I. Expressions du vicomte dans la séance du 3 octobre
VOUS avez reproché à ma dernière rédaction d'être trop longue, j'ai supprimé dans celle-ci tous les détails et vous m'accusez d'être trop court. En vérité, je ne sais comment l'aire pour vous obéir, car enfin, il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. »
11 était de service le 5 octobre, et nous possédons son témoignage sur celte journée, où sa présence au bureau lui permit de suivre heure par heure la marche des événements. Dès le matin, à l'ouverture de la séance, la physionomie de rx\ssemblée avait été sombre et houleuse. Le repas olTert par les gardes du corps au régiment de Flandre, l'apparition de Louis XYI et de la Reine dans la salle du banquet, l'elTervescence royaliste qui s'y était manifestée, la prétendue insulte qu'y avait reçue la cocarde tricolore agitaient profondément les esprits. On s'inquiétait de Paris dont on était sans nouvelles précises, mais qu'on savait très surexcité. L'on attendait avec impatience la réponse du Roi à la demande d'accepter la déclaration des droits de l'homme et les articles déjà votés de la Constitution. Au bout de quelques instants, le président Mounier donna lecture de cette réponse faite sous forme de message, et où se reconnaissaient la touche un peu molle, le style abstrait et compliqué de M. Necker. Le Roi adhérait aux articles constitutionnels tristement, de mauvaise grâce, laissant voir qu'û les trouvait défectueux, et cju'il cédait sous la pression de nécessités douloureuses, mettant d'ailleurs une condition à son acquiescement, c'était que l'ensemble des institutions projetées assurât entre ses mains la plénitude du pouvoir exécutif. Quant à la déclaration des droits de l'homme, il annonçait l'intention d'en ajourner l'examen. « Elle contient, disait le message, de très bonnes maximes, propres à diriger vos travaux, mais les principes, susceptibles d'applications et même d'interprétations différentes, ne peuvent être justement appréciés et n'ont besoin de l'être qu'au moment où leur véritable
sens est fixe par les lois auxquelles ils doivent servir de première base. »
Divers orateurs du parti df'mocratirpie : Robespierre, Duport, Pétion, Grégoire, Goupil de Préfeln, demandèrent la parole. Ils étaient fort loin d'exprimer les sentiments du vicomte, et celui-ci pris d'impatience répliqua de sa place que la réserve formulée par le Roi en acceptant les articles constitutionnels avait été parfaitement légitime et motivée ; que la déclaration des droits se composait de purs lieux communs, et qu'à force de saper la Monarchie, on mènerait la France aux abîmes. La majorité ne le laissa pas achever. Lne bordée de cris et de menaces accueillit sa protestation ; des voix furieuses réclamèrent son rappel à l'ordre, et les explications qu'il essaya d'ajouter se perdirent au milieu du bruit.
Le silence se rétablit, lorsqu'après un discours de Barère, l'on vit émerger de la tribune la tète léonine de Mirabeau. Le grand tribun était sombre, pliant sous l'étreinte de sentiments contradictoires, et sous le poids de la politique ambiguë à laquelle le condamnait sa situation. Mieux que personne, il apercevait le flot montant de la démagogie, l'imminence du péril social, la nécessité de restaurer au plus vite un pouvoir indépendant et fort. C'était sous l'empire de ces idées qu'il avait repoussé la proposition de ^ olnevet que, dans la question du veto, il avait, au détriment de sa popularité, soutenu les prérogatives de la couronne. Mais cette popularité, son bou-
popu]
clier et son arme offensive, il n'entendait la risquer tout à fait, qu'au profit d'un système qui fût le sien, que moyennant la certitude d'être un conseiller écouté, sinon un ministre immédiat, et la lenteur de la Cour à comprendre ses avances publiques et secrètes le blessait au vif de l'orgueil. Il attribuait ce mauvais vouloir aux dispositions hostiles de la Reine : il ne pardonnait pas à M. Xecker de repousser avec une pruderie dédaigneuse ses offres de
concours en vue du salut de l'État. Les iuflucnccs ennemies, les rivalités ouvertes ou sournoises qu'il rencontrait à Paris et dans l'Assemblée achevaient de le rendre soucieux. A Paris, auprès du peuple et surtout de la bourgeoisie, son étoile semblait pâlir devant celle de Lafayette. Dans l'Assemblée, il se savait plus d'admirateurs que de lidèles, plus de renommée que de considération et plus de prestige oratoire que de véritable autorité. Haï de la droite, miné sourdement à gauche par le triumvirat Barnave, Duport et Lameth, il avait encore à se défendre contre les méfiances des Impartiaux, des monarchistes h l'anglaise, les Malouet, les Mounier, les Lally, les Viricu, les Clermont-Tonnerre, qui le soupçonnaient de rêver un changement de dynastie et de servir le parti d'Orléans. Jusquelà, il était parvenu à cacher sous des habiletés et des audaces de parole, le désir de rompre avec son passé d'agitateur, la crainte de le faire inutilement ou mal à propos. Mais dans cette matinée du 5 octobre, pris de court et serré à la gorge par les événements, il ne put dissimuler le combat fjue se livraient en lui la raison et la rancune, l'ambition irritée et la prescience mélancolique de l'avenir. Son langage fut contraint, embarrassé, tantôt d'une modération singulière, tantôt mêlé de sous-entendus menaçants. Il s'exprima sur le message en termes évasifs, éludant la question de droit, évitant d'incriminer Louis XVI, et concluant à une simple demande d'éclaircissements, mais faisant pressentir une collision certaine et terrible si le Roi s'obstinait contre l'Assemblée. Sur l'affaire du banquet des gardes, il s'était montré tout d'abord très prudent, très circonspect, très disposé même à étouffer le débat. Une interruption partie de la droite le fit éclater tout à coup. Comme le marquis de Monspey interpellait Pélion, l'accusateur des gardes, et le sommait déconsigner ses dires dans une dénonciation écrite et formelle, «je trouverais souverainement impolltique, répondit Mirabeau, la dénoncia-
tion qui vient d'être provoquée. Cependant, si l'on persiste à la réclamer, je suis prêt, moi, à fournir tous les détails et à les signer. Mais auparavant je prierai rx\ssemblée de déclarer que la personne du Roi est seule inviolable, et que tous les autres individus de l'État, quels qu'ils soient, sont également sujets et responsables devant la loi. » A cette phrase lentement scandée, un frisson courut dans la salle. L'allusion à la Reine avait été saisie.
L'incident n'eut pas de suite, néanmoins, grâce à la fermeté de Mou nier, et l'on reprit la discussion soulevée par le message royal. Maury, Camus, M. de Larochefoucauld parlèrent. ^laisl'atlentiondel'Assemblée était ailleurs. Le bruit venait de se répandre qu'une insurrection avait éclaté à Paris et que le peuple marchait sur Versailles. Beaucoup de députés sortirent pour aller aux informations. Le vicomte, ayant suivi les curieux, rencontra près des petites écuries l'abbé Sievès, en conversation avec un inconnu, et l'entendit au passage tenir ce propos énigmatique : « C'est singulier. Le mouvement se fait en sens contraire, je n'y comprends rien. » Quand il revint siéger au bureau, l'anxiété se lisait sur tous les visages; les avis alarmants se succédaient. Mirabeau regrettant peut-être son accès de colère, et d'autant plus inquiet sans doute qu'il était mieux renseigné, s'était approché du fauteuil de la présidence, et un dialogue à voix basse avait eu lieu entre lui et Mounier. — « Monsieur le président, avait dit Mirabeau, laissez-moi vous conseiller de presser la délibération, même de lever la séance, même au besoin de vous trouver mal. — Eh ! pourquoi donc. Monsieur ? — Voici une lettre m'annonçant que 4o ooo hommes vont arriver de Pans. — Raison de plus pour que nous restions à notre poste. — Mais, monsieur le Président, on vous tuera. — Eh bien ! soit 1 La chose publique n'en ira que mieux, si nous sommes tous tués, mais tous, entendez-vous bien, monsieur le comte. — Le mot est joli, monsieur le Président, »
LE VrCOMTE DE MIRABEAU DEPUTE I 20
"Vers trois heures et demie, la délibération aboutit enfin à un vote. Il fut arrêté que le président, à la tète d'une députation, se rendrait, aussitôt, auprès du roi, et le prierait d'accepter entièrement la déclaration des droits et les articles constitutionnels. Mais bientôt un violent tumulte se fit entendre, sept ou huit mille femmes et des faubouriens de Paris vociféraient a la porte de l'Assemblée et peu après en forçaient les portes.
Les femmes surtout se montraient animées, elles étouffaient de leurs embrassements M. de la Luzerne, évêque de Lanières, qui, en l'absence de Mounier, avait pris le fauteuil de la présidence, et elles se jetaient au cou des députés ; leur seul regret était de ne pas voir Mirabeau, lequel avait ju2;é opportun de se dérober. Un groupe composé des plus vives et des plus hardies se pressa autour du vicomte, lorsque celui-ci eut à libeller comme secrétaire le texte définitif du décret. Parmi elles, plusieurs, la voix rauque, le geste brusque, lui firent l'effet d'hommes déguisés. Chez d'autres, au contraire, il crut remarquer certaines expressions, certaines allures en désaccord avec leurs humbles vêtements. Une de ces dernières, belle fille aux grands veux noirs, aux traits allongés et réguliers, se penchait familièrement sur son épaule. Le voyant recommencer une page raturée : « Est-ce qu'un député, dit-elle, doit soigner son écriture comme un commis de bureau ?» A peine rédigé, le décret fut remis, sur l'ordre du président, aux citoyens et citovennes. Cette singulière déférence ne réussit qu'à les rendre plus impérieux. Dès voix s'élevèrent pour exiger la taxe à bas prix de la viande et de la chandelle.
Il était neuf heures et demie. La séance durait depuis neuf heures du matin. M. de la Luzerne consentit enfin à descendre du fauteuil, et la plupart des députés sortirent à la suite, laissant la place libre aux envahisseurs. Le vicomte et quelques-uns de ses collègues eurent la curiosité
de demeurer. Ils virent bientôt arriver Mounier qui, sans rien connaître des incidents survenus en son absence, rapportait l'entière soumission du roi aux volontés de l'Assemblée. Louis XYI retirait ses observations sur les articles constitutionnels, et sanctionnait la déclaration des droits.
A cette nouvelle, la foule applaudit, puis elle s'encjuit naïvement : « Si c'était bien avantaG:eux, si cela ferait avoir du pain aux pauvres gens de Paris. » Les poissardes, entrées en conversation avec Mounier, lui parlaient sur un ton moitié rude, moitié plaisant. « Pourquoi avez-vous défendu ce vilain Veto ? Prenez bien garde à la lanterne. y> Et Mounier se crovait oblipfé de leur présenter des explications. Au plus fort de ses raisonnements, elles s'échappèrent, attirées par un cliquetis de bouteilles. Le buvetier parcourait l'assistance et distribuait du vin à la ronde, outre des pâtés, des cervelas, des jambons, des fruits, des liqueurs. En un clin d'œil, la salle des délibérations prit l'aspect d'un cabaret de barrière. Toute la tourbe déguenillée se mit à manger, à trinquer bruvamment, à salir de ses victuailles les pupitres et les bancjuettes, sans égard pour la majesté du lieu. On s'indignait parmi les rares députés présents ; on voulait savoir par quel ordre et à quel compte se faisait cette bombance populaire. Deux personnes posèrent la question au buvetier devant le vicomte de Mirabeau. « Avez-vous envie de vous ruiner, demandaient-elles. Qui est-ce qui pavera la dépense ? M. le duc d'Orléans, répliqua l'bomme, a dit que je pouvais donner. »
Sur les minuit parut M. de Lafavette. Il venait d'entrer à Versailles, suivi, ou plutôt escorté de Cjuinze mille gardes nationaux. Ses soldats l'avaient contraint de marcher et mis à cheval quasi de force. A cette nouvelle, le roi ordonna à Mounier de rouvrir la séance. On réussit à refouler dans les galeries la majeure partie des intrus, et, comme il importait d'éviter les sujets brûlants, la discussion porta
Li: VICOMTi: DE MIRXIJEAU DÉPUTÉ 12^
sur le Code criminel. ^ ers trois heures du malin Lalayetle pénétra dans les couloirs de l'Assemblée. 11 venait déclarer à Mounier que l'ordre ne courait plus aucun risque et que Versailles sommeillait dans un calme parfait. Sur celte aflirmalion, Mounier brisé de fatigue, congédia ses collègues, puis s'achemina vers son modeste logemcnl de provincial, tandis que M. de Lafayelte, béat, satisfait, imperturbable, allait dormir à l'hôtel Noailles de ce court et malheureux sommeil qui devait tant lui être reproché. On sait les lamentables scènes de la matinée du () octobre.
Le vicomte avait été un des premiers à se porter aux abords du château, malgré la notoriété compromettante de sa grosse personne. En redescendant la place d'Armes, il fut croisé par le suisse de M. de Talaru. Cet homme lui raconta (|ue le coupe tèle — un modèle d'atelier taillé en colosse — s'était présenté à l'hôtel Talaru pour y demander (lu vin. « Je suis fatigué, avait dit le coupe-tête : pourtant, j'ai man([ué le meilleur coup, j'ai manqué la reine. On ne sera pas content de nous. »
Plus loin, à la buvette de la rue des Chantiers, le vicomte apprit que l'Assemblée tout entière était mandée chez le roi et convoquée d'urgence au salon d'Hercule. Le duc d'Orléans et son ami M. de Biron venaient à passer. 11 leur communiqua la nouvelle, et, les suivant du regard, il les vit à quelque distance accoster des gens mal vêtus et d aspect inquiétant. Dans la salle des Menus où il pénétra ensuite, les députés formés en groupes discutaient avec animation. Les uns soutenaient que la conscience, la loyauté, l'intérêt politique ordonnaient d'obtempérer sans retard à l'invitation du souverain. D'autres, plus nombreux, combattaient cet empressement au nom de la dignité législative, et refusaient de se prêter à toute démarche avant que l'Assemblée en eût délibéré. Leur opposition rendait un vote nécessaire. Mounier ouvrit pré-
cipitammcnt la séance et les attentais commis lui inspiraient une telle horreur, il jugeait le trône et la société si menacée, qu'il n'hésita pas à sortir de la réserve imposée au président. En termes émus, il adjura les Constituants d'écarter les questions d'amour-propre et d'étiquette. Il les supplia — puisque l'on invoquait leur dignité — de réfléchir qu'elle consistait dans le sentiment du devoir, et que le devoir exigeait leur présence auprès du roi en danger. Mais le parti de la majorité était pris. Certains députés redoutaient jusqu'à l'apparence d'une solidarité avec la Cour. Beaucoup gardaient rancune à Louis XA I de les avoir appelés déjà la nuit précédente et laissé partir sans leur demander conseil. L'Assemblée, sur la motion de Mirabeau, prescrivit simplement l'envoi d'une députation de trente-six membres.
A cet instant, des décharges de mousqueterie s'étant l'ait entendre, une rumeur subite arriva du dehors : « Le roi va se réfugier au milieu delà représentation nationale. » Il fut aussitôt résolu que deux députés iraient s'assurer des intentions de Louis XVI, et le vicomte dut sans doute à son titre de secrétaire d'être choisi pour cette mission, conjointement avec Target. En montant les rampes du château, l'un et l'autre crovaient à de nouveaux crimes. Ils eurent le spectacle imprévu d'un attendrissement général. Le roi s'était engagé à transférer sa résidence dans sa bonne ville de Paris, et ce peuple — ce peuple des premiers temps de la Révolution que l'habitude du sang versé n'avait pas encore endurci — passait brusquement de la frénésie à l'enthousiasme. Il éclatait en bravos à la vue de Lafayette baisant devant lui la main de la reine ; il applaudissait les gardes du corps prenant la cocarde aux trois couleurs et fraternisant avec les gardes nationaux. Embrassades, serments, vivats, fusils tirés en siarne d'allégresse, rien ne manquait à cette réconciliation, où il n'y avait de sacrifié que la monarchie.
L'Asseniblw montra iiiliniineiil plus do l'roldcur, quand, au retour de ses délégués, elle tut instruite de la promesse arrachée à la débonnaireté de Louis XVI. Pour la seconde fois, dans l'espace de quelques heures, elle se trouvait en présence d'un fait accompli, alors qu'elle avait pu s'attendre à être consultée. Sans approbation ni protestation d'aucune sorte, elle exprima sèchement, en un décret de deux lignes, sa volonté « de ne pas se séparer du roi pendant la durée de la session ». — Le rôle des trente-six commissaires qu'elle avait nommés antérieurement pour conférer avec lui se réduisait désormais à une pure formalité. Inscrit parmi les membres de cette députation, le vicomte prit place dans leurs rangs, où figuraient, entre autres noms connus, Barnave, Custine, Pétion, Tronchet, Rabaud Saint-Etienne. L'audience à laquelle il assista, la dernière qu'ait vue le palais de Versailles, fut banale et précipitée. L'abbé d'Eymar qui portait la parole joignit une phrase de bienséance à la lecture du décret, oi'i le souverain à demi découronné témoignait en style de l'époque « la vive sensibilité que lui causait la déclaration des Constituants». Bientôt après, passait devant l'hôtel des Menus une longue fde de voitures, précédée, environnée et suivie de gardes nationaux, de dragons, de faubouriens brandissant des piques, de gardes du corps à pied et désarmés, de poissardes agitant des branches d'arbres, de filles du ruisseau juchées sur des canons. C'était la famille royale que l'on menait à Paris. Autour d'elle, la rage démagogicjue un moment apaisée, semblait à toute minute sur le point de se réveiller. Des refrains outrageants, des couplets d'une obscénité sinistre parvenaient jusqu'au carrosse, où Marie- Antoinette se tenait intrépide et fière à côté de Louis XVI impassible et silencieux. Edmond Burke s'est étonné que, chez une nation réputée chevaleresque, dix mille épées ne soient pas sorties du fourreau pour venger la reine de la seule menace d'une insulte. Assurément ni les hommes
d'épée ni les braves cœurs ne faisaient défaut clans le nombre des députés rangés sur le clieniin des augustes otages; combien, même de ceux que leurs opinions attiraient vers la gauche, se fussent levés aux journées d'octobre, si un prince militaire les eût appelés à lui, en donnant l'exemple de l'action. Mais l'expérience de tous les temps l'a prouvé, les plus fermes courages, les plus énergiques dévouements demeurent inertes et glacés auprès des pouvoirs cjui s'abandonnent.
La souveraineté de la nation s'inclinait décidément devant la souveraineté de la rue. Les dernières possibilités de transformations pacifiques, les dernières chances d'éviter un bouleversement allaient s'évanouir. Le roi et l'Assemblée devenaient tous les deux prisonniers du peuple de I^iris,