‹ Le vieillard et la jeune fille, comédie-vaudevilleChapitre 3 sur 17 · ESTELLE, NANETTE · texte numérisé non relu

ESTELLE, NANETTE

NAT^ETTE, à /72/-(^OW/.

Ah! nous v'ià seules!. . .

ESTELLE

Oui ; que voulaîs-tu donc me dire avec tes signes ?

ÎSfANETTE.

Il est ici.

ESTELLE

Félix.

^"ANETTE

C'est lui qui nous suivait..

ESTELLE, troublée} Ah! mon Dieu! que veut- il? qui a pu l'engager à venir?

NAISETTE.

Pardine , c'est moi qui Ty ai fait écrire à Moulins.

ESTELLE

Comment, tu as osé; maïs c'est fort mal, Nanettc.

NAISETTE.

Tâchez donc de savoir un peu c'que vous voulez, c^cst vous-même qui m'avez prié, à mains jointes, de rins-truire de vot' mariage, de vot' désespoir, et puis à présent...

ESTELLE

Est-ce que je savais ce que je le disais ; tu n'aurais pas dû me croire. C'est toi qui es cause de tous mes chagrins; car enfin , sans tes conseils, je n'aurais jamais eu la témérité, au milieu d'une pension dirigée par ma tante. . . de recevoir les lettres d'un jeune homme. . . de paraître la nuit à ma

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( ïo)

fenêtre ,.d'ëcouter ses sermens , ses protestations. . . de l'aimer, enfin.

NANETTE

En v'Ià d'une bonne , par exemple !

Air : Hier encor f aimais Adèle.

Pourquoi m' parler d*un' manière aussi rude !

Ah ! c' n'est pas bien, je vous V dis entre nous...

Me fair des r proches , c'est de l'ingratitude !

Car, dans tout ça, j' n'ons travaillé qu* pour vous.

Lorsque pour vous , V soir, j' faisais sentinelle ,

Et qu sous mon nez , c' jenne homm' vous envoyait

Des billets doux et des baisers , Mamzelle ,

JWous d'mande un peu quel plaisir ça m* faisait?

ESTELLS.

C'est égal , tu as eu tort.

WANETTE,

C'est vous qui n^àvez pas plus de courage que rien du tout , et qui vous laissez marier à un homme que vous n'aimez pas, sans oser souffler le mot.

ESTELLE

Que veux-tu, ma pauvre ÎNanette, nî ma mère, ni ma tante , n'ont jamais cherché à s'attirer ma confiance. . . dès mon enfance, le mot le plus innocent, la pensée la plus naturelle étaient l'objet de leurs reproches. . . Mamselle^ on ne dit pas ces choses-là à sa mère . . . Marnselle , vous ne dcQez pas penser ci , vous ne dcQcz pas penser ça, . , Tout enfin , jusqu'à ma tendresse, était soumis aux règles de la convenance, et je n'ai plus eu d'autre ressource qu'une ohéissance aveugle et craintive.

NANETTE

Oh Lie»! moi, j'aurai du courage pour vous. . . Ah çà! not amoureux va venir. . .

ESTELLE

Je ne le verrai pas, je ne dois pas.

KANETTE.

Eh ben ! sauvez-vous , car le v'ià.

Ah! mon Dieu!

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