HARIB
Mais enfin, que fait-il î
YVONNE
* Eh bien ! rien, chère belle.
Rien du tout. Je n'ai pas une seule nouvelle A vous faire connaître. . . Au fait! votre fnari ? J'oubliais...
M ONT AL, vivement, debout.
Elle avait le front tout assombri.
6 LE YISRTIGE
Et pleurait tout à Theure» en songeant avec peine, Qu'il n'avait pas écrit depuis une huitaine.
YVONNE, ayec naturel .
Quoi ! pour votre mari vous rougissez vos yeux? Quoi! vous pleurez pour lui, ce n'est pas sérieux. — Passion dans l'hymen, c'est hirondelle en cage.
MARIE, à part.
Hélas !
YVONNE
Le bon mari, c'est celui qui voyage.
Quand le mien part, Jamais je ne sens le besoin De pleurer, mon Dieu, non ! Je laime, mais de loin.
Mouvement de Montai.
MARIE
Vous, vous riez de tout. — Tenez, je vous envie !
YVONNE, elle se lève *.
C'est vrai, je ris de tout. — J'ai su prendre la vie
Par son côté facile, et tout mon grand savoir
Consiste à m'amuser, à ne pas m'émouvoir,
A n'étaler jamais de mines recb ignées. ^
Je sais des bataillons d'épouses résignées
Qui vivent en cornette et ravaudent des bas :
Mesdames, libre à vous ! faites ! — Je n'en suis pas ;
Je préfère valser, ma foi ! — Le mariage
Est fait pour nous donner le luxe, Tentourage,
Le succès, les plaisirs, et puis la liberté.
C'est un peu pour le droit de montrer sa beauté,
Pour pouvoir cheminer gaîment, sans aucun doute,
Que jeune fille on prend un compagnon de route.
Mais où donc est le mal, quand on a vingt-cinq ans.
D'aimer à babiller, d'adorer les rubans
Montai, Yvonnei Marie écoutant avec un intérêt curieux ce que dit Yvonne.