L ALEXANDRIN CLASSIQUE
L'alexandrin était à Tof i^ine un vers syllabique composé de deux membres ég-aux ou hémistiches, séparés par une césure. Chaque hémistiche comptait six syllabes dont la dernière était obligatoirement accentuée ; mais chacun était susceptible de contenir une septième syllabe, ayant pour voyelle un e atone et terminant le mot qui fournissait la sixième syllabe. Cette septième syllabe ne comptait pas dans le mètre et sa prononciation trouvait place dans la pause qui séparait un vers du suivant ou dans celle que comportait la césure. Aucune de ces deux pauses ne pouvait être purement artificielle ; la syntaxe devait les demander ou tout au moins les permettre. Voici deux vers empruntés au Voyage de CharlenifDjne en Orient fxu'" siècle), dont le premier n'a (jue les dou7.e syllabes qui comptent, tandis que dans le second chaque hémistiche en a une septième qui ne compte pas :
L'emperere le vit, || hastivemenl il disl. || '
Et |)renget une cu|ve \ que seil grande et parfoiijde. | ^
Mais la pause de la césure a toujours été un peu plus faible que celle de la fin de vers, qui seule admettait la reprise de la respiration, et de très bonne heure sa faiblesse tendit à saccroître. Dès le xii'' siècle on trouve des vers comme le suivant, dans lesquels la syntaxe ne permet pas de pause :
En sa destre main tint chascuns s'espee nue ■*
I Garnier de Pont-Sainte-Maxe?<ce .