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EXPRESSION DU FLOTTEMENT

La i'oile oui'erle aux i'ents, s enfle et s'agite et /lotte

(Chénier, Dry as).

L'emploi combiné de la liquide / avec les spirantes ajoutera aux diirérentes nuances de souffle ou de bruissement l'idée de liquidité :

L'hui/e et le p/omb /bndu ruisse/er sur /eurs casques

(Hugo, Burgraves^ I, 2).

Elle ajoutera au souffle quelque chose de mou et pourra par conséquent exprimer le flottement, ou le vol qui est un flottement :

.... /a nuit sur /a pelouse Ba/ance le zéphyr dans son voile odorant

(Musset, Nuit de mai).

J'ai cru qu'une forme voilée Flottait /à-bas sur la forêt

(Id., Ibid.)

D'un vol silencieux, le grand Cheval ailé

(Heredia, Le ravissement d'Andromède).

Tu retournes, suivant le vol vernal des cygnes

(Id., L'esclave).

Nous entendons quelqu'un flotter, un souffle errer, Des robes e//Zeurer notre seuil so/itaire

(Hugo, Contemplations).

Mon ai/e me soulève au souffle du printemps. Le uent va m'emporter, je fais quitter la terre

(Musset, Nuit de mai) ;

le souffle devient de plus en plus fort.

Un/'rais par/'um sortait des touffes dWsphodèle Les souffles de la nuit /bottaient sur Ga/ga/a

(Hugo, Booz endormi).

Le poète veut peindre dans ces deux vers les effluves parfumés qui s'exhalent comme un vent léger et couvrent tout enfin comme une nappe liquide. A ne considérer que les / et les /, le poète commence par une répétition d'/" sans aucun l dans tout le premier vers moins la dernière syllabe : ce sont les souffles embaumés qui s'envolent. Puis il combine l'/avec 1'/, c'est-à-dire le souffle avec la liquidité, combinaison qui produit une impression de fluidité et donne une idée du flottement des parfums amassés comme des nuages. Dans cette combinaison VI risque d'être un peu étouffé par 1'/"; le poète le relève en l'isolant dans asphodèle, les, la. Enfin ces nuages se fondent en une sorte de nappe fluide ; c'est ce calme d'une eau tranquille que le poète exprime par les deux liquides et le vocalisme uniforme de « Galgala ».

L'emploi combiné des spirantes, surtout de la labio-dentale /■, avec la vibrante r\ donnera l'impression d'un frottement, d'un frôlement, d'un froissement, d'un frémissement, d'un frisson :

i^7*ôled'ua pied crainti/' l'eau //•oide du bassin

(Heredia, Le hain des nymphes).

La viole que frôle encor sa frêle main

(Id., La. belle viole).

Il reconnut Gomère, et /es uents a/izés,

Gon/?ant d'un souffle frais lenr voilure plu>^ ronde

(Id., Les conquérants de l'or);

à l'expression du souffle (s, z, v, f) s'ajoute une idée de liquidité (/) et de frémissement (r). LV tout seul ne peut pas exprimer le frémissement : il faut qu'il soit accompagné cYf et d's.

Et le l'ent, soupirant sous le /"rais sycomore, Allait tout pa//umé de Sodome à Gomorrhe

(Hugo, Le feu du ciel).

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