‹ Le vers français, ses moyens d'expression, son harmonieChapitre 91 sur 115 · nt Hégmkr. L'hiiiiinie et l;i sirî'iie · texte numérisé non relu

nt Hégmkr. L'hiiiiinie et l;i sirî'iie

Kl les grottes roses el mures

Qu'il est mieux (U- lu- pas y cvuirc

h... n,id.\

LA ICn: ET L ••«TWÎliiAPaE

CkMjoe goatie de pi«te est «lae de se

Car j'esteads ton sai^lot dass k reai oà s'a£ara»r

Au métier oè je tisse ea flears q«i Iwh- ressesk^^»

Doot les fils foot trembler sa luia qm les ajact^ie

Musset fait rimer exc-elkflaœent dans BfelU : kérititr et mÊétier avec mtoitié.

Noa . Lrv.aneî-»'-'u:?. je vieos de le voir ea tocuita»/. Que Sirius- la nuit, s affuble d'un tor&ax ?

EL R*»sTA5», Cyra»d .

. . La si»e Péïkélope

\e fut pis demeurée à bcrJer sous ^r-r:

Si le ^ieigneur Ulvsse eût écrit L>--«mae : .

h.., IhH.

Ch^fx^èer «■ proteetear pussaxR, preikdre wa fairsm. Et coause «a lierre oëscmr qvi ctreoaTie&t am fr@«e

Non merci. Dédier, comme toas ils le /b«/. Des vers aui financiers ? se ciianger en bo-uj'iwt

Ib. liiJ. .

Noa. merci. Déjeuner, chaque jour d'un c«y»aW? Avoir un rentre usé par la marche ? une peAm

Dans les exemples suivants l'âuteur a cra devoir tricher sur iorthotrraphe pour rendre la rime bonne à la fois pour rœil et pour loreille. L'oreille suftit : s'il avait ortbo^rraphié eorrectement la rime n eût rien perdu :

Que tout lart d"H>-a£niis n'était que dans ce ba? : Qu'il a. irràce au destin^ des doi^rts to«t coBoioe /«;

Cbémxs^ Les sjiîifref .

3o2 LA RIME

Oui, Carlos. — Seigneur duc. es-tu donc insensé ? Mon aïeul l'empereur est mort. Je ne le sai

Que de ce soir

(HiGo. Hernani).

\'otre gendre est alfreux, mal bâti, mal tourné, Marqué d'une verrue au beau milieu du né

(In., Le roi s'amuse).

Enfin voici un exemple qui présente plusieurs cas et montre matériellement combien il est absurde de continuer à observer les règles classiques :

Plus d'un aveugle, au sommet du Parnasse,

Fit retentir de sublimes accords ;

On peut citer, parmi ceux qui s'y placent,

Milton, Homère, et puis d'autres encor.

Que font aux sourds les accents que soupirent

Le favori des immortelles sœurs ?

Juge éclairé des enfants de la lyre,

L'oreille seule en connait la valeur

( E. Debraix).

« Il est difficile, dit Quicherat, de faire avec plus d'esprit une critique plus fondée. Notre poésie a conservé, des règles méticuleuses de Malherbe, bien des entraves que la raison ne justifie pas. Si la logique avait présidé à l'établissement des règles de la rime, toutes les consonances que l'oreille aurait déclarées pareilles, quelle que fût leur orthographe, auraient pu être associées ».

Il y a pourtant lieu de distinguer entre les consonnes finales qui ne se prononcent jamais, quelle que soit la position et le rôle .syntaxique du mot, et celles qui peuvent se faire entendre si le mot est étroitement uni à ce qui suit, comme il arrive fréquemment dans les petits vers. En considération de ces cas, certains auteurs, tels que Becq de Fouquières, pensent qu on ne doit pas faire rimer un mot qui se termine par une

ftlMKS DÉFECTUEUSES 353

consonne susceptible de se prononcer avec un mot terminé par une voyelle ou par une consonne ne se prononçant pas. La conclusion dépasse les prémisses ; le théoricien aurait gardé la juste mesure s'il avait dit que lorsqu'un mot terminé par une consonne qui ne se prononce pas à la pause est lié de telle sorte avec le mot suivant qu'elle doive se prononcer, il ne peut rimer qu'avec un mot terminé par la même consonne se prononçant. Cette règle est évidemnnent justilîée : faute d'y obéir le versificateur ferait des vers sans rime, malgré l'autorité de nos plus grands poètes qui ont souvent cru rimer richement alors qu ils ne rimaient pas du tout, comme dans les exemples suivants :

On ne vit pins qu'i'^ssling', L'im, Arcole, Auster/Jz ; Gomme dans les tombeaux des romains abo//s

(Hugo, L'expi niions

Les jardinières, les iouvinis.

Les demoiselles, chastes miss

(Id., L'église).

Le Phébus sacré dans Beiins

Des formes d'alexandr/'/js

(Id., Chansons des rues et des Lois).

Ils donnaient Chypre et ï*i\phos ; Et leurs cheveux étaient faux

;Id., Ihid.).

Le reste existait-il ? — Le grand-père mou?-ul Quand Sem dit à Rachel, quand Booz dit à liulh

(Id., Petit Paul).

Deux verrous ont fermé sa porte pour jama/s, L'un qu'on nomme Strasbourg-, l'autre qu'on nomme Metz

(Id.. Le prisonnier) .

M. Grammont. — Le vers français. 23

35 i LA RIME

L'hiver a défleuri la lande et le courtil. . . Le pétale fané pend au dernier pis^i7 ;

(Heredia, Brise manne) ;

on prononce courti et pistil.

Dans la mare de pourpre où leurs larges pieds gMssenl, Prenant à quatre bras les cadavres qui g/.çe/»/

(Lamartine, Chute d'un ange).

Sans doute ces vers assonent entre eux ; mais leur assonance est choquante au milieu des rimes, tandis que celle de deux vovelles finales ne l'est nullement. Dans l'exemple suivant il n'y a pas même assonance :

Ces arbres, ces rochers, ces astres, cette mer: VA toute notre vie était un seul aimer

(Lamartine, Novissima verha).

7° Nous avons indiqué tout à l'heure que dans nombre de cas la rime suffisante est préférable à la rime riche. 11 faut ajouter que dans aucun cas la rime ne doit être trop riche. Il est rare que les éléments homophones puissent dépasser deux syllabes sans que l'auteur ait l'air de jouer sur les mots, ce qui ôte à la poésie toute valeur artistique. L'art peut être gai, il ne doit pas cesser d'être sérieux et grave. Nous ne voulons pas parler ici d'exemples comme les suivants qui ne sont pour la plupart que des plaisanteries :

Tous les soldais qu Arçjanl tua

Ne valaient pas Gargantua . . .

Dans la bataille. Brada niante

Ne frappait pas d'un bras d'amante . . . On voit à l'hôpital maint prodigue alité Qui pleure amèrement sa prodigalité. . . La croissante cherté de ces locaux motive Notre départ prochain par la locomotive . . . Au fauteuil de Delille on place Campenon. A-t-il assez d'esprit pour qu'on l'y campe! — \un.

LA RIME RICHR li^io

Nous song'eons à des exemples sérieux, mais où les éléments homophones, fussent-ils monosyllabiques, fournissent une répétition qui semble piêter au jeu de mots, comme la répétition malheureuse de la syllabe pai dans ce vers de Racine :

Hélas I si celle paix dont vous vous repai»se/. Gouvroil contre vos jours quelques pièg^es dressés

[Brilannicus, \', I).

A la rime l'effet est encore plus sensible et plus choquant que dans un même vers :

D'un portrait de Van Dyck ; puis sur le fin tapis Agacer en jouant ses petits pieds tapis

A l'ombre du jupon

(Th. Galtier, Elécjies\,

Assis sur ces rochers déserts, Je suis dans le vague des airs Le char de la nuit qui s'avance

(Lamartine, Le soir).

Si son ordre au palais vous a fait retenir. C'est peut-être à dessein de vous entretenir

(Racine, Britannicus, IV , Ij.

Heur et malheur ! On vit ces deux homme.s séfreindre Si fort que l'un et l'autre ils ïaWVivent s'éteindre

(Musset, Don Paez).

Qui le saura? — Pour moi, j'estime qu'une tombe Est un asile sûr oîi l'espérance tombe

[Id. Jbid.).

Oui, c'est fini ; l'enfant a bu la coupe sombre; Sa débile raison s'évanouit et sombre

(Hugo, La pitié suprême).

Un ouvrier d'Egine a sculpté sur la plinthe Europe, dont un dieu n'écoute pas la plainte

(Hugo, Rouet d'Omphale).

8" Reste la question complexe de la variété des rimes. Elle comprend deux points essentiels : l'alternance des rimes masculines et féminines et la non-assonance des rimes successives. Au moyen âge on ne voyait aucun inconvénient à faire des poésies tout entières en rimes masculines ou féminines, et l'on cultivait la laisse monorime où la répétition de la même assonance n'était limitée que par l'épuisement du vocabulaire. (}n reconnut au bout d'un certain temps qu'il résultait de ces deux pratiques une monotonie désagréable et peu artistique. L'art vit de variété aussi bien que de renouvellement. Aussi depuis le xvi*^ siècle les poètes soigneux ont évité scrupuleusement la succession des rimes du même sexe et des rimes assonant entre elles. On ne saurait trop louer ceux qui ont introduit dans notre poésie cette observance délicate, et par contre on ne saurait trop blâmer ceux de nos modernes décadents qui y ont renoncé, constituant le hasard seul arbitre de la succession des rimes. C'est un retour non pas à l'enfance de l'art, mais à l'absence d'art, et chez la plupart de ceux qui s'en sont rendus coupables ce n'est pas l'indication d'une théorie réfléchie et arrêtée, ni d'une recherche, malheureuse peut-être, mais louable, ce n'est qu'une marque d'impuissance.

Pourtant on ne peut pas trancher ainsi la question en quelques mots. Nous ne saurions trop nous élever contre ceux qui disent : voici la règle ; tout ce qui s'en écarte est mauvais. L'art ne comporte pas de dogmes. Avant de se conformer à une règle il faut l'examiner et en peser soigneusement la valeur. Celle de l'alternance des rimes masculines et féminines était excellente à l'origine, elle est absurde aujourd'hui. Les poètes qui n'y ont pas obéi ont eu raison puisqu'elle est mauvaise, mais ils ont eu le grand tort d'y substituer le hasard qui n'est pas un principe artistique. Cette règle était fondée sur la prononciation, comme il convient ; mais notre poésie a évolué et surtout notre langue a changé. La règle devait évoluer en même temps que la prononciation dont elle était l'interprète. Sont réputées rimes féminines toutes les tînales ter-

LKS UIMKS FEMIMNKS

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minées par un e muet et nuisculines toutes les autres. Cette ditTérence était très réelle et très nette à l'époque où l'on prononçait tous les 5. à la fin des mots. Aujourd'hui on n'en prononce plus aucun à la pause ; ils ont disparu par évolution phonétique. En sorte qu'il n'y a plus la moindre ditTérence sensible pour la finale entre bagarre et hasard, entre un dé et une idée. Gomme le disait déjà l'abbé d'Olivet au xviu*' siècle : « Nous écrivons David et avide, un bal et une balle, un pic et une pique, le soninieil et il sommeille, mortel et mortelle, un froc et il croque, etc. Jamais un aveugle de naissance ne soupçonnerait qu'il y ait une orthographe ditTérente pour ces dernières syllabes, dont la désinence est absolument la même » .

La distinction établie par la règle n'existant plus aujourd'hui, cette règle est sans valeur. Mais l'évolution phonétique n^at-elle pas substitué une autre différence à celle-là ? Est-ce que toutes les finales sont aujourd'hui masculines? En aucune façon. La rime il chante était considérée comme féminine parce qu'elle se terminait par un e comme la plupart des mots féminins ; or la plupart des mots terminés par un e muet finissent dans la prononciation, après la chute totale de cet e, par une consonne. Ce sont là aujourd'hui les vraies rimes féminines, et tous les mots dont la prononciation se termine par une voyelle sont des rimes masculines. Le sentiment de cette distinction est très net chez le peuple qui dit couramment l'air est fraîche, une centime, la moustique, la sulfate, une légume, parce que les mots air, centime, moustique, sulfate, légume se terminent par une consonne ; tandis qu'il fait masculins des mots tels que entrée, comme le montre entre autres choses l'orthographe entrer du cirque. Il en résulte que si je dis :

Jaime mieux y croire Que d'y aller voir,

je f?is deux vers de cinq syllabes qui riment richement, en

358 LA KIME

rimes féminines. Il en résulte qu une pièce comme celle-ci de Verlaine (Romances sans paroles est rimée :

C'est le chien de Jean de Nivelle Qui mord sous lœil même du guet Le chat de la mère Michel ; François-Ies-bas-bleus s'en égaie.

La lune à l'écrivain public Dispense sa lumière obscure Où Médor avec Angélique Verdissent sur le pauvre mur...

toute la pièce est ainsi ; ce sont d'excellentes rimes : il y en a quelques-unes dans le reste du morceau qui sont mauvaises par la faute du poète, mais cela note rien au principe. Seulem.ent ralternance des rimes masculines et féminines que le poète a cru fonder sur l'orthographe n'a rien de réel. En fait il y a alternance dans la première strophe, non pas que les rimes féminines soient la première et la quatrième, mais la première et la troisième. La deuxième strophe est tout entière en rimes féminines, malgré l'orthographe. De même la strophe suivante de Lamartine [L'enthousiasme] est tout entière en rimes féminines, ce qui est une négligence désagréable :

Ainsi quand tu fonds sur mon àmc, Enlhousiame, aigle vainqueur, Au bruit de tes ailes de flamme Je fi émis d une sainte horreur ; Je me débats sous ta puissance, Je fuis, je crains que ta présence N'anéantisse un cteur uiortel.

Comme un l'eu que la foudre allume.

Qui ne s'étcinl plus, et consume Le bûcher, le temple et l'autel .

Voici deux strophes consécutives du même poète [La poésie sacrée) qui sont toutes en rimes masculines :

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