EXPRESSION DE LA LANGUEUR
Où la mort avait clos ses longs yeux lci/J};uissanls
Heredia, Le réveil d'un Dieu).
Ou quelque a/ige pe/jsif de candeur allemande
(Musset, l ne lionne fortune).
Je regardais le ciel, étendu sur un hanc
Et songeais dans mon âme, aux héros d'Ossian
(Id., ihid.).
Ils prennent en i^ongeani les nobles attitudes Des grands splnnx allongés au fond des solitudes. Qui semblent s'e/Klormir dans un rêve sans fm
* (Baudelaire, Les chats);
noter aussi le balancement de langueur indiqué par les trois syllabes so^^ du dernier vers.
Et si la chaste reine, au milieu du sommeil. Laisse vers lui tomber une ma m nonchalante, 11 y va promener sa la/Jgue caressante
(Ghénier, Diane).
Cependant, en silence,
[Comme Dalti parlait , sur l'Océan immense Longtemps elle sembla porter ses yeux erra/jts
(Musset, Poriia).
L'étendue est immense et les champs nont point d'ombre
(Leconte de Lisle, Midi).
L'horloge d'un couvent s'ébranla lentement
(Musset, Don Paez).
Le chemj'n étant long et partant ennuyeux
1 La Fontaine, IX, l4j.
Chantait bas, comme on chante aux enfants qu'on endort
CHuGo, Burgraves, I. 2).
Penchant ton front qu'argenté une précoce neige
(Heredia, L'exilée).
En un calme enchanté sous Tanjple frondaison
(Id., Jason et Médée).
A l'heure où dans les champs l'ombre des monts s'allonge
(Hugo, Aristophane).
Les ombres, à longs plis descendant des montagnes, Un moment à nos yeux dérobaient les campagnes
(Lamartine, L'immortalité).
Et Flaccus s'écriait : — Puisque tout fuit, aimons, Vivons et regardons tomber l'ombre des monts
(Hugo, Année terrible).
Dans l'ombre transparente indolemment il rôde
(Heredia, Le récif de corail).
S'allonger jusqu'au seuil l'ombre du grand platane
(Id., Le huchier de Nazareth).
Aux pentes de l'Othrys l'ombre est plus lo/jgue. Reste
(Id., Sur l'Othrys).
L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre
(Id., Soleil couchant).
Et les chênes pensifs agiter en cadence
Leur hont d'où l'ombre au loin tombe sur le vallon
(Hugo, Toute la lyre).
Et déjà les vallons
Voyoient l'ombre en croissant tomber du haut des monts (La Fontaine, Philémon et Baucis).