DELIER . QUI . TRESPASSA LAN MIL CGC
Nous avons écrit en lettres italiques les mots complètement effacés comme trespassa lan m (qui se voyoient encore à l’époque où Gaignières fit faire son dessin) et nous avons placé entre crochets ceux que nous n’avons pu lire assez nettement pour pouvoir affirmer que nous ne nous sommes pas trompés dans notre lecture.
Voici maintenant ce qu’a lu Gaignières qui a vu la tombe alors qu’elle n’étoit pas aussi détériorée qu’elle l’est aujourd’hui. Cependant il ne faudroit pas, en cette circonstance, s’en rapporter aveuglément au document cju’il nous a laissé ; on verra, en effet, en comparant notre planche, exécutée d’après une photographie, avec la reproduction du dessinateur, que ce dernier est loin d’avoir fait preuve d’exactitude h
Côté gauche (de bas en haut) :
Cy . gist . demoiselle . Jehanne . la ruelle . féme . de guille tirel . fdle de feu . Jeanne la bonard qui t’passa . lan mil ccc . Ixiii . le mëc . aüt . la [este s . Malliien apostre et enangeliste pr pour elle •
(1) M. de Gaignières avoit à sa solde un dessinateur — son domestique prétend-on — qu’il emmenoit avec lui dans les voyages qu’il faisoit à travers la France. Le dessinateur prenoit des croquis et des notes, et ce n’étoit souvent qu’au bout de trois mois, à son retour à Paris, qu'il exéculoil les dessins qui nous ont été heureusement conservés. Cette particularité expliqueroit les quelques erreurs que nous avons relevées dans la transcription des inscriptions gravées sur la tombe de Guillaume Tirel.
LE VIANDIER DE TAILLEVENT
Dans le haut :
Ci . gist . giiille . tirel . sgent . darmes . du . Roy . mes. z jadis . qiieii . du . roy . Phe . z de
Côté droit (de haut en bas) :
môsr . le . roy. Carie . z . dauphin de vienne qui trespassa . lan mil . ccc Ix i et ci y . gist . ysabiaii . la tirelle fëme guille tirel z fille de feu Joudoin le chandelier.
Dans le bas ;
qui . trespassa . lan Mil ccc.
La date de 1360 que Gaignières donne comme étant celle de la mort de Taillevent est évidemment erronée ; nous en fournirons une preuve irréfutable tout-àriieure. Dans un autre recueil, provenant également de sa collection, et conservé à la Bibliothèque nationale, Gaignières a relevé les épitaphes des tombes du prieuré d’Hennemont, et voici comment sont transcrites celles de Taillevent et de ses deux femmes :
Cy gist Guillaume Tirel sergeant d’armes du Roy nostre sire et jadis queii du Roy Philippes et de Mgr le Roy Dauphin de Vienne (jui trespassa — l’an 1315 — Cy gist Isabeau la Tuille /.s/c/, femme de Guillaume Tirel, tille de feu Joudouîn (Chandelier (sic) qui trespassa l’an 1300.
(Cy gist Damoyselle Jeanne la Tuille [sic] femme de Guillaume Tirel, fille de feu Jeanne la Bonarde qui trespassa l’an 1363 le niercredy avant la fête St Mathieu apostre et Evangelislre, priés jiour elle.
INTRODUCTION
La contradiction entre les deux dates, 1315 et 1360, est flagrante ; la vérité est que ni l’une ni l’autre n’est exacte. L’inexactitude est même telle que nous ne pouvons invoquer ce témoignage pour faire remarquer que, dans la date de 1315, les deux derniers chiffres sont les mêmes que dans celle de Mil ccc et xv que nous croyons lire.
Quant à la date de la mort d’Isabeau Le Chandelier, elle paroît n’avoir jamais été gravée. Taillevent étant mort, les héritiers auront négligé de faire compléter l’inscription.
Nous avons dit que la première femme de Guillaume Tirel étoit morte en 1363 ; la seconde ne décéda que longtemps après la première. Un arrêt du 30 août 1404, relatif à la succession d’Isabeau Le Chandelier nous en fournit la preuve. Cet arrêt dut évidemment n’être prononcé que peu de temps après sa mort, puisque l’affaire à laquelle il se rapporte n’étoitpas de celles qui, à raison de leur gravité ou de la puissance des parties, duroient plusieurs années. On voit, dans cet arrêt, qu’un certain Colin du Val avoit attaqué religieux homme frère Jehan Lermite, prieur de Sainte-Marie d’Hennemont et Guillaume Le Chandelier, avocat au Parlement, tous deux exécuteurs testamentaires de l'eu Isabeau la Tirelle alias la Taillevande, pour s’être opposés à ce qu’il lïit envoyé en ])ossession de tous les liiens de la succession et les sommoit de montrer l’inventaire. L’affaire avoit été
évoquée devant les maîtres des requêtes de l’iiôtel, (sans doute parce que Colin du Val étoit attaché à la maison du roi) et là il avoit été décidé que Colin qui réclamoit 4.000 francs s’étoit plaint à tort : que cependant les exécuteurs testamentaires rendroient leur compte, que Guillaume Le Chandelier paieroit au roi 100 francs d’amende pour ses défauts et malices dans l’exécution du testament et que Colin seroit envoyé en possession de tous les hiens d’Isabeau. Le Parlement confirma cette sentence dont toutes les parties avoient appelé et doubla l’amende imposée à Guillaume Le Chandelier f II n’est pas douteux que cet acte ne s’applique à Isaheau la Tirelle. Mais revenons à Taillevent.
La tombe de Guillaume Tirel nous apprend que lorsqu’elle fut exécutée, Taillevent, jadis queu du roi Philippe (de Valois), étoit devenu sergent d’armes. Nous verrons plus loin à quelle époque il étoit investi de ces fonctions.
Quatre pièces, toutes les quatre datées de 1355, et au bas de trois desquelles est apposé le sceau de Taillevent nous montrent ce personnage au service du Dauphin de Viennois Dans la première datée du 12 aoiit, où il prend le titre « d’escuyer de l’ostel de nions.
(1) Reg. du Parlement, Jugés, rcg. .50, fol. 387.
(2) Pièces justificatives, u*’ 5, 6, 7 cl 8. La pièce relative à la vente d'un cheval par Taillevent nous a été gracieusement communiquée par M. Bernard Prost.
(3) Le duc de Normandie, depuis Charles V,
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