ESTELLE, NANETTE
NAT^ETTE, à /72/-(^OW/.
Ah! nous v'ià seules!. . .
ESTELLE
Oui ; que voulaîs-tu donc me dire avec tes signes ?
ÎSfANETTE.
Il est ici.
ESTELLE
Félix.
^"ANETTE
C'est lui qui nous suivait..
ESTELLE, troublée} Ah! mon Dieu! que veut- il? qui a pu l'engager à venir?
NAISETTE.
Pardine , c'est moi qui Ty ai fait écrire à Moulins.
ESTELLE
Comment, tu as osé; maïs c'est fort mal, Nanettc.
NAISETTE.
Tâchez donc de savoir un peu c'que vous voulez, c^cst vous-même qui m'avez prié, à mains jointes, de rins-truire de vot' mariage, de vot' désespoir, et puis à présent...
ESTELLE
Est-ce que je savais ce que je le disais ; tu n'aurais pas dû me croire. C'est toi qui es cause de tous mes chagrins; car enfin , sans tes conseils, je n'aurais jamais eu la témérité, au milieu d'une pension dirigée par ma tante. . . de recevoir les lettres d'un jeune homme. . . de paraître la nuit à ma
Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussel
( ïo)
fenêtre ,.d'ëcouter ses sermens , ses protestations. . . de l'aimer, enfin.
NANETTE
En v'Ià d'une bonne , par exemple !
Air : Hier encor f aimais Adèle.
Pourquoi m' parler d*un' manière aussi rude !
Ah ! c' n'est pas bien, je vous V dis entre nous...
Me fair des r proches , c'est de l'ingratitude !
Car, dans tout ça, j' n'ons travaillé qu* pour vous.
Lorsque pour vous , V soir, j' faisais sentinelle ,
Et qu sous mon nez , c' jenne homm' vous envoyait
Des billets doux et des baisers , Mamzelle ,
JWous d'mande un peu quel plaisir ça m* faisait?
ESTELLS.
C'est égal , tu as eu tort.
WANETTE,
C'est vous qui n^àvez pas plus de courage que rien du tout , et qui vous laissez marier à un homme que vous n'aimez pas, sans oser souffler le mot.
ESTELLE
Que veux-tu, ma pauvre ÎNanette, nî ma mère, ni ma tante , n'ont jamais cherché à s'attirer ma confiance. . . dès mon enfance, le mot le plus innocent, la pensée la plus naturelle étaient l'objet de leurs reproches. . . Mamselle^ on ne dit pas ces choses-là à sa mère . . . Marnselle , vous ne dcQez pas penser ci , vous ne dcQcz pas penser ça, . , Tout enfin , jusqu'à ma tendresse, était soumis aux règles de la convenance, et je n'ai plus eu d'autre ressource qu'une ohéissance aveugle et craintive.
NANETTE
Oh Lie»! moi, j'aurai du courage pour vous. . . Ah çà! not amoureux va venir. . .
ESTELLE
Je ne le verrai pas, je ne dois pas.
KANETTE.
Eh ben ! sauvez-vous , car le v'ià.
Ah! mon Dieu!