I. Les avances faites par le marquis pour le compte de son
qG le vicomte de MIRABEAU
Aicomte se récria en parcourant ce tableau, où figuraient des obligations et des déjDenses de tout genre que son père avait acquittées pour lui : lettres de cliange, billets souscrits, mémoires de fournisseurs, jusqu'à des gages des domestiques, des locations de voitures et des notes de limonadier. '.( Il y a douze mille francs à nier absolument », écrivait-il sur l'une des pages. La perspective entrevue dans le grimoire du notaire l'eût moins effarouché, s'il avait aperçu à l'horizon comme ressource intacte et disponible la partie de la donation maternelle payable en 1790. Malheureusement, il n'avait point à douter qu'elle ne fût absorbée par anticipation, bien avant le jour de l'échéance. Le chiffre de ses dettes, antérieurement reconnues et vérifiées, égalait déjà la presque totalité de cette somme, et il vivait en escomptant le surplus. Nous trouvonsà la date du 20 juillet 1 789 un emprunt de 4 000 livres contracté par lui sous la caution de sa mère, afin de couvrir — disent les termes de l'acte — « les frais que lui occasionnait son séjour à Versailles et la mort de M. le marquis de Mirabeau^ ». On voit que le conseil « sage et habile » institué tout exprès pour lui lier les mains, ne remplissait pas son office avec une trop grande sévérité. Néanmoins cette tutelle — si peu gênante qu'elle fut — importunait Boniface. Il s'y était soumis sur l'injonction de son père : le marquis disparu, il songea bientôt à s'en affranchir. Une requête adressée en son nom au lieutenant civil du Chàtelet - exposa que le
second fils s'élevaient à 42 ^98 livres, mais comme d'autre part la succession devait au vicomte i4 ii5 francs, celui-ci ne se trouvait en définitive reliquataire que de 28 383 livres-papiers provenant de l'étude Demautort. Bref état pour complet entre la succession de M. le marquis de Mirabeau et M. le vicomte de Mirabeau.
1. Papiers Demautort. Obligation souscrite par le vicomte de Mirabeau à M. Espaulart, avocat.
2. Arcki<>'es nationales, J 5x83. Mainlevée du Conseil donnée au vicomte de Mirabeau.
paiement complet de ses créanciers ('tait garanti par le versement dotal auquel il aurait droit l'année suivante ; que l'ouverture de la succession paternelle assurait dans l'avenir sa solvabilité, et que des lors il se croyait fondé à réclamer la libre administration de ses affaires. Appelé à s'expliquer en justice, il soutint son dire avec aplomb, ce qui n'étonnera pas, et ses arguments furent admis, ce qui surprendra davantage. Le Châtelet, rapportant sa sentence du mois de février précédent, rendit au député de Limoges la pleine capacité civile, dont la privation est toujours aussi messéante pour un législateur que désobligeante pour un prodigue.
Au commencement d'août, le vicomte était revenu à son banc. Hlen n'y indique cependant sa présence dans la mémorable nuit, où l'Assemblée, prise d'une ivresse de rénovation et comme d'un vertige patriotique, démolit en îuoins de six lieures tout l'ancien édifice social. Cette avalanche de motions et de votes, qui emporta les droits féodaux, la dime, les jurandes, la vénalité des offices, les franchises des villes, les privilèges des provinces, les conditions de naissance pour l'accès aux emplois militaires et civils, se produisit soudainement à la suite d'observations présentées par deux membres de la noblesse dissidente : Louis de Noailles et le duc d'Aiguillon. Plusieurs députés iiotables étaient absents ; Mirabeau ne se trouvait pas à la séance, et il serait fort possible que son frère se fût également dispensé d'y assister. Au reste, les protestations, s'il y en eut, durent se perdre au milieu du transport universel. L'entraînement avait gagné les rangs de la droite, et, une fois lancée, elle ne chercha plus qu'à se distinguer par une émulation de sacrifices. Grands seigneurs, hauts dignitaires de l'Église, nobles d'épée et de robe oublièrent en un instant leurs résistances delà veille, leurs traditions de caste, la teneur même des mandats sollicités et reçus. C'était à qui apporterait une nouvelle offrande, à qui
serait le plus impatient de se dépouiller et de dépouiller autrui. On n'examinait pas : on ne discutait pas ; il ne se faisait ni objections ni réserves ; on applaudissait, on acclamait, on pleurait d'attendrissement et de bonheur. Les spectateurs des tribunes n'avaient plus sous les yeux un corps délibérant, mais une réunion de cœurs battant à l'unisson, de poitrines vibrant toutes ensemble, d'hommes électrisés, radieux, luttant de générosité, rivalisant de civisme, et, de leurs mains fraternelles, allumant un immense feu de joie, où chacun jetait à son tour quelque lambeau du passé. Le lendemain, la fièvre était tombée ; l'on réfléchit, et, au dedans comme au dehors de l'Assemblée, les regrets, les mécontentements, les critiques se manifestèrent. La majeure partie des représentants de la noblesse et beaucoup de ceux du clergé se sentaient atteints de remords au souvenir des institutions confiées à leur garde et qu'ils avaient livrées si allègrement. Les esprits sages, à la façon de Mounicr et de Maloaet, quoique approuvant en principe les destructions accomplies, déploraient qu'on les eût opérées d'un seul coup, sans tenir compte des droits acquis, ni des habitudes prises, ni des transitions nécessaires, et surtout qu'on eût fait table rase, avant de s'être mis d'accord sur les movens de réédifier. Mirabeau, toujours sévère pour les décisions qu'il n'avait pas inspirées, qualifiait en termes de mépris cette dangereuse imprévoyance. Sievès, d'ordinaire si radical, si esclave delà pure logique, portait déjà sur certains Aotes, et notamment sur l'abolition des dîmes, le jugement résumé depuis dans son mot fameux : « Ils veulent être libres, et ils ne savent pas être justes. » M. Xecker, avec l'ironie pincée qui s'alliait en lui à la parfaite satisfaction de soi-même, reprochait aux deux premiers ordres « d'avoir inauguré leur désintéressement par un entier oubli de la chose publique ^ » Dans
I. Expressions de M. Necker dans son livre sur la Révolution française.
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les salons liostilos à la Ucvolution, il n'y avait pas assez de sarcasmes ponr les héros de la nuit du t\ août. Hivarol les comparait aux Japonais chez lesquels le point d'honneur est de s'ouvrir le ventre en compagnie. D'autres leur imputaient de médiocres sentiments cachés sous le manteau d'une abnégation fastueuse. On montrait les cadets de bonne maison enqnessés et ravis de sacrifier aux besoins de l'État le superflu de leurs trop heureux aînés, on s'égavait aux dépens des curés offrant à la Patrie le temporel de leurs évècpies ; telle proposition retentissante était charitablement attribuée au dépit qu'avait éprouvé son auteur d'être lésé par celle d'un collègue et au désir qu'il avait eu de s'en venger sur le voisin. Ces repentirs, ces improbations, ces railleries et plus encore la force des choses, l'antagonisme persistant des intérêts, dissipèrent en peu de joins les rêves de concorde. Lorsqu'il fallut convertir en décrets les résolutions adoptées d'enthousiasme, leur donner une forme définitive et calculer leurs elTets pratiques, toutes les divisions reparurent ; la Constituante se retrouva scindée en trois fractions ennemies; ime majorité de gauche, enivrée de ses victoires, grisée de ses théories, crovant posséder la vérité absolue et joignant à l'intolérance de la passion les témérités de l'inexpérience; un tiers parti, honnête, judicieux, mais peu compact, peu influent, sans point d'appui dans l'opinion et sans vues nettement arrêtées ; une minorité de droite, impolitique, aigrie, jalouse ou défiante de ses chefs, disposée à prendre la turbulence pour de l'énergie, ses illusions pour des réalités et ses rancunes pour des doctrines.
La grande haine de la droite et surtout du groupe extrême auquel appartenait le vicomte, n'était pas contre les gens du tiers ; elle portait sur les transfuges de la noblesse : d'abord sur le duc d'Orléans, Mirabeau, Lafayette, l'évêque d'Autun ; ensuite sur les gentilshommes démocrates et philosophes^^uijavaient pris l'initiative de
lOO LE VICOMTE DE MIRABEAU
la réunion des Ordres et qui venaient de se signaler encore, le 4 août, par l'expression de leurs sentiments populaires : le duc d'Aiguillon, le duc de Liancourt. les Xoailles, les Biron, les Custine, les Lameth, les Montesquiou, les Arthur Dillon, les Mathieu de Montmorency. Quelquesuns de ces derniers occupaient des charges de Cour ; quelques-uns avaient hrillé dans la société intime de la reine ; presque tous devaient l'éclat ou le relèvement de leur famille aux bienfaits de la monarchie. Si bien intentionnés, si vraiment sincères que pussent être certains d'entre eux, le contraste de leur attitude et de leurs antécédents offrait une large prise à l'animosité publique. Ils étaient envisagés et traités dans le camp adverse non seulement comme des déserteurs, mais comme des traîtres et des ingrats. Le vicomte, en particulier, ne les ménageait guère. Il les criblait de ses plaisanteries, il leur lançait des mots provocants, et ce fut par un discours à leur adresse qu'il fit ses débuts oratoires devant l'Assemblée nationale. Le 8 août, alors qu'on discutait les plans financiers de M. ?sccker, il demanda la parole pour une motion :
« Messieurs, dit-il, je n'ai pu refuser un tribut légitime d'admiration à la force d'àme de l'honorable membre, qui, le premier, a donné l'idée et l'exemple du sacrifice des intérêts de ses commettants et des siens à l'aperçu du bien général, dont il a cru voir le germe dans la disposition de l'arrêté qu'il a proposé.
« Je suis si profondément pénétré de ce même sentiment d'admiration, que je ne doute point que l'auteur de la motion et ceux qui l'ont appuyée n'attendent une occasion favorable pour faire l'abnégation glorieuse de quelques jouissances plus personnelles et plus directement utiles aux besoins urgents de l'État. »
A cet exorde, tous les regards se tournèrent vers Louis de Xoailles, le promoteur de l'arrêté relatif aux droits
léodaiix. Satislait d'avoir éveillé l'attention, le vicomte déclara que ses commettants étaient unanimes à blâmer le cumul des grâces et des emplois ; qu'il partageait leur avis, et que, pour s'y conformer, il abandonnait la pension obtenue en récompense de ses services dans la campagne d'Amérique. Puis, reprenant le ton de gravité narquoise sur lequel son allocution avait commencé, il poursuivit :
« Je propose de nommer un comité cliargé de recevoir, avec reconnaissance, l'abandon volontaire que les membres de cette respectable assemblée pourront faire des grâces exagérées dont eux et leurs familles sont comblés...
« Si l'Assemblée se détermine à mettre à profit cet élan de patriotisme, qui, sans doute, ne s'affaiblira jamais, mais dont il est quelquefois essentiel de saisir le mouvement instantané, je suis persuadé qu'on verra cesser les abus multipliés qui ont nécessité des plaintes de mes commettants ;
« Que telle personne, qui a obtenu des secours énormes et perpétuels pour soutenir un grand nom, croira que sa façon de penser et son énergie doivent seuls en maintenir la gloire, et fera le sacrifice de ce qu'elle tient du souverain ;
« Que ceux qui, après avoir réuni sur leurs têtes toutes les grâces réservées aux courtisans, ont encore obtenu celles dues aux guerriers actifs et utiles, feront à l'État et à euxmêmes la justice de se dépouiller librement des unes ou des autres ;
« Que celui qui, chargé d'un gouvernement aux portes de Paris, en possède un autre aux frontières les plus éloignées du royaume, s'empressera de ne garder que celui des deux auquel il peut donner une surveillance active ;
« Que si quelqu'un a trouvé le moyen de faire payer à la nation ses dettes personnelles, il lui offrira le remboursement des avances qu'elle lui a faites, dans un moment où elle a besoin de toutes ses ressources ;
« Que d'autres demanderont qu'on annule les échanges onéreux au roi et à l'État qu'ils ont sollicités ;
« Que les personnes qui ont bâti presque sous nos yeux un palais sur un terrain domanial se trouveront, par la prompte restitution d'un dépôt amélioré, être les bienfaiteurs de la patrie.
« Qu'une seule famille, enfin, qui est dénoncée par la clameur publique pour posséder deux millions de revenus en grâces et bienfaits, se fera un devoir de renoncer aux uns et de justifier au public les services qui ont mérité les autres.
...« J'imagine qu'on ne s'arrêtera point au sacrifice des pensions et des grâces connues, et qu'on renoncera généreusement aussi à ces traitements obscurs sur les fermes, les régies, les postes, les provinces d'État, etc., car l'insatiabilité est un Protée qui s'enveloppe sous toutes les formes, et il sera bien doux à la nation de la voir entièrement démasquée en ce jour par un dévouement patriotique.
...« Je vais relire la rédaction d'arrêté que je propose:
« 11 sera nommé sur-le-champ un comité chargé de recevoir l'abandon volontaire qu'on lui fera des grâces qui sont accumulées sur les mêmes têtes ou dans les mêmes familles, et de faire un examen scrupuleux de toutes les pensions et traitements sur les différentes régies et branches d'administration quelconques, qui ne seront pas proportionnées aux services qui les auront méritées. »
En descendant de la tribune, Boniface put remarquer sur les bancs de l'Assemblée ce mélange d'applaudissements partiels, de chuchotements et de rumeurs sourdes, qu'en style de compte rendu parlementaire, on note sous la rubrique de « mouvements divers ». A toute époque, les épigrammes plus ou moins voilées, les malices contre les personnes ont été le régal des Chambres françaises, et
il venait d'en semer à pleines mains. Beaucoup des allusions que contient son discours sont obscures de loin et nous échappent ; mais elles étaient aisément saisies par ses auditeurs. Devant eux, chaque trait portait; chaque phrase recevait dans leur esprit une application directe; il n'y avait aucune intention qui ne lût immédiatement comprise, aucun des noms sous-entendus qui ne fût aussitôt de>iné. Comment, par exemple, n'eût-on pas songé au duc de Liancourt, grand maître de la garde-robe en service et maréchal de camp sans fonctions, lorsque l'orateur parlait des gens assez favorisés du sort pour réunir sur leur tète « les grâces réservées aux courtisans et celles dues aux guerriers actifs et utiles »? — Comment surtout n'eût-on pas reconnu la famille si particulièrement comblée à laquelle il attribuait, d'après la clameur publique, deux millions de revenu en pensions et émoluments? Sans avoir besoin d'autre indice, tout le monde nommait la maison de Noailles, et se rappelait les dignités, les charges lucratives, les grâces pécuniaires dont elle était pourvue : deux duchés, deux bâtons de maréchal, deux des quatre compagnies des gardes du corps, une grandesse, un régiment propriétaire, trois gouvernements, des subventions énormes, des ambassades et des places de Cour. L'attaque avait été si précise, la désignation tellement claire, que Louis de Noailles, déjà mis en cause par les compliments ironiques du vicomte, se crut obligé d'intervenir. Il répondit, mais ne pouvant nier les traitements et les honneurs répandus avec tant de profusion sur son heureuse parenté, il n'essaya pas de la défendre, et s'attacha seulement à justifier sa propre conduite. Le reproche d'avoir agi dans un sens contraire à son mandat semblait cire ce qui l'affectait le plus. Il soutint que ses électeurs l'avaient laissé juge des mesures à proposer dans l'intérêt général, et qu'il n'avait ni trahi ses engagements, ni trompé leur confiance en réclamant la suppression des
droits féodaux. « Quant à la renonciation aux bienfaits du roi, ajouta-t-Il, je ne puis parler que pour moi. J'ai refusé toute récompense au retour de la guerre d'Amérique, et, lorsque j'ai été nommé député, j'ai renoncé à U survivance de commandant de la Guyenne, parce que j'ai cru que les survivances étaient un abus. »
La séance avait été longue ; les députés étaient fatigues, et il est d'ailleurs moins facile d'intéresser un public en. disant du bien de soi qu'en disant du mal d'autrui. Aussi l'Assemblée parut-elle écouter d'une oreille assez distraite le plaidoyer de M. de Noailles. Elle se hâta d'aller aux voix sur la motion et de l'écarter par un rejet en due forme qui, suivant toute vraisemblance, affligea modérément le vicomte de Mirabeau. 11 avait amusé la galerie, épanché sa bile et fait passer un moment désagréable à des collègues qu'il détestait. Son but était atteint, et il n'en demandait pas davantage.
Le léger scandale qu'il avait provoqué ne lui fut pas d'ailleurs inutile. Sa réputation de spirituel boute-feu et d'' aristocrate forcené se confirma ; les journaux qui commençaient à pulluler s'occupèrent de ses faits et gestes. Au cours des discussions suivantes, on le vit aborder fréquemment la tribune, non pour y traiter les questions à fond et d'une manière doctrinale, mais en enfant perdu, en tirailleur d'avant-garde, pour y braver la majorité par des sorties mordantes ou des contradictions à brùle-pourpoint. Le 17 août, il présenta devant cette majorité voltairienne une vive apologie de l'ordre de Malte, que le retranchement des dîmes allait atteindre dans ses revenus. Un autre jour, il se donna le plaisir de prendre à parti les hommes de loi, si nombreux parmi les députés des communes. C'était à propos du décret consacrant l'abolition de la vénalité des offices, et posant en principe que la rétribution des juges cesserait d'être à la charge des plaideurs. Le vicomte releva comme tout à fait inexact le
LE VICOMTE DE ^IIUAHEAU DÉPUTÉ Io5
Icrnie de justice gratuite appliqué à la réforme sur hujuelle ou délibérait. 11 rappela malignenient que le ( liaucelier Maupeou avait mis la même enseigne aux tribunaux de sa fabrique, et que jamais la justice n'avait (té si clièrc qu'au temps de cette prétendue gratuité. Puis, adjurant l'Assemblée de ne pas leurrer le peuple par des formules illusoires, le pressant d'employer les vrais remèdes, au lieu de s'arrêter à de vains palliatifs, il tonna 1 outre les frais de procédure bien plus onéreux et selon lui moins défendables que les épices des magistrats.
« Vous verriez avorter le fruit de vos travaux, s'écrial-il, si vous n'avisiez aux moyens de contenir ou d'anéanlir tous les subalternes suppôts de la cbicane, les huissiers, les sergents, les procureurs et les avocats. C'est la voracité de ces sortes de sangsues qui a inspiré au ciseau d'un sculpteur ces deux statues pittoresques, dont l'une représente un homme nu parce qu'il a perdu son procès et l'autre un homme en chemise parce cju'il a gagné le sien.
« ... Je demande qu'il soit permis à toute personne de plaider sa propre cause, sans qu'il soit besoin de faire passer ses papiers par les mains de ces agents rapaces, sans qu'il soit besoin du ministère ni d'un huissier, ni d'un procureur.
u Je ne suis pas capable d'indicjuer les inoyens d'opérer cette grande révolution. C'est à l'Assemblée à les chercher dans sa sagesse. Je demande qu'elle le fasse, parce que de tous les impôts sous lesquels le peuple gémit, c'est celui-là qui lui pèse le plus^.. »
Excité par le souvenir de la ruine paternelle et par l'aversion héréditaire que le monde du palais inspirait aux Riquetti, Boniface aurait continué du même ton, si l'auditoire eût voulu le permettre ; mais les avocats et les