‹ Le vieillard et la jeune fille, comédie-vaudevilleChapitre 2 sur 17 · SCÈNE ÏII · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏII

DUBREUIL, M"^e GERTRUDE, ESTELLE, NANETTE.

Mad GERTRUDE.

Enfin , nous voilà arrivées I

NANETTE , portant des cartons.

Dieux! faut-il des affutiaux quand on s' marie. . . {Elle pose les cartons sur une table à droite du public)

Mad. GERTRUDE, à Dubreuil qui s' avance. Ah! c'est vous, mon cher voisin ?. . .

DUBREUIL

Je vous attendais, je commençais même à être inquiet.

Mad. GERTRUDE.

C'est qu'on n'en finit pas chez ces marchands.

ISANETTE , retenant.

Et puis le détour que j'avons fait pour éviter c' jeune monsieur qui nous suivait. ' , DUBREUIL, inquiet.

Un... un jeune homme?

Mad. GERTRUDE, vwement.

Qu'est-ce que vous dites , i^otte que vous êtes?

DUBREUIL

Mais permettez. . . elle parlait. . .

Mad. GERTRUDE.

Comme elle fait toujours.. . à tort et à travers... un jeune homme...

Air : Ballet des Pierrots.

Quand je suis a la promenade ,

Si quelque jeune freluquet,

Ose me lancer une œillade ,

Je le regarde , il disparaît.

De sa méprise il faut voir comme ,

En fuyant , il se mord les doigts.

Ah! je vous réponds quun jeune homme

Ne me regarde pas deux fois !

DUBREUIL

Mais je voudrais...

Mad. GERTRUDE, V interrompant.

Asseyez -vous donc... comment, vous restez debout comme cela après voire dîner... Estelle, approche donc vîte ce fauteuil pour notre cher ami. . .

DUBREUIL

Je suis très-bien . . . (^ Estelle.^ Mais vous , mon enfant , vous avez vu le jeune homme ?

ESTELLE

Moi , monsieur, je ne sais , je crois.

Mad. GERTRUDE.

Du tout, du tout, elle ne Ta pas vu, elle ne peut l'avoir TU . . .

DUBREUIL

Et pourquoi donc^*

Mad. GERTRUDE.

Parce que nous parlions devons dans ce moment-li. . . et d'abord quand nous parlons de vous , ah î ma fille ne voit rien , ù' entend plus rien autour d'elle. . . c'est qu'elle a pour vous un respect , une tendresse.. . N'est-ce pas, mon enfant?

ESTELLE, ùQec un regard timide sur sa mère. M. DubreuU est si bon , il jjst impossible de le connaître sans avoir pour lui l'affection et la reconnaissance qu'il mérite.

Mad. GERTRUDE , à Bubrcuil Vous l'entendez...

DUBREUIL , enchanté et lui luisant la main* Air : Contredanse de Muller, Quel doux présage ! ah ! mon âjne est ravie !

M"^^ GERTRUDE

De son amour avez- vous pu douter ?

DUBREUIL

Elle fera le bonheur de ma vie.

Ah ! par le sien puissai-je m'acquitter /

{A M"^« Gertrude. ) Allons régler le contrat que je porte^

{J Estelle.) Ma chère enfant ! je puis donc espérer?..,

M*"® GERTRUDE

Yoyez ses yeux , le plaisir la transporte !

ESTELLE , à Nanette.

Bon , ils s'en vont. Ah ! je pourrai pleurer.

EI^SEMBLE

DUBREUIL

Momens charmans î mon âme en est ravie ! De son amour j'avais tort de douter ; Elle fera le bonheur de ma vie , Et par le sien j'espère m'acquitter !

M"^*^ GERTRUDE

Moment heureux ! mon âme en est ravie ! De son amour on ne peut pas douter.

Cet hymen-là va charmer votre vie / Par son bonheur sachez vous acquitter !

Fatal hymen, du bonheur de ma vie, En ce moment je ne puis plus douter ; Obéissons puisqu ou me sacrifie , A mon destin je ne puis résister ! '

NANETTE

En vérité , c'est une barbarie !

A soixante ans, cst-c' qu'on doit contracter? Pauvre vieillard ! puisqu'on la sacrifie, Que d'accidens t'auras à supporter I

Duhreuii suit Mad» Gertrude dans sa chambre à droite .

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