BRUITS ÉCLATANTS
d'entendre les trois rimes
Sonner par ta voix d'or leur fanfare de fer à é n a a à è à° a è è è
(Heredia)
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Gos Battant Tarchipel grec de sa rame tartare? a 0" I a f I è è \ è a a\ é a a
(Hlgo, Orientales);
la seconde dyade commence en éclatante comme la première mais fmit en palatale pour amener la note claire qui va retentir deux fois dans deux toniques consécutives en é; puis les deux triades du second hémistiche sont tout entières en éclatantes et se reproduisent exactement.
Tandis que des taureaux
Sur leurs jarrets dressés, choquaient comme deux blocs Leur fro/it sonore et lourd, retentissant des chocs
(Lamartine, Jocelyn).
sur le rocher brûlant.
Les lions hérissés dorment en grommelant
(Musset, Rolla) ;
toutes les fois que parmi les voyelles éclatantes quelquesunes sont nasales, le bruit éclatant est un peu voilé par la nasalité.
Le lion qui jadis au bord des ^ots vôàant, Rugissait aussi hau^ que l'Océan ^vonàant
(Hugo, Les lions).
Il y a différentes idées et dilférents sentiments dont l'expression suppose des éclats de voix. Telle la réclame d'un bateleur
Gai I tapez sur la caisse et soufllez dans le lifre ; Braillez vos sahmm fac, messeigneurs ; en avant Des ég-lises, abri profond du Dieu vivant, On dressera des mâts avec des oriflammes, Victotre ! venez vofr les cadavres, mesdames
(Id., Châtiments);
les éclats de voix de la colère : Voici un exemple où la colère commençant par le sarcasme avec voyelles claires finit en éclatantes par les éclats de voix de la menace :
Va profaner des dieux la majesté sacrée :
Ces dieux, ces justes dieux n'auront pas oublié
Que les mêmes serments avec moi t'ont lié.
Porte au pied des autels ce ccewr qui m'abandonne;
^'a, cojzrs ; mais crains encor d "y trouver Hermione
(Racine, Andi'omaque, TV, 5),
Il y a d'ailleurs presque toujours dans l'expression de la colère mélang-e avec les voyelles éclatantes de voyelles aiguës qui rappellent les cris et de quelques voyelles sombres dont nous étudierons la valeur au chapitre suivant :
Mais d'un aveu trompeur voir ma flamme applaudie. C'est une trahison, c'est une perfidie Qui ne sauroit trouver de trop grands châtiments ; Et je puis towt permettre à mes ressentiments. Oui, oui, redoutez font après un tel outrage. Je ne suis plus à moi, je suis tout à la rage. Percé du coup mortel dont vous m'assassinez. Mes sens par la raison ne sont plus gouvernés ; Je cède aux mouvements d'une juste colère. Et je ne réponds pas de ce que je puis faire
(MoLiiiRE, Misanthrope).
Voulez-vous que je dise? il faut qu'enfin j'éclate, Que je lève le masque, et décharge ma rate.