I. Forneron, Histoire des émigrés
LE VICOMTE I»!: MlUABEVU
comte d'Artois, ses deux enfants, mon iirand-père, mon père et moi. »
Et voici comment, à l'arm 'e des aristocrates, le pauvre Louis XYI, et même le comte de Provence étaient cavalièrement reniés.
La correspondance de Boniface nous met également au courant de plusieurs visites qui lui causèrent beaucoup d'orgueil et de joie.
« Le fameux Burke est venu me voir : il m'a dit les choses les plus flatteuses ; il a prétendu que je soutiendrai de l'épée, comme il fait de la plume la cause de la monarchie. »
« Cazalès a passé par ici, nous nous sommes embrassés ; seulement il réclame des États Généraux, et moi, je veux un roi 1 »
En octobre, il saisit au passage l'abbé Maurv, qui avait quitté Paris après la clôture de l'Assemblée constituante, arrivait de Bruxelles, et se rendait à Rome, où Pie VI l'avait nommé évèque de Nicée In partibiis. Il fut chargé dans la suite de représenter le Pape à la diète assemblée à Francfort pour l'élection du successeur de Léopold.
A oici comment le vicomte parle de son ancien collègue :
« L'abbé Maurv marche de triomphes en triomphes, il est partout ce qu'il doit être et c'est à Rome qu'il trouvera la fin de son apothéose. Il dîne dimanche à Bruchsaal, et l'apparition de quelques jolies femmes ne nuira pas à la réception c|ue lui prépare le bon évêque de Spire. Il est toujours le même, gai, aimable et éloquent. Il ne s'enivre pas d'encens, mais bien de sensibilité. Le Pape l'attend, et il ne peut cjuitler le chemin de l'bonneur. Il ne s'en est écarté que de quelques lieues : c'était pour aller faire sa cour au prince de Condé ; l'erreur est pardonnable.
« Il dit que l'Assemblée nationale actuelle n'a pas la faveur populaire, parce que nous étions des scélérats et qu'eux sont de la canaille. Selon lui ce n'est pas la même chose. »