‹ Le Vertige: Symptome Des Affections De L'Appareil Cardio-VasculaireChapitre 10 sur 23 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(OrLowskr. — Contribution à l'étude de la polycythémie rubra. Progrès médical, 9 mars 1912.)

Homme âgé de 35 ans, bonne constitution, père alcoolique, mère anémique. À 33 ans, grippe ÿrave avec pneumonie, depuis faiblesse, vertiges fréquents, couleur rouge de la peau et des muqueuses, hypertrophie du foie, pas de splénomégalie; tension 100; globules rouges 11.560.400; globules blancs 6.500; hémoglobine 145 %; neutrophiles 64 %; éosinophiles 2 % ; Iymphocytes 20 % ; mononucléaires 4,5 %.

Il s’agit d’une polycythémie du type de Vaquez.

(Bien que les vertiges ne soient pas analysés dans cette observation, nous croyons qu'il s’agit des vrais vertiges, étant donné que la maladie de Vaquez est souvent, accompagnée par des vertiges authentiques comme nous allons voir plus

loin).

(B) Vertiges chez les hypertendus simples.

Dans la forme commune de l'hypertension continue, celle qu'illustrent les accidents cérébraux de toute nature, il semblerait qu’il y eût pour le vertige une place prépondérante. « En réalité, dit Laubry, il s'y montre avec une discrétion qu’il convient de souligner, si l’on a soin de ne pas le confondre avec les éblouissements, les obnubilations, les bouffées de céphalée intense, les absences, les aphasies transitoires, qui sont pour le sujet des éléments de surprise, d'inquiétude, d'interprétation erronée, qui ne touchent à l'équilibre que par une perte momentanée de la conscience et qui n’ont avec le vertige qu’une parenté fort lointaine ».

CE de

Comme pour les bourdonnements, la relation des vertiges avec le degré d’hypertension n'apparaît pas très nettement. Il existe certainement en pareil cas des lésions de l'appareil labyrinthique assez discrètes pour échapper à l'examen objectif de l’auriste, mais que décèlent l'épreuve de Barany et celle du vertige voltaïique de Babinski.

Néanmoins, l'hypertension joue un rôle plus ou moins important dans la production «et la fréquence du vertige, car on le voit presque toujours s’atténuer quand la tension se rapproche de la normale (Canuyt, Molard). Mais si nous éliminons les éblouissements, les obnubilations, etc, qui peuvent se confondre avec les sensations vertigineuses, si nous cherchons le vertige proprement dit, nous l’aurons toujours peut être dans une proportion limitée, étant donné que la tension endolymphatique est influencée par la tension artérielle d’une part (Bonnier, Morisset) et que l’étiologie de l’hypertension simple est souvent spasmodique d'autre part, comme le fait est signalé par Pal, Meyer et Trunecèk. Ce spasme se localise sur certains districts vasculaires (bulbaire ou labyrinthique) et détermine l’insuffisance fonctionnelle qui est le vertige.

Enfin, le fait clinique nous montre que beaucoup de vertiges labyrinthiques survenant chez des sujets suspectés

d'hypertension ont été améliorés par la ponction lombaire (Molard, obs. D.

Or, dans l’hypertension, les troubles oculaires — amaurose et glaucome — sont si fréquents (Bajardi, Terson et

Campos) pourquoi le labyrinthe serait-il épargné ?

Le vertige peut revêtir différents aspects, depuis la simple sensation vertigineuse sans perte d'équilibre jusqu’au syndrome de Ménière ou Lermoyez typique avec chüte, et est souvent associé aux divers troubles cérébraux, oculaires et rénaux, tels que céphalée, aphasie transitoire, amnésie (obs. IT), amblyopie, amaurose, bourdonnements d’oreille, pollakiurie nocturen, crampes, doigt mort, etc.

Pl. |

OBSERVATION I (résumée).

(MocarD. — La ponction lombaire dans le traitement du vertige labyrinthique. — Thèse de Paris, 1909.)

Marguerite P..., 40 ans, se plaignait de bourdonnements et de vertiges. En juin 1904, a eu un premier vertige qui a duré trois heures. Le 7 juillet 1904, deuxième vertige, dure 10 minutes et suivi de vomissements. Le 11 juillet 1904, troisième vertige; dure deux heures et suivi de vomissements et d’une syncope qui dure environ une minute,

Antécédents personnels. — Rien à signaler.

Etat actuel. — Congestion facile de la face; yeux injectés; doit avoir des congestions rétiniennes, car il lui arrive de ne voir que la moitié des objets qu’elle regarde.

La tension artérielle 25 (à l'appareil de Potain).

On a fait une ponction lombaire à la malade; les bourdonnements et les vertiges disparaissent. Le 13 août 1904, les bourdonnements et les vertiges ont reparu, la malade se sent faible. On lui prescrit du valérianate d’ammoniaque et des douches. Le 6 décembre 1904, plus de vertiges, maïs les bourdonnements ont persisté. |

OBSERVATION II (résumée).

(Fox.— Manifestation cérébrale de l'hypertension).— Thèse de Paris, 1911.)

E.., 60 ans, vient consulter M. Vaquez le 31 juillet 1908, pour céphalée et sensation vertigineuse.

Ii y a 12 ans, albuminurie; en 1900, emphysème et asthme. Novembre 1906, albuminurie, dépression et torpeur. Juin 1907, le malade a présenté une perte de mémoire subite. Il ne savait plus le nom de ses enfants et avait oublié la naissance de lun d’eux, qu’il avait eu quelques jours auparavant. Cette amnésie dura 2 ou 3 jours.

Examen, — Bruit de galop, 2° bruit aortique claqué. Cœur gros. La tension artérielle Mx — 22 (à l'appareil de Potain).

OBSERVATION III (résumée).

(Morarp. — La ponction lombaire dans le traitement du vertige labyrinthique. — Thèse de Paris, 1909.)

Pierre F..., 64 ans, depuis 1895 vertiges, vomissements, disparaissent pendant 2 mois, puis réapparaissent tous les 15 jours. En 1900, flux hémorroïdaire, a eu alors des pertes de sang à répétition; depuis n’a eu qu’un vertige. Il y a 4 mois, bourdonnements surtout à droite; a toujours des pertes sanguines par l’anus. Aussitôt après ces pertes, ses bourdonnements et vertiges cessent. À eu son dernier flux quinze jours avant l’examen. A la date de l’examen, la tension artérielle — 24 Mx (à l’appareil de Potain).

(I faut noter que dans cette observation, on n’a pas fait la ponction lombaire; le vertige disparaît à la suite de flux hémorroïdaire qui a, d’après Molard, la même action que la ponction lombaire sur la tension artérielle).

(C) Vertiges dûs aux artérites et à l’artério-sclérose.

Le vertige est le signe avant-coureur dans les artérites cérébrales et en particulier l’artérite syphilitique et l'athérome ; il précède des accidents graves et voilà qui lui donne pour le vulgaire une signification redoutable. Il se colore du reflet des ictus ou des apoplexies; il récidive, il entraîne un état vertigineux habituel, continu et subcontinu avec exacerbation pouvant aller jusqu’à la chute ou tout au moins à la sensation de fuite du sol ou de titubation ébrieuse. Bourdonnements d'oreille, absence, céphalée diffuse nocturne, aphasie et hémiplégie transitoire sont souvent associés avec le vertige. Ce sont les signes d’ischémie cérébrale par rétrécissement ou oblitération artérielle retentissant sur les centres de l’équilibration. Plus tard, le ramollissement s’installe caractérisé par l’hémiplégie définitive et les troubles psychiques qui masquent le vertige.

I en est de même dans l'artério-sclérose; le vertige est

très important dans sa phase initiale. Plus tard, dans le stade de localisation viscérale, noyé dans le tableau des altérations multiples, primé par les signes d’une lésion dominante, il perd de son importance, Ces phénomènes vertigineux sont à rattacher à ce qu’on a appelé la claudication intermittente des centres de l'équilibration, qu’ils soient dûs à l’endartérite oblitérante (Escat) ou à un simple spasme (Grasset); ils mettent en évidence un déficit momentané de l'irrigation de l’organe, lorsqu’au moment de l'effort ou du travail, il réclame au contraire une irrigation plus abondante (obs. II, III, IV). De même, à côté du vertige, ces malades souffrant de céphalée fréquente peuvent au cours du travail intellectuel présenter de véritable «faux pas » de la pensée, pendant lesquels ils sont incapables d'efforts psychiques (Stienon).

Grâce à Grasset, nous avons une notion très claire du vertige des artério-scléreux. I divise le vertige en trois degrés d'intensité :

(1) Vertige simple, (2) vertige avec crises épileptiformes (obs. V), (3) vertige avec pouls lent permanent et crises syncopales ou épileptiformes (obs. VI).

Escat divise aussi le vertige des artério-scléreux en trois formes suivant la durée de Paccès. (1) Vertige paroxystique, (2) vertige continu et (3) vertige apoplectiforme. Le serlige paroxystique se manifeste sous forme de crises séparées par des rémissions complètes au cours desquelles le sens d'équilibre recouvre son intégrité et est dû à une véritable claudication intermittente de l'artère auditif interne.

Le vertige continu (type Charcot) est caractérisé par un état vertigineux permanent, sur lequel des accès paroxystiques ou apoplectiformes peuvent se greffer et dû à l’ischémie définitive par endartérite oblitérante dans le territoire de l'artère auditif interne ou les artères nourricières du

bulbe.

gi

Le vertige apoplectiforme (type Ménière), caractérisé par un ictus apoplectiforme accompagné la plupart du temps de perte irrémédiable de l'audition, est dû à l’hémorragie intralabyrinthique par rupture des artères labyrinthiques artério-scléreuses.

Le vertige des artério-scléreux peut être associé ou non avec la surdité, trouble fonctionnel du nerf cochléaire. St le vertige existe seul, ce fait est dû sans doute à ce que le spasme ou l’endartérite est limité à l’artère vestibulaire antérieure à l’exclusion de l'artère cochléaire propre et de l'artère vestibulo-cochléaire. Si le vertige est associé & d'autres symptômes que la surdité — tels que syndrome de Stokes-Adams — c’est que le vertige est d’origine bulbaire, provoqué soit par un spasme des artères nourricières des noyaux vestibulaires, soit par l’endartérite de ces mêmes artères qui d’après Duret sont terminales.

Au contraire, dans le cas où le vertige est associé à la surdité, c’est alors que le labyrinthe tout entier est sclérosé, parce que la sclérose provoquée par des lésions atrophiques similaires dans la cochléa et les terminaisons du nerf cochléaire comme dans le vestibule, les canaux semi-circulaires, les terminaisons du nerf vestibulaire et le ganglion de Scarpa; ou bien que le processus de sclérose ou le spasme touche non seulement les artères nourricières des noyaux vestibulaires dans le bulbe mais encore celles des noyaux cochléaires; ou bien enfin parce qu’une inondation labyrinthique causée par une rupture des artères déjà sclérosée s’est produite.

Il faut ajouter que lorsque le vertige est associé à la surdité et que les crises sont continues, on doit admettre que la lésion est très étendue et correspond probablement à une lésion organique (obs. 1) et qu’il n’est pas dû à un simple spasme : dans ce cas, le vertige est toujours paroxystique.

CLAMET R

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