‹ Le Vicomte de Mirabeau (Mirabeau-Tonneau) 1754-1792 --Chapitre 17 sur 47 · I. V. Gazette de Paris, 21 avril: Actes des Capucins; le · texte numérisé non relu

I. V. Gazette de Paris, 21 avril: Actes des Capucins; le

L'essai de réunion publique imaginé par les membres de la droite n'avait pas tourné de façon à leur donner envie de le renouveler. Ils prirent le parti de revenir modestement aux réunions privées, de déserter même le couvent des Capucins trop voisin du Palais Royal, et de transporter leurs assises sur la rive gauche. Le 21 avril, ils s'assemblèrent à la Sorbonne, espérant sans doute échapper aux avanies dans ce paisible cpiartier. C'était mal connaître Paris et sa badauderie violente. A Paris, quand la foule tient un amusement, elle s'y attache, elle s'y acharne, elle en jouit avec fureur jusqu'à ce que la satiété survienne, et, en avril 1790, faire bacchanal aux oreilles des. aristocrates, interrompre ou troubler leurs délibérations était pour cette plèbe la distraction à la mode, le plus attrayant, le plus recherché des plaisirs. Il y eut devant la Sorbonne un tumulte, organisé selon les règles du genre et magistralement exécuté. En tête des manifestants figurait le marquis de Saint-Huruge, gentilhomme tombé de chute en chute dans les bas-fonds de la démagogie, sorte de tribun fougueux et d'aboyeur patenté, que ses admirateurs appelaient : « le grand maître des cérémonies populaires. » Reconnaissable à sa taille de géant, à sa voix de tonnerre, à sa mise débraillée, à sa barbe inculte, il conduisait et stimulait du geste ses sous-ordres avinés. Les députés qui discouraient dans la vieille maison de la scolastique firent quelque temps bonne contenance malgré les hurlements poussés en leur honneur ; mais, comme la sérénade s'accentuait, on vint leur dire qu'elle était un simple prélude, et qu'ils devaient s'attendre à une descente en masse du faubourg Saint-Marceau. Cette perspective inspira des réflexions aux moins craintifs. Successivement tous déguerpirent, et la Sorbonne ne les revit plus^.

Be profundis de l'Aristocratie; le Passeport des Capucins, etc.

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