ACTE L SCÈNE VI IL n
D'avoir des démêlés avec madame Evrard,
De lui faire sentir enfin que tôt ou tard 380
Elle pourrait... Mais quoi, j*ai si peu de courage !
Elle baisse d'un ton, laisse passer l'orage,
Et bientôt me gouverne encor plus sûrement.
C/i. Je sens cela. M. Du. Mets-toi dans ma place un
moment.
Un garçon, un vieillard isolé dans le monde... Car tu ne connais pas ma retraite profonde... Je n'avais qu'un neveu qui m'eût pu consoler Dans mes maux... Et c'est lui qui vient les redoubler ! Ch. Ce neveu... pardonnez... Il est donc bien coupable? M, Du, Lui, coupable?... Il n'est rien dont il ne soit
capable. 390
Si tu savais !...Mais non, laissons ce malheureux. Ch. Ah ! s'il vous a déplu, son sort doit être affreux. M, Du, Il rit de mes chagrins. Ch. Il rirait de vos peines ! Il se ferait un jeu de prolonger les siennes ! Ce jeune homme à ce point n'est pas dénaturé : J'en puis juger par moi, dont le cœur est navré... M, Du. C'est que vous êtes bon, vous, délicat, sensible ; Mais Armand n'a point d'âme. Ch. O ciel ! est-il possible ! Mais cet Armand, monsieur, le connaissez-vous bien ? M. Du. Trop, par ses actions. D'abord, comme un
vaurien, 400
Il s'engage. Ch. Il eut tort ; mais ce n'est pas un crime Qui le doive à jamais priver de votre estime. M. Du. Et dans sa garnison comment s'est-il conduit? Ch. En êtes-vous certain? M. Du. Je suis trop bien
instruit; Et ses lettres... Ch. Eh bien? M, Du. Étaient d'une
insolence !...