SUR LES MAITRES D’HOTEL DE CHARLES VI
Il est à remarquer qu’en général tous les officiers attachés à la personne de Charles V et de Charles VI [ces marmousets comme dit Froissart — quels marmousets que Jehan de Bueil, Clisson, Le Bègue de Vilaines et tous ces héros, compagnons de du Guesclin ! ) étoient de vaillants et renommés capitaines ou des administrateurs distingués. On va voir avec quels hommes éminents Taillevent se trouvoit en rapport.
Le Grand Maître ici nommé est le célèbre et malheureux Jehan de Montaigu, exécuté à Paris, en 1409, fondateur des Célestins de Marcoucies.
M?*’ DE Chevreüse est Pierre de Chevreuse qui étoit, en 1362 et 1368, trésorier des aides pour la délivrance du roi Jehan. En 1377, il fut désigné pour aller avec Bureau de La Rivière et autres recevoir l’Empereur à Pont-à-Mousson, mais il revint avant l’arrivée de ce Prince. Il étoit, en 1381, au nombre des ambassadeurs devant lesquels le duc de Bretagne jura la paix de Guérande. En 1390, à l’époque (1388-92) où Charles VI se montra, par sa bonne et sage administration, le digne fils de son père, il fut chargé avec Ferry Cassinel, archevêque de Reims, puis avec le maréchal de Sancerre, d’administrer le Languedoc ruiné par le duc de Berry. Il mourut le 22 décembre 1393 ; sa postérité s’éteignit en la personne de Colart de Chevreuse, son arrière petit-fils. Voy. V Apparition de Jehan de Meiin, par Honoré Bonet, 1845, in-4, p. 80.
Mffr DE Novion ou plutôt DE Nouvion 6st Jehan Le Mercier, d’origine écossoise, vrai ministre des finances de Charles V. En 1392, cédant sa place de grand maître de l’hôtel du roi à Montaigu, il étoit devenu conseiller maître d’hôtel et général visiteur sur le fait de la dépense du Roi. Cette même année, quand Charles VI eut perdu la raison, il fut emprisonné par ordre des oncles du roi et relâché seulement en 1393. Voir sur lui une histoire piquante et une très bonne note de M. Duplès-Agier dans les Registres du Chastelet, 1864, in-8, t. ii, p. 119.
Philippe des Essars qui avoit servi vaillamment sous le règne de Charles V, dès 1367, en 1378 sous Bureau de La Rivière, en 1382 sous le maréchal de Sancerre, étoit maître d’hôtel du Roi depuis le mois de juillet 1380. Il est qualifié de chevalier d’honneur du roi dans l’ordonnance de l’hôtel de janvier 1386 (1387, n. st.)
Nous ne trouvons rien sur Arnoul de Pisieux.
Guillaume de Gaillonel étoit, comme d’autres personnes de sa famille, très avant dans la faveur de la cour. En 1377, il reçut conjointement avec Adenetde Gaillonel, fils d’Adam de Gaillonel et enfant semant d’esciielle devant le Roi, 200 francs d’or pour les aider à se monter pour la guerre.
En 1383, le 18 août, le Roi étant à Péronne lui confioit une importante mission auprès du comte de Flandres et des villes révoltées contre lui (Bruges, Ypres, L’Escluse, Audenarde et Courtrai). Il étoit associé, pour cette mission, à Henri Le Mazier, aussi maître d’hôtel du roi, cité dans les notes sur le Ménagier de Paris. Ils reçurent 200 fr. d’or le
MAITRES d’hOTEL DE CHARLES VI
18 août de cette année. Le 17 août 1387, le Roi, étant à l’abbaye de Bonport, lui donna 500 Ir. d’or pour ses bons services.
Il mourut le 21 février 1399 (1400, n. st.) et fut enterré dans le chœur de l’église Saint-Jacques de la Boucherie, à Paris. Il étoit qualifié, dans son épitaphe, de maître d’hôtel du roi et de chambellan de feu le duc d’Orléans (c’est Philippe, oncle de Charles V, et non le frère de Charles VI, Louis qui ne mourut qu’en 1407). Il était aussi chambellan du duc de Berry. Son sceau porte un sautoir.
Philippe d’Aunoy dit le Gallois, fils de Philippe d’Aunoy et d’Agnès de Montmorency, se distingua à la bataille de Poitiers. Il étoit déjà maître d’hôtel du duc de Normandie en 1361, et de Charles VI, en 1388 (et en 1392). Il mourut vers cette époque. Le duc de Bourgogne, Philippe Le Hardi, lui donna, en 1386, un fermail d’or représentant un chérubin garni d’un rubis balais, de trois saphirs et de neuf perles (Froissart de M. de Lettenhove).
On voit un Jehan Braque, maître d’hôtel du duc d’Anjou en 1370. Il obtint, en 1388, des lettres de rémission pour avoir frappé de son épée un sergent du roi nommé Colin Doulxami. Est-ce le même, et est-ce aussi lui qu’Eustache Deschamps, dans son Miroir de mariage, mentionne comme faisant partie de quarante chevaliers faits prisonniers par les Anglois, en 1358, à la prise de la bastille des Tournelles près Moret?
On voit, au cabinet des titres, plusieurs pièces relatives à Jean ditTAUPiN de Chantemesle, seigneur de Laconsit.il fut
capitaine du château de Gisors, de 1362 à 1399. En 1364, il servoit sous son parent, Thibault de Chantemesle. En 1391, il avoit été envoyé en Angleterre par le roi , avec le sire de Blaru, pour certaine grosse besongne et avoit reçu pour cette mission 400 fr. d’or. Il étoit de retour le 20 décembre /Cabinet des titres).
On voit, en 1405, un Taupin de Chantemesle, écuyer, et en 1407, Taulpinet de Chantemesle, peut-être le même, qui étoient certainement de la famille de notre Taupin.
Estienne de Dreux dit Gauvain, d’une branche de la maison royale de France issue de Louis Le Gros, seigneur de Baussart et de Senonches, vicomte et capitaine de Dreux, étoit déjà maître d’hôtel du Roi, en 1386. Il donna son aveu de Senonches à Marie d’Espagne, duchesse d’Alençon, en 1350 et vécut fort longtemps après cette date.
Robert de Boissay, chevalier, fit sa montre (ou revue), ayant 20 écuyers sous ses ordres, à Montereau-faut- Yonne, le 22 août 1388, devant Taupin de Chantemesle commis par le roi à la recevoir. Il est cité dans les notes de M. le baron de Lettenhove sur Froissart, t. xvi, p. 303, comme ayant été envoyé par Charles VI en Angleterre après Taupin de Chantemesle (ce pourroit être une autre mission que celle de 1391, car alors Taupin étoit accompagné de Guillaume de Gantiers et Jehan de Sains et non du sire de Blaru) pour réclamer contre la non-publication des trêves en Guyenne.
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Gilles Malet est le bibliothécaire de Charles V que tous les bibliophiles connoissent. Il étoit seigneur de Soisy-sous- Étiolles.
Le Borgne de la Queue nous paroît devoir être Yon de Maintenon, probablement seigneur de la Queue près Houdan qui, en 1381, reçut l’aveu de Thomas de Braye, chevalier, seigneur de Villeconin pour la seigneurie du Marais. Il reçut du roi 200 fr. d’or, le 8 mars 1402 (1403 n. st.) et, en 1407, du sel pour les besoins de sa maison. Il avoit épousé Biette de Montaigu en premières noces. Antérieurement, et dès 1364, nous voyons Jehan et non Yon de Maintenon dit le Borgne de la Queue. Le 13 mai de cette année, il servoit, à Paris, sous le gouvernement du Prévôt (Hugues Aubriot) et reçut 112 fr. pour lui et les gens d’armes placés sous ses ordres. Peut-être, y a-t-il erreur dans le prénom et est-ce le même Borgne de la Queue que Yon et le nôtre? Jehan de Maintenon, dit cette fois le Borgne de Maintenon, est mentionné dans une montre de l’évêque de Chàlons reçue à Dreux le 23 juin 1356. [Pièces originales! .
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