Païen, a. m
2, Les querelles qui divisèrent la petite armée des insurgés avaient pour cause ce seul point do conlcslation : « Doit-on ou ne doit-on pas reconnaître les droits du roi et l'autorité rovalc? [.es presbytériens qui ont pris les armes doivent-ils se contenter du libre exercice de leur rclijrion , ou exiger l'entier rétablissement du presbytérianisme, avec plein pouvoir de dominer sur tontes les autres (ormes de etdte ? » Le petit nombre dos gentilshommes de campagne qui prirent part à l'insurrection, ainsi que la plus grande partie du clergé, croyaient qu'on ne devait demander que ce qu'il était |)ossibIc d'obtenir; mais ceux qui agissaient dans ces vues de modération étaient appelés érastiens, nom que ces ianatiques donnaient à ceux qui voulaient mettre l'Kglise sous l'influence du gouvernement civil. Aussi disait-on d'eux qu'ils étaient « des pièges sur le Mizpha et des filets tendus sur le Tbabor. » (Voyez la Vie de sir Robert Uamilton, dans les Hommes illustres d'É" cosse , et son récit de la bataille de BothwelU Bridge, passim. )
JT,
qu'il parvint à rétablir quelque discipline dans Tarmce. 11 crut alors pouvoir tenter une seconde attaque contre (jrius{z;o\v.
On ne i)cut douter que le vif désir qu'avait Morlon de se mesurer en personne avec Graham de Claverhouse, dont il avait reçu une si cruelle injure, n'ait pas peu contribué à augmenter J'activité extraordinaire qu'il venait de déployer. Mais Claverbouse trompa ses espérances; car, satisfait d'avoir repoussé avec avantage la première attaque, il résolut de ne pas soutenir avec une poignée de soldats le second assaut, auquel les insurgés se préparaient avec des troupes plus nombreuses et mieux disciplinées que la première fois ; il évacua la place, et se retira sur Edimbourg. Les insurgés entrèrent donc sans résistance dans Glasgow. Mais, quoiqu'il ne fût pas donné à Morton de réparer l'affront qu'avait reçu la première division de l'armée covenantaire , la retraite de Claverbouse et la prise de Glasgow enflammèrent l'ardeur de ses soldats et lui amenèrent de nombreuses recrues. Le soin de former de nouveaux officiers, d'organiser de nouveaux régiments et de nouveaux escadrons, de leur apprendre au moins la partie indispensable de la discipline militaire , semblait dévolu de plein droit à Henri Morton , et il s'en chargea d'autant plus volontiers que son père lui avait montré la théorie de l'art militaire, et il voyait d'ailleurs que s'il ne s'acquittait pas de cette tâche désagréable , mais absolument nécessaire , il ne pouvait espérer qu'un autre s'en chargeât. \
■ Cependant la fortune semblait favoriser l'entreprise des insurgés au-delà de l'attente des plus ardents. Le conseil privé d'Ecosse, étonné de la fougueuse résistance que ses mesures arbitraires avaient provoquée , paraissait frappé de terreur, et incapable de prendre aucune mesure pour étouffer la révolte. Il n'y avait que peu de troupes en Ecosse ; on en forma une armée destinée , pour
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ainsi dire, à protéger l^dimbourg. Les vassaux de la couronne, dans tous les comtés, reçurent l'ordre de prendre les armes et de s'acquitter envers le roi du service nnlitaire qu'ils lui devaient à cause de leurs fiefs; mais on n'obéit qu'avec lenteur à cette sommation. I>a guerre n'était pas, en général, populaire parmi la noblesse, et ceux mêmes qui étaient disposés à se mettre en campagne en étaient empêchés par leurs fennucs , leurs mères , ou leurs sœurs.
Cependant la maladresse du gouvernement écossais pour assurer sa propre défense ou pour étouffer une rébellion qui à son début paraissait si peu inquiétante, excita des doutes à la cour d'Angleterre sur la capacité des membres du conseil , et sur l'opportunité des rigueurs qu'ils avaient déployées contre les presbytériens opprimés. On résolut donc de nommer au commandement de farmée d'Ecosse le malheureux duc de Montmouth, qui par son mariage avait acquis une grande fortune, un vaste domaine et de nombreux partisans dans le sud de ce royaume. L'habileté militaire dont il avait souvent fait preuve en différents pays fut jugée plus que suffisante pour réduire les rebelles sur le champ de bataille; et, d'autre part, la douceur de son caractère et les dispositions favorables qu'il montrait généralement à regard des presbytériens, donnaient l'espoir qu'il parviendrait à calmer les esprits et les amener à une réconciliation avec le gouvernement. Le duc fut donc investi d'une commission qui lui donnait plein pouvoir de pacifier l'Ecosse, et partit de Londres avec des forces considérables pour prendre le commandement en chef de l'armée dans ce rovaume!.