EFFETS DUS AU CHANGEMENT DE RYTHME
La raisondu plus fort est toujours la meilleure. Nous Talions montrer tout à l'heure
(Id., I, 10).
Grand vers lent pour rélïexion morale ' ; le petit vers qui annonce la fable n'a pas d'importance : on passe vite.
Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenoit en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce lang-age
Dans cette exposition rapide en petits vers, il y a deux vers, les décasyllabes à trois mesures, qui sont plus lents parce qu'ils désignent et en quelque sorte dépeignent ces deux personnages importants. Les deux vers plus courts et plus rapides, octosyllabes à deux mesures, se correspondent par la place et l'assonance de leurs trois voyelles toniques .
Passons aux effets dus surtout au changement de rythme.
Nous constatons tout d'abord la même mise en relief, parla venue d'un grand vers après un vers court que tout à l'heure par le contraire.
Voici dans la même fable deux effets analogues rendus par ces moyens opposés : un vers court après un vers long, puis un vers long après un vers court. En somme c'est toujours un effet de contraste :
L'autre, envers les souris de longtemps courroucée, Pour la dévorer accourut.
Deux jours après notre étourdie Aveuglément va se fourrer Chez une autre belette aux oiseaux ennemie
(Id , II, 5)