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tendus, on trouve la décoloration des téguments, l’abaissement de la calorification, la fréquence du pouls, la tension basse, les battements artériels, les essoufflements, les palpitations, et surtout les bruits anormaux des vaisseaux du cou et même du cœur.
Le vertige donc est expliqué par l'apport du sang insuffisant au cerveau; il est dû à l’anémie des centres de l’équilibration et peut être aussi à l’abaissement exagéré de la tension intralabyrinthique (Bonnier) ou bien à la suspension de l’activité tonique vaso-motrice au niveau des capillaires labyrinthiques ou centraux, autrement dit au ralen. tissement de la circulation intralabyrinthique pouvant aller Jusqu'à la stase, ce qui justifierait l'emploi de l’adrénaline et le succès de son action (Vernet).
(G) Vertiges dans les affections aortiques.
1) Dans l'insuffisance aortique.
Le vertige est décrit depuis longtemps parmi les symptômes fonctionnels de l'insuffisance aortique (maladie de Corrigan). Potain et Rendu signalent la fréquence des vertiges, comme indices d’anémie cérébrale et surtout de lirrégularité de la circulation encéphalique. Barré admet que le spasme réflexe des vaisseaux périphériques à point de départ sigmoïdien doit être la cause des vertiges, des tendances syncopales, au même titre que de la pâleur des téguments. Friedreich raconte qu’une malade atteinte d’insuffisance aortique, était prise d’étourdissements, de bourdonnements d'oreille, de vertiges et de syncope, lorsqu'elle passait brusquement d’une position à une autre.
Huchard reconnaît que les vertiges, les maux de tête, les syncopes peuvent s’observer chez les sujets atteints d’insuffisance aortique, mais avec moins de fréquence qu'on ne le croit généralement et les sensations vertigineuses survtennent plus habituellement dans la forme artérielle (maladie de Hodgson) que dans l'insuffisance aortique d'origine endocardiaque pure (maladie de Corrigan).
Merklen place aussi les vertiges et les lipothymies parmi les phénomènes qui font partie du cortège symptomatique de l'insuffisance aortique; il admet que ces troubles s’observent plus particulièrement dans les périodes où s’exagère la dilatation du ventricule gauche.
Heitz, dans une étude récente de ces troubles, remarque qu'il s'agit de défaillance générale, pouvant débuter par une sensation de vide ou de poids dans la tête, et obligeant les malades à s'arrêter, à s’accrocher, à s’asseoir pour éviter une chute. Il n’a pas constaté de troubles labyrinthiques (un cas parmi 70, qui avait une lésion de l’oreille en même temps obs. II) décelables par la recherche du vertige voltaïque (Babinski) et conclut « qu’il ne semble pas y avoir de place pour des vertiges au sens étymologique et clinique du mot, dans la symptomatologie de l'insuffisance aortique ».
En somme, il conclut qu'il s’agit de phénomènes d'anémie encéphalique transitoire, comparables aux acridents légers du syndrome de Stokes-Adams (obs. I, ID. Certes, les malades ont brusquement une sensation de malaise général, d’obnubilation incomplète de la conscience. En même temps, ils ont des troubles de l’équilibre, faisant redouter la chute, mais ne la produisant que tout exceptionnellement. Par conséquent, les troubles que les malades appellent des éblouissements, des vertiges sont la manifestation d’une ischémie encéphalique brusque et toute transitoire, et ne méritent pas toujours la désignation de vertige.
Toutefois, un pareil syndrome s'accompagne parfois de phénomènes vertigineux vrais qui probablement traduisent plus spécialement l'ischémie des organes encéphaliques de l'équilibre lié à un certain degré d'artérite cérébrale comme on l’observe souvent dans la maladie de Hodgzon, dont les troubles fonctionnels sont beaucoup plus intenses (obs. IV).
Un goutteux renforcé de M. Vaquez présentait des accès vertigineux dont l’un fut presque suivi de chute. Un exa-
men attentif a découvert un souffle diastolique, qui s’est accentué par la suite. « Très probablement. dit Laubry, il témoignait moins d’une atteinte valvulaire que d’une aortite étendue et d’une sclérose vasculaire diffuse, y compris la sclérose des artères labyrinthiques ».
Il faut ajouter que beaucoup de porteurs d’insuffisance aortique ont des lésions de l'oreille méconnues et on a souvent le tort d'attribuer les vertiges qu’ils éprouvent à l'insuffisance aortique (obs. III).
OBSERVATION I (résumée).
(Heirz. — Des vertiges dans l'insuffisance aortique. — Paris médical, 5 juillet 1919.)
M... âgé 19 ans, insuffisance aortique d’origine rhumatismale. Cœur très gros. Rythme cardiaque régulier; pas d’albuminurie. Pression systolique humérale faible à 11 avec diastolique très abaïissé à 3. La pression tibiale était élevée à 17.
Il se plaignait depuis quelques mois de vertiges. Il éprouvait subitement « comme un poids dans la tête ». I devait alors s’accrocher et même s’allonger pour ne pas tomber. Jamais il n’avait perdu connaissance. Jamais il ne s’était senti tourner sur lui-même ni n'avait vu les objets tourner autour de lui. I ne se plaignait pas de bourdonnements et l’ouie paraissait normale. Les épreuves de Weber et de Rinne étaient normales. Le vertige voltaïque enfin était normal : l’inclinaison et la rotation se produisant facilement et symétriquement sans que le malade éprouvât de sensations particulièrement désagréables.
OBSERVATION IT (résumée).
(Herrz. — Des vertiges dans l'insuflisance aortique. - Paris médical, ) juillet 1919.) R..., 18 ans, insuffisance aortique. Cœur peu hypertrophié, régulier; pression humérale 15-2,5, tibiale 18, se plaint de palpitations prononcées. Il se sentit fréquemment « comme
un vide dans la tête », il chancelle alors et croit qu’il va tomber, mais il n’a jamais eu la sensation de tourner et ne voit non plus les objets tourner autour de lui. Aucun trouble de l’ouie; les épreuves de Weber, de Rinne et de Babinski étaient normales,
OBSERVATION III (résumée),
(Hwrrz. — Des vertiges dans l'insuffisance aortique. — Paris médical, » Juillet 1919.)
Dal... 26 ans, a eu deux attaques de rhumatisme articulaire aigu. En 1916, il fut renversé par l’explosion d’un obus, et se releva presque sourd de l'oreille gauche. Quelques jours plus tard, il remarqua que cette oreille coulait et cela dura quelques semaines. Depuis, il ressentit des bourdonnements presque continus, surtout prononcés à gauche. Comme il se plaignait de dyspnée, on l’ausculta et l’on reconnut l’existence d’une insuffisance aortique. Cœur gros, rythme régulier. Pression humérale 13-5, tibiale 17. Il se plaint d’être sujet, depuis la commotion, à des étourdissements qui le prennent surtout lorsqu'il penche la tête. Il voit alors « comme des disques noirs devant les yeux; puis ies objets paraissent tourner autour de lui ». Lui- même n’éprouve jamais la sensation de tourner; il n’est jamais tombé. Il est pris quelquefois de malaise avec sueurs froides et nausées; il devient pâle et voit ses voisins s'éloigner ou tourner autour de lui, L'examen de l'oreille montre que le Weber est latéralisé à gauche; que le Rinne est négatif à gauche, mais positif à droite. De plus, on a constaté une perforation du tympan gauche avec suppuration discrète de la caisse. Le vertige voltaique est nettement anormal : lorsqu'on dispose les tampons pour la recherche de l’inclinaison, on voit la tête s’incliner à droite avec 3 milliampères; mais linclinaison ne s'obtient à gauche qu'avec une intensité de courant bien supérieur, et la tête est animée de ces oscillations rythmiques (nystagmus céphalique de Babinski). La rotation est normale à droite, mais presque nulle à gauche.
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