce sont ici' hiéroglyphes tout purs

(La Fontaine, IX, 8).

Le mot (( hiéroglyphe » commence non par uni mais par un jod; Vh n'est pas aspiré : on dit déz-iévoglifes.

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