‹ Le vicomte de Vormeuil [pseud.]: ou, Confidences d'un lieutenant général àChapitre 21 sur 32 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

d'QcIroyer une dk^t^ nqu^^te, qj^i devie;i4^iH }!9^ ç^P^Ut tution du |*ojaume, Ce monarque reçut ^es ^Q\iveraiQ4 alliés ^accueil uQu-^eulem^iit le plus affectueux, n^ai^ le plua reapeçt^e^x. Qn ^it ce qu'était à leiir^ j^^i^ i|p p^^iq-r cip^, La gafdci nationale à pîed çt k ob^Y^l ^'prgapiiH spoi^tanémept, e| Q^ Icj seniçe auprès du I\oi avec hh atèle adoiifahle, en attendant la ré(^'gani3a1;ioq 4^ Tar^ n^ée^ Lie % inai, le ^linistèr^ se trouva aiq^i coa^U^ué ; M. d'Apihray îo^ti noiQuié cbapçelier de Franceî }e généiral Dupont, ipipistre de la guprr^} l'ahVi d^ Mantesquiqu* de l'intérieur; le pripce 4p Talleyrand, de§ affai\'e3 çtraflgères; le baron Iktalouet, de la ipanue] J^. BeugUpt, de la police; cît M. le copftte d^ B!|aç%q, rentfç avec 1^ I^oi, mj^ qi^tre 4^ sa p^aiçop.

Uft 4^9 premiers ^oiu^ 4ei I^QWI Xyill f^il 4? k?^it^r d^

la paix ^Taç le? pni?s?Qce|s étr^ngèç^?. C^ traité, cpuplu

1q SOm^i. prpçur?it à la FfançfiUA^ pwx aussi bquQraWft qu^ lea ciçpouat^Pcea le pçppif.ttai«nt, \,ç, Roi s'equpvpa» ga 4@ convoquer Iç çofp§ législatif^ auquel il donqa ^ UOPft de çhqipb^^ 4e? 4épwt4s 4es départements, ^t Taqçien féuat. L-e il) juiq, JQur fixq p^uç l'ouvertwft 4ç^ çbapabre?, I^^uia VflW çQmqiuuiqua ^ ce? dflu^ çqrpsi réunie la charte qu'il §e proposait 4't3içtr9îer, Sqq di^^ cours produisit une grande iwpressipQ 9M^ les çbaqibrça, qui ?'ewpressèrwt d'adopter ayeç acplawtÎQ^ Ç^Hft charte çpnstitutiQuueU^, qy'pq ae bâta de promulgqer aansi la préseqter ^ la çauctiop de la natiou, Qe fut, sui^ vaut moi» une graudQ faute que l'on çpmwU et qui 4§' m\ ftT§iÇ dei^ suites fijnçstp^ yn JQur, Qvitïe lç§ d^f^Htf

réels de cette charte, qu'ojn reconnut à son exécution ^ les esprits sages remarquèrent, et le dirent alors infructueusement, que le Roi s'appropriait trop le droit de pouvoir constituant ; qu'il s'éloignait de sa déclaration faite en 1795 à Vérone, et oubliait les droits acquis de la nation reconnus par ses ancêtres. Il aurait dû se souvenir davantage de l'ancienne constitution du royaume, non écrite, il est vrai, mais plus connue par la pratique et l'usage que par des théories inapplicables, souvent même dangereuses. Il ne songea pas à restreindre cette centralisation funeste, établie par l'ancien gouvernement, qui enlevait aux provinces leur importance, leur nationalité, portait tout à Paris, et qui rendit impossible, après la pri^e de cette ville, la défense du royaume.* Enfin, je le répète, des esprits sages, réfléchis, blâmèrent l'omnipotence du Roi> son engouement pour la constitution anglaise, mal appliquée à la France, privée d'aristocratie puissante, et prévirent des embarras dans l'avenir. Peu de temps après, Louis XYIII créa pairs du royaume à vie la plus grande partie des sénateurs. Au milieu de ce qu'il appelait la nécessité de se conformer aux idées nouvelles, il aimait la pompe du trône, ce qui lui fit rétablir les gardes du corps et recréer les compagnies rouges, les mousquetaires, chevau-légers et gendarmes, supprimés au commencement du règne de Louis XVI. Il fit sagement de rétablir l'ancienne noblesse et de conserver la nouvelle ; mais il me semble que, pour la rendre plus populaire, il aurait dû augmenter cette nouvelle noblesse d'après les pertes cruelles qu'avait éprouvées l'ancienne. Une ordonnance ainsi conçue : « Attendu

les vides laissés par le malheur des temps dans le corps de Tancienne noblesse française, nous voulons que dix mille familles prises dans toute la France soient élevées au rang delà noblesse. Nous chargeons, à cet effet, les préfets de nos départements de nous présenter une liste qui contiendra les noms de la haute bourgeoisie de notre royaume y afin que nous puissions déterminer notre choix; » je dis qu'une mesure juste et politique pareille aurait rallié tous les départements au Roi , et que nous n'aurions peut-^tre jamais eu à gémir du 20 mars

Je fus prompteinent promu au grade de lieutenant général. S. A. R. Monsieur, me croyant de la capacité, et certain de mon entier dévouement, me dit un jour qu'il parlerait au ministre de la guerre pour me faire obtenir le commandement d*une division militaire. J'aurais probablement accepté l'offre de ce bon prince, si depuis quelques années je n'avais pas été sujet à des attaques de goutte qui me forçaient quelquefois de garder la chambre pendant un mois ou six semaines. Je sentais que, dans les temps présents, il fallait une activité et une surveillance perpétuelles. Je le dis à Monsieur, en le remerciant de sa bienveillance pour moi. Sans un accès de goutte qui tirait à sa fin, au lieu de n'aller au-devant du Roi qu'à Compiègne, j'aurais poussé jusqu'à Calais. Je ne voulais pas, en un mot, être hors d'état d'agir quand il l'aurait fallu.

Là nation, considérée en masse, était heureuse du retour de Louis XYIIL Les affaires avaient repris leur cours; les fonds publics haussaient d'une manière surprenante;

lê6 âMéeâ ailléeâ â^étàieilt élôigftëës d« ifOtfè fePfllMi«; tout marchait Ver^ uûe pi-oépéHtê ètoisiaritè. Le* pré^ miers mois de h Rëâtatiratldh furent *i heurèut, qti^ofl ne pfétoyait paâ là possibilité d'une gtlërre iloutellê, taîMt la paii générale paraissait bleti ôimefitéë. Gepétidftnf, il faut Tavouer, les ministf eut dh Roi fl'étaiëht p^l à lâ hàVt^ teht des cifconstanceS. Entourés de flàtteUfS, d'êfihèiiii^ perfides masqtlés, ils comnliféilt déS fautes llollibrénieli, et Surtout dé gfandeS maladresses. La ga(Më impéHâlê, qu^il aufait été facile de s'attacher, était i-éStéè dOiWpâctê à Metz, quand elle demandait à grands cris à entourël* (ë tr6ne pour le défendre. D'Un bôté, oit ië hlêflâit d'elle, malgré l'assurance donnée par dëS ëhèfs bondrable^ éè sa fidélité; et, de Tautrë, dn fermait les yetlX «ut dê^ menées réelles en faveur dil rétour de Nâpolêôfi. LéS pârtl^

sans de l'Empite, qn'il avait été impossible dé tmis éori-^

tenter, s'étaient soumis à la nécessité. Pris â l'improvîste, accablés par la masse des troupëS alliées, ili^ né pttréilt se défendre; Ils Subirent, comme ils le disâiëht, le jdug, mais déterminés k le secotlér déi^ qù^ilS en trduVerâiétrt l'occasion. Lés serments prêtés â Louife XtlII, disaient* ils, ne les engageaient k rien. Eii conséquence, dans lés derniers mois de la Restauration, cti janvier, févriei* ëf mars 4815, ils conspireront ouvertement, Sâtls fëdôutôl» une policé faite par un homme honnête, capable, mâi^ pkn actif et petf prévoyant. Les Postée, cMfiéésâM. Përrân^, administrateur capable, homme lettré, très-infirmé, et surtout fort candide, n'étaient réellëmcttt pas conddiies par lui. Tous les subordoiinéô pkëés par M. dé La Valette Inî obéissaient en secret ; il dirigeait totif , et k doî^-

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fé^pohàaiût& airéc Tilé d'Elbe «e faisait otatertementi L'ar^ mée, travaillée par des offieiéfs perfides, regrettait t% qti^otl lui disait èif è âà gloil*e perdue. On était parvenu à lui përstlëidef qu'elle la tèéouvférait^ ai l'Empereur r^ venait se mettre à sa tête. D'un côté> beaucoup d'exis«tënCes âVaiéilt 6të bfiëëed par la réduction des ethplois, U dimitiutibu dU tël^ritoire. Il faut convenir aussi que la tâbhe déà iliiili6tt*es dit Roi devenait difficile par tant â^exigeilëéd et de besoins à satisfaire; mais^ malgré tous leurs embarras, ils ne èë pénétrèrent pas assez de l'im-^ (iottance de leurs fonctions. On t^etâarquait dans tous les tniniàtèrëâ iiiie itiëurië iticrdyable» nu défaut de vigilanc«> et beaucoup de l)résDniptiotl. A l'époque du SO mars^ les six compagnies des gardes du cot'ps et les coiUpagnieé i'ouges il*ètaient pas encore organisées. L'armée, disloquée, dispersée, point surveillée même> semblait peu con^ fiante, et attôtidi'e des événements houteaux. Enfin^ dail conciliabules së tëtiaient chez la reine Hdrtéiise; otl aillait, revenait librement de Paris à l'île d'Elbe, et en annonçait hautement 16 retoul* doNapolébn, sans «srainte d^ètre même inquiété par une police doUcë el bénigne; Que de fois, mon cher ami, j*ai entendu des gens du peuple s^écder, en parlant deà Bourbdns : «Ah ! lès braves gens, comme oU les ttiet dedans ! f^

Dès le mois de janvier, on avait ëignalé ft M< l'abbé de Mbntesquidu, ministre de rintërieUr> le danger de oes communications avec l'ile d'Elbe. M; le marquis de Bou^ thillier, prèl^et à Marseille, ne cessait d'éveiller sur ce point l'attention de l'àutoritê; et aucune ttiesare n'était

prise. Më tt^outânt un joui" fehei l'abbé d« Montèaquiou»

que je connaissais intimement, je lui fis part de mes alarmes; il me répondit ainsi :

— Allons, allons, mon cher vicomte, encore Bonaparte, toujours Bonaparte. Mon Dieu, nous savons tout cela ; tranquillisez-vous.

— Mais, mon cher ami, vous êtes trop rassuré; vous ne savez pas ce qui se passe, ce dont nous sommes menacés. On conspire hautement au dedans et au dehors.

— On conspire ! Ah ! oui, on conspire, nous le savons très-bien ; mais tout cela n'aboutira à rien; .

— Vous connaissez notre ami le comte de Bruges, il est très-alarmé. Le maréchal Soult a donné d'excellents avis, m'a-t-il dit, qu'on ne veut pas suivre, et qui seraient bien utiles s'ils étaient écoutés.

— Oui, M. de Bruges m'en a parlé. C'est un homme capable, je l'avoue, il est lié avec le maréchal Soult; mais la mesure n'est pas du goût du ministre de la guerre : confier la personne du Roi à la garde impériale de Bonaparte* cela parait grave, très-imprudent même.

~- Et moi, je crois, comme le maréchal, que cette grande confiance accordée à de braves militaires les attacherait à jamais au Roi.

— Vous n'y entendez rien, mon cher vicomte ; allez, dormez en paix, et reposez-vous sur nous.

En se reposant sur l'abbé de Montesquieu, homme spirituel, aimable, loyal, paresseux, et mauvais ministre de l'intérieur, on a eu le 20 mars.....

Je ne veux pas ici, mon cher ami, me porter le défendeur absolu de tous les actes de M. le maréchal duc de Dalmatie, particulièrement de sa conduite dans les Cent*

Jours, quoiqu'il Fait expliquée depuis; mais je crois qu'il fit tous ses efforts, en 1814, pour afTermir l'autorité du Boi. Il veuait de remplacer le général Dupont comme mi* nistre de la guerre au commencement de 1815. Il n'ignorait pas les allées et les venues continuelles de Paris à l'ile d'Elbe; aussi, en vue d'événements graves dans le midi de la France, il avait désapprouvé Tenvoi de divers corps de troupes vers Lyon et le Dauphinéy envoi fait à la recommandation du prince de Talleyrand, ministre des affaires étrangères, qui stipulait lios intérêts de la France au congrès de Vienne. Le prince s'était imaginé qu'une démonstration de forces vers les frontières de l'Italie serait utile dans le moment, et nous procurerait une plus grande influence. Cette question fut débattue dans le conseil du Roi, et, malgré l'opinion du nraréehal Soult, elle prévalut. Il en résulta que, lors du débarquement de Napoléon dans le golfe de Fréjus, il trouva des troupes sur son passage qui se joignirent à lui. Je vois encore des preuve» de la fidélité du duc de Dalmatie dans le Mémoire qu'il adressa au Boi en 1815 ou 1816. Il est avéré aujourd'hui qu'il donna connaissance d'une proclamation de Napoléon, qiii parvint à Bennes, au général Gafarelli; il en parla en termes énergiques devant le conseil du Roi, et nulle précaution ne fut prise. La police aurait du tout savoir; elle ne s'occupa de rien. Ses essais de conspirations militaires se remarquèrent dans plusieurs lieux à la fois. Un mouvement sérieux devait éclater à La Fère ; il fut heureusement comprimé par la vigilance it la fermeté du général d'Abboville. Un général d'une grande réputation, peut-être justement soupçonné pour la conduite qu'il

^3U tintdlipttis» ^eeusé, misenjug^mept, se vit bientôt absiouç. Tftut warehait h une catastrophe, quapd Paris se livrait i la joie» quand ^e^ marques 4'attac)iemeqt se prodi^ guaiênt au malHeureuv Louis xyui, et que se« i^ini^tre; i'eadormaiept daus une complète sécurité.

Teus ceui^ qui put été témoins des événemeiits du ^ mwH 1819 peuvent affirmer, s'ils veulent être sincères, que le retour de Nappléon était baptement auponcé. même par le peuple, Au milieu 4'pne prospérité gépé:s j^ale, de la joie d'être délivré dcsi étrangers, il régnait une cfainte vague de l'avenir» en s'attendait à quelque événement grave, on se croyait, en un mot, dans un éta( •neere provisoire.

Les esprits étaient ainsi agités, quand tout ^ coup op apprit par le télégrepbe le débarquement de INfapoléoU; le 5 mars, à Cannes, prés de Fréjus, aecoRipflgué d'^nvi^ ron douze cents bommes do sa vieille garde, Une stup^U? générale suivit cette nouvelle, que toute la pouri burmis Lauis XVin, regarda d'abord eomme un aete de foUer Teua les eourtisans, les bommes pourvu^ de bpunei places, quelques*-uns des ministres eu^Tp^emes» s'éprièr rapt que I^apoléon courait évidemment fi sa parte. Le maréchal Soult s'empressa d'adref ser à l'armée un ordre du jour, en date du ^ mari, empreint d'une gr^Rde énergie, et qui annonçait son eomplet dévQnement a la çau^ê du Rai. J'ai la eenyiction qu'i cette époquo le m^rèPb^} était sincère. S. A. R. Monsieur partit en tout^ bâte PQi?i* Lyon avec le due de Tarante. Mr le due d'Angeulême fut. envoyé dans le Midi aïec de pleine ppuypirs du (loi, Madame, duebessp d'Angoulemei ilnn k fioH^mf ^^

vait «ttiwil«r le %q\p 4es fidèles ppr4«Jw, On p'ewpress^ d'uppol^r >uprès 4u floi )e$ m comp^gnie^ 4qs ^ardeç du corps i on forma i^n corps de troupes SPUS le§ prdre§ ipiQédîats flq ¥m)nsqigpeur le dwc de Serri- Le })rav^ m^féohsi] N^y vint d^ lui-wême offrir §ps services ay lipi, qui le cbirgea d« çowpiaudemçwt d une armée destinée à arrêter I^apoléon, «'jl ^'ayançsit ^wr P^ris ; jl

quitté If ïipif ^n lui promettapt son assist^^çç et le succès. Ju^qu^^u iZ Qt 44 m^r^i h confiance ne paraissait pafi ébranlée ; quelqup^ bulletins çign^làr^Pt m élan g^lîéral i«ps }a Jlidi, l,a gard« nationale de >ï?rs§ille de-

TAit WWhW tOHt pïilièr^ ^t irrêter Napoléon dans le§

défilé« 4» £^ap, A Qr«(»pM^t le généi'ai M^rcb^nd r^pon- 4iit 4i 1» fidélité 4^^ troup§§ ; enfin^ jusqu'à cette époq«*#r 1* ^npaupe, 1 la cour, n'était pas ébranlée, tandis

qHfl 1^1 FFti.^iiï^» 4p l'Empereur s'agitaientf étaient pleine d'?89piPi flt regardaient même le ^n^m pommQ a^^uréf S^udaîB jrrÎY» la nQu^eUç de la défectioa du çplonei d^ l^a^édpr^rei 49 l'entrée de J^^apoléon 4 Grenpblei de h mç^m in la g^rpiion de (jette ville à s^ troupei de h merpHe a«r i^yon, de nmppf^ibiiité de diriger les goldatg eeptr« lui, d« la reprise du drapeau tricelore, du rfitpiip à Paria de Mensieur, frère du Wh ^^ 4u maréchal Maedwald, aam qu'il? eussient pu mainteui^ le^ tre^pea 4aQ« Je deypir-, pt p^fi^, peu aprèa, la pou^eUe plus ai^ 6«bl»Rtfi ^nfi(»*e d^ la défeetioi} du maréçl^al liey et de

«)Rcprpa4'armé«„„.

Mers tfius les pu^ furent ouverts. On vit avec quel art eette maebinatien avait été conduite i l'effrpi gf gna we Birtii da.l« eauFi et P9i imprévay^ata mipi4re§» Ua

cri général s'éleva aussitôt contre M. le duc de Dalmatie, qu'on accusa injustement de trahison; abreuvé de dégoûts, il donna sa démission, et fut remplacé par le loyal duc de Fcltre, qui, malgré son zèle, ne put arrêter la dérection prévue des troupes. Il était trop tard. Louis XYIII, calme, préparé à tout, voulut tenter un dernier effort, en convoquant le corps législatif et la Chambre des Pairs, et formant un camp sous Paris, sous le commandement du duc de Berri, composé de sa maison militaire, de plusieurs régiments restés fidèles, et d'une portion ralliée de la garde nationale. II parla devant les Chambres avec noblesse, comme devait le faire le chef de la patrie, et chercha à stimuler leur zèle. Tous ses auditeurs, tous les mandataires de la France l'applaudirent, et l'assurèrent de leur fidélité. Monsieur fit entendre ensuite des paroles touchantes qui partaient de son noble cœur; mais il n'était déjà plus temps de s'opposer au torrent qui s'approchait. Des pelotons de chevau-légers et de gendarmes, envoyés en éclaireurs, arrivaient annonçant l'entrée de Napoléon à Auxerre. Partout les troupes le rejoignaient aux cris de vive l'Empereur I II se dirigeait sur Paris, où il pouvait arriver dans deux ou trois jours, si rien ne l'arrêtait à son passage. Il y avait encore quelques milliers de soldats formant la garnison de la capitale, auxquels se joindrait la maison militaire du Roi, si dévouée, et qui ne demandait qu'à combattre, ({uoiqu'elle ne fût pas encore entièrement organisée. En y ajoutant deux ou trois régiments suisses, sur lesquels ou pouvait compter, il eût été facile de réunir de treize à quatorze mille hommes; mais on s'aperçut que la ligne et l'infanterie feraient dé-

feclion. Ces soldats, gagnés d'avance par des émissaires habiles, avaient, derrière leur cocarde blanche, la cocarde tricolore toute prête; ils criaient vive le Roi ! quand le duc de Berri les passait en revue dans la cour des Tuileries, et ajoutaient tout bas : « de Rome et son papa! » On savait que la garde nationale de Paris ne prendrait pas les armes, et d'ailleurs le Roi, dans sa sagesse, voulait éviter un conflit dans Paris. Il passa en re^uc, le 18 mars au matin, sa maison militaire, s'assura de son zèle, de sa fidélité, et le soir, dans un conseil, il fut décidé que, pour éviter Tefrusion du sang, pour ne pas tenter une défense regardée désormais comme impossible par la trahison, le Roi et sa maison quitteraient Paris dans la nuit pour se retirer à Lille, et faire de là un appel à tous les Français fidèles.

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