‹ Le vicomte de Bragelonne; ou, Dix ans plus tard; complément des Trois mousquetaires et de Vingt ans aprèsChapitre 8 sur 25 · T. UI · texte numérisé non relu

T. UI

galopant s'arrôtèreat, e«, d'ttae voix coraraone, s'écrièrem que ce n'étaient pas des gouttes d'èara, mais bien des perle* ^ tombaient da coips de Maéh&me et s'allaient perdre dans fheurense rivière.

Le roi, centre de ces poésies et de ces lionmiages, imposa dlence anx ampHflcaictrrs dont la rert^ n'eût pas taxi, et tonma bride, de peur d'offenser, môme^wis les rideaux de «oie, la modestie de la femme et la dignité de !a princesse.

U se tt donc un grand vide dans h. scène et un grand sîlenee dans la barque. Aux mouvements, an jeu des pi», aux ondulations des rideaux, ond6rvinaitl^a&ées eivena^ des femmes empressées ï)oui leur service.

Le roi écoutait en souriant les propos de ses gentils^ bommes, mais on pouvait deviner en le regardant que son attention n'était point à leurs discours.

En effet, à peine le bruit des anneaux glissant sur le^ tringles eut-il annoncé que Madame était vêtue et que la déesse allait paraître, que le roi, se retournant sur-le-cbamp, et courant auprès du rivage, donna le signal à tous ceux que leur service ou leur plaMr appelaient auprès de Madame.

On vit les pages se précipiter, amenant avec eux les chevaux de main; on vît les calècbes> restées à couvert sous les branches, s'avancer auprès de la tentei, plus cette nuée de valets, de porteurs, «è femmes qui, pendant le bain des maîtres, avaient écïiangé à fécart leurs observations, leurs critiques, leurs (fîscussions dlntérêts, journal fugitif de cette époque, dont nul ne se souvient, pas môme les flots, mirobr des personnages^ écbo des discours; les flots, témoins que Dieu a précipités eux-mêmes dans Fîmmensité, comme il a précipité les acteurs dans l'éternité.

Tout ce monde enccFnd)rant les bords de la rivière, sans compter une foule de paysans attirés par le désir de voir te roi et la princesse, tout ce mondé fut, pendant huit ou dix minutes, le plus désordonné, le plus agréable pêle-mêle qu'on pût imaginer.

Le roi àvaôt mis pied à terre : tous les courtisans l'avaient Imité ; il avait oflFert la main à Madame, dont un riche habit de cheval développait la- taille élégante, qui ressortait sous ce vêtement de fine laine, broché d'argent.

Ses cheveux, humides encore, et phis foncés que le jais, mouillaient son cou si blanc et si pur. La joie et la santé bril-

LE VICOMTE DE BRAGELONNE. It7

htei do»6 SCS beaux yeasc; aile étààt rapop^^ nerveuse^ elle aspirait TâràlncB tiaili tooik paraioè iNP^éé qoe loi por- «ailvnfase. «»

fi«m de ploB iMiArey de fias ffadHO, âa pins j^ttqoe que ces devx figuras sayées «ans Fombre rose du parasol : je rai, dos^ les dents blancbia éclotaieKt ims «n continuel aoorke; Mathnio^ donn las fms. Mût bcUlaîent conuike deKK«scarbo«des au raflât màeacê de la soie ekangeante.

Qaamà, MBàum fat unMt à aoa clÊt^ii, magnifique hafoante mitjarwft, d*im Maoe safus lacba, un peu lourde peoftNèoe^nab^àlalôleiatalligatttaalfiM^daBs lacpieUeoii «elranraît le nélMiga du sttg Jiaba si hatoauBamant uni ani saag^ aspagMl, atà la kiigde quaoa balayant la terre ; confie hk piiaasisa sa faôMltpareseaiisa pdor atteinâre Fétrier, le roi la prit dans ses bras^ de telle faiçoaqoefo braade Madaine se tnmva eoauaa «A aerola de feaatt OM du reL

Loais, aa se fetemty afOawa kivotomaireBiaiit de sas lèvres ce bras qui aa s'élaîgaait pas. Puis, la princesse ayant nnacBié êtm royal éaufaryim^ la noade fot en selle au même instant.

Le m et ifadana sa nsgètaatpovlrisnr passer las cal^dMH,. las {nquaors^ ks eaorriais.

Bon nombre de cavaliers, affranchis d&)aug de Fétiquette, TmJÈnmt la main à leurs ctovoima et sTéiaacôrent après les €arrosfie»<psi amportaieBi les flMaa tf iwa Qnr,fraîcbes connae autant é*(kcades autour de Wana, et le» tourbillons, riant» jasant, bruissant, s'envolôrest.

La fui at IMaina anintiiirant leurs chevaux au pas.

Dteritoa Sa Majesté A la priMissa sa b^e-soour, nuds à nuaïaspeataaasa diitaMe, les aaonisaBs gnwes ou désiruex de se tenir à la portée et sous las regards du roi, suivirent, TSlcaaft laors cIwvmdc Impatients, rég^aat leur alhire sur a0iaéBceursl9r4ttroi«tdeibdaaia, et se livrèrent à tout ae que présaaia é» éoaoenr et d'agrément le commerce des gens d'esprit qui débitent avec courtqisie mille airoees noiraaan sur le ooBiplB da proehaint.

Dans les peils riras toiuiés, dans les réticences de cette hilarité sardosique, Moaaiaur, ce pauvre absent, ne fut pas ménagé.

Mais on s^ap^a, on gémît sur le sort de de €uiche, et. Il Caut Favouer, la compassion notait pas là déplacée.

148 LE VIGOMtE DE BRAGELONNE.

Cependant le roi et Madame ayant mis leurs cheyaox en haleine et répété cent fois tout ce que leur mettaient dans la bouche les courtisans qui les faisaient parler, prirent le petit galop de chasse^ et alors on entendit résonner sous le poids dp cette cavalerie les allées profondes de la forêt.

Aux entretiens à voix basse, aux discouif an forme de confidences, aux paroles échangées avec une sorte de mystère, succédèrent les bruyants éclats; depuis les piqueurs jusqu'aux princes, la gaieté s'épandit. Tout le inonde se mit à rire et à s*écrier. L'on vit les pies et les géais s'enfuir avec leurs cris gutturaux sous les voûtes ondoyantes des chênes, le coucou interrompit sa monotone plainte au fond des bois, les pinsons et les mésanges s'envolèrent en nuées, pendant que les daims, les chevreuils et les biches bondissaient, effar rés, au milieu des halliers.

Cette foule, répandant, comme en traînée, la joie, le bruit et la lumière sur son passage, fut précédée, pour ainsi dire, au château par son propre retentissement.

Le roi et Madame entrèrent dans la ville, salués tous deux par les acclamations universelles de la foule.

Madame s'empressa d'aller trouver Monsieur. Elle comprenait instinctivement qu'il était resté trop longtemps en dehors de cette joie.

Le roi alla rejoindre les reines ; il savait leur devoir, à une surtout, un dédonunagemem de sa longue absence.

Mais Madame ne fut pas reçue chez Monsieur. Il lui fut répondu que Monsieur dormait.

Le roi, au Ueu do rencontrer Marie-Thérèse souriante comme toujours, trouva dans la galerie Anne d'Autriche qui, guettant son arrivée, s'avança au-devant de lui, le prit par la main et l'emmena chez elle.

Ce qu'ils se dirent, ou plutôt ce que la reine mère dit à Louis XIV, nul ne l'a jamais su; mais- on aurait pu bien certainement le deviner à la figure contrariée du roi à la sortie de cet entretien.

Mais nous, dont lé métier est d'interpréter, comme aussi de faire pai^ au lecteur de nos interprétations, nous manquerions % notre devoir en lui laissant ignorer le résultat de cette entrevue.

Il le trouvera suffisamment développé, nous l'espérons da moins, dans le châtre siivant.

Page 1