‹ Le vicomte de Bragelonne; ou, Dix ans plus tard; complément des Trois mousquetaires et de Vingt ans aprèsChapitre 3 sur 25 · T. UI · texte numérisé non relu

T. UI

— Concevez-vous maintenant que je puisse avoir nn pli sur le front?

— Oh! oui.

— Concevez-vous que, malgré cette rondeur de fromage et cette fraîcheur de pomma d'afÀ^ malgré ces yeux hî^ lauts comme des charbons allumés, je sois arrivé à craindre de n'avoir plus même un fromage ni une pomme d*ap à manger, et de n'avoir plus que des yeux pour pleurer?

— C'est désolant.

— Je suis donc venu à vous, monsieur d'Artagnaa, ùêt vous seul pouvez me tirer de peine.

— Comment cela? .

— Vous connaissez Tabbé d'Herblay?

— Pardieu!

— Vous le connaissez mystérieiox?

— Oh! oui.

— Vous pouvez me donner l'adresse de son presbytère^ car j'ai cherché à Noisy-le-Seo, et il n'y est plus.

^ ï^rbleu! il est évêqua de Vannes.

— Vannes, ea Bretagne?

— Oui.

Le petit homme se mit à s'£ui*aefaer les cheveux.

— Hélas ! dit-il, comment aller à Vannes d'ici à demain à midi?... Je suis un homme perdu. Vannes! Vannes! <H'iait Baisemeaux.

— Votre désespoir me fait mal. Écoutez donc, un évoque ne réside pas toujours; monseigneurd'Hert)lay pourrait n'être pas si loin que vcms le craignez.

— Oh! dites-moi son adresse.

— Je ne sais, mon ami.

— Décidément me voilà perdu! Je vais aller me jeter aux pieds du roi.

— Mais, Baisemeaux, vousm'étonnez; comment, la Bastille pouvant produire cinquante mille livres, n'avez^vous pas poussé la vis pour en faire produire cent mille?

— Parce que je suis un honnête homme, cher monsienr d'Artagnan, et que mes prisonniers sont nourris con me des potentats.

^ — Pardieu! vous voila bien avancé; donnez-vous un« bonne indigestion avec vos belles nourriture», et crevez-moi d'ici à demain midi.

LE TICOMTE DE BftAGELOI^NE. «1

— Tniel! il a le cœur de rire.

-- Non, vous m'affîîgez... Voyons, Baisemeaux, ayeii-voQS DDi^ parole d'honneur?

— Oh! capitaine!

— Kh bien, donnez-moi votre parole que vous n'ouvrirez la bouche à personne de ce que je vais vous dire.

— Jamais ! jamais !

— Vous voulez mettre la main sur Aramis?

— A tout prix !

— Eh bien, allez trouver M. Fouquet.

— Quel rapport...?

— Niais que vous êtes!.. Où est Vannes?

— Dame!.*.

— Vannes est dans le diocèse de Belle-Isle, ou Belle-lsle dans le diocèse de Vannes. Belle-Isle est à M. Fouquet : M. Fouquet a fait nommer M. dUerblay à cet évêché.

— Vous m'ouvrez les yeux et vous me rendez la vie.

— Tant mieux. Allez donc dire tout simplement à M. Fou* quet que tous désirez parler à M. d'Herblay.

— C'est vrai! c'est vrai ! s'écria Baisemeaux transporté.

— Et, fit d'Artàgnan en Tarrétant avec un regard sévère, la parole d'honneur?

— Oh ! sacrée ! répliqua le petit homme en s'apprêtant à eomif.

— Où allez-vous?

— Chez M. Fouquet.

— Non pas, M. Fouquet est au jeu du roi. Que vous alliez ehez M. Fouquet demain de bonne heure, c'est tout ce que vous pouvez faire.

— J'irai; merci!

— Bonne cbance f

— Merci!

— Voilà une drôle ^histoire, murmura à .irlagnan, qui, après avoir quitté Baisemeaux, remonta lentement son escalier. Quel diable d'intérêt Aramis peut-il avoir à itbliger ainsi Baisemeaux? Hein!. 4. noias sattroçs cela un jour on l*amr^

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