dignitosa coscienza enelta
Coinc t'è picciol fallo amaro morso [Pitrg., lU, 1).
bles joies. Aujourd'hui, tout est désert autour de moi. »
C'est alors que le colonel Paqueron s'imposa le devoir de consacrer ses soirées solitaires à la rédaction d'un journal qui serait son examen de conscience, en vuede cette «Vie meilleure », de laquelle nous écrivons. J'y lis en tête : « Quiconque ne travaille pas à se rendre meilleur est absolument indigne de vivre. La pratique de juger chaque jour ses actions par écrit, en ramenant la pensée du dehors au dedans, développe le sens moral et met l'homme en possession de ses forces totales, lui rendant en même temps cette paix intérieure qui dépasse tout sentiment. Le dimanche, rentré chez moi, je recueille, je rédige le mémorial, je résume la vie de la semaine, et je prends mes résolutions pour la semaine suivante. Mais qu'il y faut d'attention et d'opiniâtre énergie! Dieu m'y aide; et puis invisiblement ma chère Eulalie me regarde : Est-elle contente de moi? »
Écoutez Bossuet : « Chrétiens, dit-il, Dieu fait un journal de notre vie. Une main divine écrit notre histoire pour la publier un jour. Songeons à la faire belle. »
Mais je n'ai pas dit assez. J'ai dit la vie meilleure, j'ai souhaité la vie parfaite; mais je ne suis pas monté encore vers ce qui est la source supérieure et surnaturelle de cette vie, et qui n'est autre que Dieu même. Élevons-nous maintenant jusque-là, mon frère. Ne parlons plus seulement de la vie meilleure, osons nommer la vie divine. Ne disons plus seulement le bon vieillard, disons le saint vieillard. Ne disons
392 vu: MEILt.EUUK.
l'homme de bien, disons l'iiomme de Dieu. Je vous en ferai voir et entendre de bien parfaits modèles.
Qu'est-ce donc qu'un homme de Dieu? C'est, premièrement, un homme qui vit en la présence de Dieu : « Marche devant moi, dit le Seigneur, et tu seras parfait. » Donnez-moi une conscience constamment en face de cette pensée : « Dieu est là, il me voit ! » ce lui sera une force invincible à toute puissance mauvaise. Comment descendra-t-il jamais à une bassesse celui dont la conversation est dans les cieux? J'ai rencontré, dans ma vie, des vieillards qu'enveloppait visiblement cette sorte de transparence de la divinité. Elle leur mettait le nimbe au front. Enfants, nous leur demandions leur bénédiction.
« Ceux-là seuls vivent, ô mon Dieu, qui vivent en votre présence, qui pensent à vous et qui vous aiment. Tous les autres sont endormis. Ils font des rêves, et s'attachent à des fantômes. Vous seul êtes la réalité. Rien n'est bien que d'occuper de vous son cœur et son esprit; de faire toutes choses en vous, de n'être mû que par vous. Mais l'homme est-il fait pour jouir ici-bas d'une telle félicité? S'il en était capable, il aurait là sa perfection. »
Le vieillard qui écrit ainsi, à l'âge de soixante-dix ans, est le doux et sage Joubert, dont le nom évoque le souvenir d'une pléiade d'amis illustres : Fontanes, Chateaubriand, de Ronald, de Sèze, Mole, de laquelle lui-même était une étoile de moyenne grandeur, mais brillante d'un si pur éclat!
L'homme de Dieu converse avec Dieu : c'est la vie de prière. Il y a bien longtemps que, dans mes souvenirs, les noms de vieillesse et de prière s'associent et reposent ensemble sur les mêmes tètes vénérées et
sacrées. Déjà, dans ma petite école, le Télémaque qu'on y lisait rae montrait de beaux vieillards, Termosiris, Sophronyme, Aristonoiis, chantant sur la llûte ou la lyre, les louanges des dieux. C'était la fable. J'ai mieux que cela. Dans l'Évangile, ces trois mages venus de l'Orient aux pieds de l'Enfant-Dieu, comment sont-ils représentés? comm© des vieillards. Etque font-ils? « Ils se prosternèrent et adorèrent », est-il écrit : ils prient. Et les deux adorateurs de Jésus présenté au Temple? Deux vieillards, l'un Siméon, chante son Nunc dimitlis, et l'autre Anne la prophétesse console ses quatre-vingt-quatre ans, « en priant nuit et jour dans le Temple ».
0 Dieu, réveillez en moi la voix de la prière! C'est l'heure : Exsurge psalterium et cithara, exsurgam dduculo. Cette harpe chez moi était muette, hélas elle dormait silencieuse, suspendue à mon chevet; ses cordes s'étaient détendues ou brisées. L'hymne sainte était désapprise; mes jours étaient sans vie et mes soirs sans joie. Et cependant qui do-nc priera dans l'Église, sinon le prêtre? Tu autem, homo Dei! Qui donc priera dans ce village, sinon celui à qui les petits demandent à genoux qu'il les bénisse.
Et dans la famille, qui donc priera, sinon le père?
Dans ses dernières années, le maréchal Randon, le conquérant de la Kabylie, deux fois ministre de la Guerre, maintenant retiré sous la tente, entendait d'En-Haut des sollicitations auxquelles il tardait à répondre. Le protestantisme ne lui suffisait plus. Ce fut le besoin de la prière, de la prière catholique, qui le ramena à la vérité pleine. Il avait soixantedouze ans, lorsque, le 12 octobre, étant à sa campagne de Saint-Ismier, il dit à la Maréchale : « Je veux
VOUS parler d'une chose qui me préoccupe depuis longtemps. Mais ma vie était trop remplie : elle ne m'appartenait pas. A présent, je suis libre. J'ai laissé les affaires du temps. J'avance en âge ; il se fait en moi une sorte de paix; la paix du soir; et quand la paix est venue, Dieu n'est pas loin. J'ai hésité, j'ai beaucoup réfléchi. Et puis, /ai besom de prie?', et je suis seul. Vous êtes pieuse ; ma fille, notre unique enfant, est très pieuse. iMes petits-enfants sont catholiques. Je veux prie)' avec vous. Je. veux me faire catholique. Instruisez-moi. » Deux mois après, 22 décembre 1867, le maréchal faisait son abjuration, et recevait la Communion dans une chapelle catholique. Quatre ans après, malade à Genève, il expirait en grand chrétien et en grand français, 13 février 1871. « Oh! la patrie, disait-il près de mourir, la patrie! Ses souffrances me tuent! »
Parlons à Dieu, écoutons Dieu; car Dieu nous parle. Comme il avait parlé au monde par son Verbe, c'est encore son Verbe, son fils, Jésus intime, qui se fait entendre à chacune des âmes, dans le mystère de l'oraison. Heureux qui le sait entendre ! Heureux celui qui chaquejour a prêté l'oreille du cœur à cette parole personnelle, secrète, correspondante à chacun de ses besoins et de ses soupirs! Mon frère, chacun de nous, ici-bas, a, comme Jeanne d'Arc ses voix du ciel, qui lui parlent de combats, de victoires, de travaux et de douleurs. Si nous ne les entendons pas, c'est que nous faisons trop de bruit en nous-mêmes. Or u le Seigneur n'est ni dans le bruit, ni dans la tempête, ni dans la foudre». Il est, dit l'Écriture, « dans le souffle d'une brise légère » : cette brise du
soir qui nou8 apporte la voix des Angélus lointains.
— Msus ce silence que vous demandez de moi, Seigneur, comment le pourrais-je faire en moi, quand tout bruit autour de moi? C'est le bruit de ma maison, de mon travail, de mon emploi, de mon usine, de mes affaires, de mes enfants? — 11 est vrai. Et néanmoins ils sont nombreux encore les serviteurs et les servantes de Dieu qui, pour écouter Dieu, prendre le mot d'ordre de Dieu, savent trouver le silence en eux, même au bruit tonnant de l'Océan, de la tempête et du canon.
S'il y eut de nos jours un fidèle de l'oraison, qu'il faisait chaque jour, et un docile auditeur de la réponse divine qu'il inscrivait ensuite, — je l'ai appris des siens, — ce fut assurément l'amiral Abel Bergasse Dupetit-Thouars, à qui Sébastopol, le Japon le siège de Strasbourg, le Pérou, font une si admirable couronne ^e lauriers. On a écrit de lui : « Quand l'amiral avait une décision à prendre, il se recueillait, il priait, dans l'aveu agenouillé de sa faiblesse. Puis, sans retour sur lui-même, il se relevait et marchait droit à la voix du Ciel : « Me voici encore lancé sur la grande mer au milieu des dangers et des hasards, écrivait-il le 14 septembre 1868. Sentantau fond du cœur mon incapacité et ma faiblesse, j'adresse ma prière, avec mon cri de détresse, au Tout- Puissant, le suppliant de me diriger et de m'aider. » Et l'amiral ajoute : « Tout est difficile sans Lui, tout est aisé avec Lui. Tout est préoccupation quand on songe à sa propre personnalité; tout est simple, quand on se remet à la volonté divine. La question
LK VIEII.URD 2C
est de savoir si l'on fait ce que l'on doit. Dieu nous donnera le reste. »
Lorsque, le 13 mai 1890, la mort le surprit, àToulon, la veille même d'appareiller pour les Échelles du Levant, sa dernière parole fut celle-ci : « Embrassemoi, ma chère femme, c'est Dieu qui le veut; et ce que Dieu fait est bien fait ! »
Que voilà bien la docile et virile réponse à cette parole de l'Évangile : « Celui-là n'est pas du royaume des cieux qui dit : Seigneur, Seigneur! mais celui qui fait la volonté de ce Seigneur des cieux ! »
La vraie piété, la bonne, est celle qui se traduit par l'accomplissement de la volonté de Dieu, c'est-à-dire du devoir; et la volonté de Dieu s'y fait d'autant plus reconnaître que le devoir est marqué du signe de sa croix, qui est le sacrifice. Entre le chrétien et Jésus un contrat sublime est intervenu, tel que celui où, encore marqué des cicatrices du Calvaire, le Christ demandait à Pierre : « M'aimes-tu, m'aimestu? Veux-tu réaliser en toi le règne de Dieu? Le veux-tu, à tout prix, dans la pauvreté, le combat, la souffrance? Mon amour en toi sera-t-il plus fort que la chair, que la gloire, que la mort même? En vérité, m'aimes-tu? » Or, depuis deux mille ans, la réponse n'a jamais manqué. C'est celle de milliers et milliers de vrais fidèles qui savent nonseulement prier et méditer, mais agir, mais combattre et souffrir par amour. Chœurs de pénitents, d'apôtres, de vierges, de pauvres volontaires, d'humiliés, d'opprimés, de martyrs, c'est bien vous et vous seuls, qui pouvez répondre, comme Pierre : « Maître, vous savez que je vous aime! »
Le nom de piété que l'on donne à ce commerce intime du chrétien avec Jésus-Christ, implique l'idée
LC LON VIEILLAKU. 3J7
de religieuse tendresse. Comme la pi('té filiale, elle sera familière. C'est le nom que lui donne le livre do V Imitation^ en titre d'un de ses chapitres : De t'a- ^ mitié familière de Jésus : celte amitié du tête à tète, du cœur à cœur qui permet de tout se dire : ul solus cwn solo uniaris. « Chaque jour, a écrit quelqu'un, j'ai b(ïsoiii de replier ma tête sur mon cœur, pour y trouver mon Dieu ; car vivre du cœur pour le chrétien, c'est vivre de Dieu. » Soyons donc intimes à Dieu, tendres à Jésus-Christ, familiers avec lui. Soyons hommes avec les hommes; soyons enfants avec notre Père des cieux; soyons frères avec son Fils, l'objet divin de nos complaisances, comme il l'est des siennes. Une main laïque a écrit : « Jésus est la seule personne à laquelle on ouvre tout son cœur. La bonne prière c'est : Je vous aime et je m'abandonne à vous! Outre la prière solennelle, celle de Moïse sur la montagne» il y a la prière intime, avec le front dans la main, la paupièie humide, la tète reposée sur le sein et les bras liés autour du cou de l'ami qui est Dieu. > En retour, souvenons-nous de François d'Assise, et du Clirist qui détache son bras de la croix pour l'embrasser.
Cette tendresse dans la dévotion ne nous a-t-elle pas paru une nouveauté, mon frère? Nous avions pu le croire, nous qui naquîmes au lendemain de ce xviu' siècle où le jansénisme avait refoulé la piété catholique dans la zone glaciale de l'antique loi de crainte. Mais je n'ai pas tardé à y reconnaître, au contraire, un retour heureux à la piété de nos grand ancêtres du moyen âge. Qu'on remonte,, par exemple, au xiu* siècle avec son saint Frant^^ois d'Assise, au xir avec notre saint Bernard. Qu'on lise, par exemple, les
39S el 339 VIE MEII.LKURE.
stances de son Jubilus, ou ses sermons sur le Cafifiqiie. Toutes nos plus tendres dévotions s'y épanouissent : le Sacré Cœur de Jésus, le Crucifix et les Cinq Plaies, surtout le culte filial de la Mère de Jésus. Cette antiquité nous a devancés et nous surpasse. La banquise de glace qui nous séparait d'elle s'est fondue et rompue au feu du divin amour. La température a monté; et maintenant c'est un Guif Streamqm enveloppe de son chaud courant toute la catholicité.
Que Dieu en soit loué ! Si la crainte de Dieu est une vertu, la peur de Dieu est un vice. Répudions la peur, conservons la crainte, et couronnons l"amour.
« Un cœur à'Enfaiit pour Dieu — un cœur de Frère pour le prochain — un cœur de Juge pour nous-mêmes » : c'est dans ce triple mouvement que le cœur du chrétien trouvera le sens, la forme et la règle de son acti\ité. La vie intérieure n'a pas de formule plus pleine.
Après cela, pour les pratiques, je vous confesserai entre nous, mon frère, qu'elles n'ont pas toutes le même poids ni un égal prix à mes yeux. J'y voudrais du discernement. Nous, les demeurants d'un autre âge, nous restons en quelque défiance de certaines formules que revêt aujourd'hui la piété d'un grand nombre : piété de sentiment, piété de mouvement, d'extériorité et de déplacement. Nous sommes encore du temps des dévotions fondamentales. Au centre et au foyer, celle du Très Saint Sacrement. Puis le Crucifix, l'Évangile, les offices de l'église de la paroisse, la grand'messe, le catéchisme, le sermon, la doctrine chrétienne, la confession plus pénitente, la communion avec la messe et toujours cnca-
VIE Mi:iLLEURE. iOO
drée entre sa préparation et son action de grâces ^ ! La communion quotidienne est recommandée, demandée aujourd'hui par l'Église. Il en était ainsi au teni[)S des persécutions. C'est un courant de vie surnaturel plus intense que le Pontificat de Pie X s'efforce, en toute circonstance, de créer au sein de ces fortes élites qui, de plus en plus, chez nous, de-
1. Les Annalex religieuses du diocèse dOrlëans ayant publié l'article XIII de la Conslitulion apostolique sur l'Index, interdisant « les livres ou les écrits qui suggèrent de nouvelles dévolions, môme sous le prétexte quelles sont privées, si ces livres n'ont pas reçu l'autorisation des supérieurs ecclésiastiques », y ajoutent à l'appui ces réflexions signées d'un Ancien :
« M'est avis que les dévotions sont en train, en ce moment, de faire grand tort à la dévotion. Nos pères, qui peut-être nous valaient bien, avaient une piété beaucoup plus simple que la nôtre : ils connaissaient un scapulaire, celui du B. Simon Stock; un chapelet, celui de saint Dominique.
« En fait d'objets de piété, ils mettaient au-dessus de tout les signes de la foi catiiolique sur lesquels l'Eglise a répandu sa bénédiction, dont la source est en elle : je veux dire les sacramentaux, les huiles saintes, l'eau bénite, les cierges de la Chandeleur, les rameaux du dimanche des Palmes.
« Leurs formules préférées de prières étaient les formules liturgi- (|ues, et ils avaient un vrai culte jiour le psautier.
« Ils avaient tous cette conviction qu'une mortification, si petite soit-elle, est plus agréable à Dieu qu'une illumination, si féerique qu'on la suppose.
« Leur pèlerinage favori était celui du Tabernacle, ou encore celui du Calvaire, par l'exercice si ancien et si suggestif du Chemin de la croix, ou bien enfin celui des processions des Rogations et de Saint-Marc, auxquelles ils ne manquaient jamais. Les stations qu'on les voyait le plus volontiers faire à l'église, c'était au grand Christ de l'entrée du chœur, ou bien encore au Dieu de pitié et à l'autel de Marie, qui était toujours représentée tenant dans ses mains et montrant au monde l'Enfant-Dieu.
« Leur christianisme, en un mot, était d'or: dans le nôtre, un grand religieux le constatait il n'y a pas bien longtemps encore, dans le notre, pour nous dispenser de l'effort, nous y faisons souvent entrer beaucoup d'alliage. »
vront remplacer les foules. Comme Jésus fit de ses apôtres i\ Tlieure de sa Passion, le Saint Père rapproche et rassemble ses fidèles à la sainte Cène. Voyez : il V convie même les petits enfants!
Nous le seconderons dans ce religieux effort. Non senlement en recrutant ces élites, mais en les rendant dignes, s'il se peut, de ce divin honneur. Nous relirons, avec elles, les sages dispositions et règles prescrites par l'Église et formulées dans la Vie dévote de saint François de Sales. A ce nom de communion nous rendrons sa vivante signification. Ce que Jésus nous y apporte c'est sa vie : « Celui qui me mange vivra en moi, et moi en lui. » Ayant communié à Jésus-Christ, je vivrai donc comme lui, j'aimerai ce qu'il aime, je haïrai ce qu'il hait; je voudrai ee qu'il veut; je penserai ce qu'il pense; je ferai ce qu'il fait. Communier c'est s'unir; et communier à Jésus, c'est communier à son âme tout entière, à son âme de force, de pureté, d'humilité, de charité, de sainteté, en s'unissant à ses vertus, comme à sa croix, comme à ses membres souffrants.
Telle sera la vie chrétienne, la nôtre, une greffe divine. Mon frère, connaissez-vous une philosophie plus haute que celle-là?
C'est à ce divin fruit de la communion que les hommes du monde déclarent qu'ils reconnaîtront expérimentalement la vérité de nos mystères. L'un d'eux, et non des moindres, M. Paul Bourget, me faisait l'honneur de m'écrire, le 13 février 1892 : « A mon sens, il n'y a au monde qu'un problème, et qui tient dans la formule sublime de la communion : El sanabitur anima mea. Ce qui sauve, ce qui guérit,
VIE MEIl.LF.lRE. 402
ce qui racliète; voilà l'épreuve de la vérité des doctrines. »
Grâce à Dieu, ces miracles de la communion, ces nierveillcuses et bienheureuses transformations morales et spirituelles sont ({uotidiennes dans l'Kg-lise. (( Le Pain des Anges produit des anges sur la terre, anges cle pureté, de piélé de charité, >> écrit Hilaire de Lacombe ; et de cette vérité, appelant chaque communiant à témoin, il dit : « Regarde au dedans de toinième. Lorsque tu as reçu ton Dieu n'as-tu jamais senti qu'une sorte de résurrection et de transfiguration s'opérait en toi...? Nourri de ce Dieu, écoutant son cœur battre dans le tien, est-ce que tu n'as pas mieux aimé et servà les hommes, les humbles, les pauvres... Est-ce que tu n'as pas mieux compris et réalisé en toi le sens de ces mots : Devoir, sacrilice, honneur et inmiortalité?. .. Vieilli et désabusé, l'homme se ferme à l'homme, mais il s'ouvre à Dieu qui, dans la communion à son divin sang, nous a donné le breuvage où se désaltèrent toutes les soifs humaines... Aie donc confiance : crois au Christ! Et lorsque ton tour de mourir viendra, le vaste univers, avec ses continents et ses océans, ne vaudra pas à tes yeux demi-clos la petite Hostie blanche que t'apportera le prêtre. Dans la nuit où tu descendras, elle luira comme l'aube du jour sans fin qui va se lever pour toi. »