‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son harmonieChapitre 63 sur 115 · EXPRESSION DE MOUVEMENTS RÉPÉTÉS · texte numérisé non relu

EXPRESSION DE MOUVEMENTS RÉPÉTÉS

Trouvant les tremblemenls de terre trop fréqueats, / / tic

Les rois d'Espagne ont fait baptiser les volcans

(Id., Les raisons du Momotomho).

De toutes paris pressé par un puissant voisin,

Que j'ai su soulever contre cet assassin,

Il me laisse en ces lieux souveraine maîtresse

(Racine, A(halie).

Voir soudain des lions et des tigres, ô roi ! Sortir de toutes parts de l'ombre autour de toi f d t t p d h l d t

é ou é a é ou"^ é a

(Hugo, Burgraves).

Que des chiens f/évorants se Jispu/oient entve eux

(Racine, Athalie).

Elle veut voir le jour, et sa Jouleur profonc/e M'orf/onne ^ou/efois d'écavtev toui le monde

(Id., Phèdre);

on écarte chacun successivement; il y a par conséquent action répétée.

Dans le donte mortel t/ont je suis agi/é

(Id., lhid.)\

hésitations successives.

A V appel du plaisir lorsque ton sein paXpiie è i è i

(Musset, Rappelle-toi) ;

le mot palpite par lui-même et par lui seul exprime déjà la répétition parce qu'il a deux syllabes commençant par la même occlusive p ; pour mettre en un relief singulier et faire particulièrement sentir le mouvement de palpitation, le poète renforce l'élément essentiel de ce mot en le reproduisant dans

d'autres mots. Comme la dit Becq de Fouquières, p. 220 : « On peut souvent constater que le mot générateur de l'idée devient, au moyen de ses éléments phoniques, le générateur sonore du vers et soumet tous les mots secondaires qui l'accompagnent à une sorte de vassalité tonique». La majeure partie de nos exemples illustrent cette observation.

Sur mon œil ébloui palpïiah ma paupière

(Th. Gautier)

^es grelots

des troupeaux

palpitaient

vaguement

d l p Ir

(Hugo, Booz)

Lesbos où les baisers «ont comme les cascades

a n . c ce

Qui se jettent sans peur dans les gouffres sans fond c s,7/js f sans f

Et courent sanglotant et gloussant par saccades, an an an a a a

Orageua; et secrets, fourmillants et profonds

(Baudelaire, Les hos).

7bujours l'in/érieur de la ferre ù^availle /• r r r r

(Hugo, Feuilles d'aulonine);

répétition continuelle.

Chaque fois qu'en tombant la /erre re/eu<it De la foule muette un sourd sanglot sortit

(I-AMAiiTiNE, Jocelyn) ;

Page 1