CHAPITRE XIII
Il était près de minuit", et les divers bâtiments qui composaient Trestletrec-Hall étaient alternativement couverts d'ombre et de lumière, car la lune brillait au haut descieux dans toute sa splendeur, et partout où ses rayons pouvaient tomber sans obstacle on distinguait les objets , même à une distance considérable. Rébecca ne s'était pas encore couchée , elle n'avait même fait aucun préparatif pour se mettre au lit. Elle était vêtue comme elle l'était pour le dîner, non comme c'était l'habitude il n'y avait pas encore bien longtemps, avec la négligence insouciante d'une grande enfant, mais avec le soin et l'élégance d'une jeune personne riche et d'un rang distingué. Les Grâces avaient mis la dernière main à ses charmes , et
elle était si changée à son avantage, que son propre père n'aurait pu la reconnaître sans être près d'elle et la voir face à face.
L'idée qui la poursuivait comme un malin esprit, et qui lui faisait oublier tout le reste , était celle du grand jeune homme, ayant un air égaré, qui avait répondu si inopinément à son appel , qui lui avait mis en main un instrument de mort, et qu'elle n'avait entrevu qu'un instant. Elle avait un secret pressentiment qu'il était encore à rôder dans le parc, et un je ne sais quoi semblait lui dire que quelque enchaînement mystérieux attachait son sort à celui de cet inconnu.
La chambre à coucher de Rébecca était située au premier étage, et la fenêtre donnait sur le boulingrin derrière la maison. Il s'y trouvait un grand balcon, d'où Ton voyait le boulingrin, des bosquets qui étaient sur la gauche et qui s'étendaient par derrière ; et sur la droite , la réserve dont il a été déjà parlé.
Près de cette fenêtre , Rébecca était assise devant une petite table sur laquelle était placé le poignard. Tantôt elle en examinait la lame , qui brillait au clair de la lune; tantôt elle jetait un regard sur le paysage qu'elle avait devant les yeux : au total elle formait un aussi joli tableau à la Radclifte qu'aucun lecteur de romans puisse le désirer. Tandis qu'elle était plongée dans ses ré-
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flexions, elle entendit frapper trois on quatre pc-
lits coups à sa porte; Rébccca fut surprise, niais non effrayée. Elite se leva avec vivacité, et s'écria presque assez haut pour être entendue :
— Sûrement cet intrus n'a pas été assez audacieux pour s'introduire dans la maison. Au surplus, il m'a lui-même armée contre lui. Comme il y avait deux bougies allumées devant le miroir de sa toilette, et que les rayons de la lune donnaient à plein sur la croisée, la chambre était bien éclairée.
— Qui est là ? dcmanda-t-elle. Elle reconnut la voix de Rosa, qui lui répondit, et lui ouvrit la porte. Le poignard fut ie premier objet qu'aperçut miss Belmont. Elle recula de surprise et resta immobile et muette. Enfin elle s'écria :
—Ma chère Rébecca, cela est trop horrible.
— Quoi ! qu'y-a-t-il d'horrible ? Il me semble (pie ma chambre est commode , élégante et bien éclairée.
— Mais, vous voir à minuit, un poignard à la main !
— Supposez que ce soit un couteau à découper. — Regardez-le , touchez-le , — et à l'exception de la pointe , il n'est ni si grand, ni si bien eiïiléquecet instrument si nécessaire pour le dîner. — Entrez, entrez ! c'est de l'enfantillage.
— Mais tout cela me parait ressembler au com-
mencement d'une de ces histoires pleines de merveilles et d'horreurs que j'aimais tant à lire autrefois. Folle que j'étais ! Comme je désirais trouver l'occasion de jouer mon rôle dans une scène semblable ! Et maintenant que cette occasion semble être arrivée, je meurs de terreur. Faible créature que je suis ! M'être imaginée capable d'être une héroïne !
— Je n'ai jamais lu un seul livre de cette espèce, Rosa. Je ne vois pas qu'il y ait rien de merveilleux dans ce qui ce passe ici , mais je crains d'y trouver quelque chose d'affligeant. Je ne suis pas héroïne, pas le moins du monde; je déteste tout étalage ; je désire seulement faire le bien, et rendre service à tous ceux qui souffrent. Beaucoup d'exercice , une constitution robuste , et peut-être un peu d'intrépidité que je tiens de mon père, m'ont donné cette force de nerfs qui me met en état d'envisager les événements sous le point de vue du sens commun. 0 ma chère Rosa, laissez-moi vous apprendre à en faire autant! Ce sera quelque retour pour tout ce que vous m'apprenez.
Miss Belmont , un peu rassurée , lui promit tout ce qu'elle voulut; et Rébecca lui raconta tout ce qui s'était passé dans la réserve, ce qu'elle n'avait encore confié à personne. Ce court récit mit à une forte épreuve le courage nouveau-né de
Rosa, mais elle en recouvra une partie en se serrant de plus près contre son amie intrépide.
— Vous voyez maintenant , Rosa , comme les événements marchent avec rapidité. L'homme qui m'a sauvée de la violence de ce misérable Rubasore... Le coup qu'il m'a donné sera lavé dans son sang. — Que dis-je ? Que Dieu me pardonne! — C'est une indignité qui me fait oublier <pie je suis femme, mais je lui pardonne, Rosa; oui , je lui pardonne, car je fais profession de vivre d'après les lois, non de la chevalerie > mais du christianisme.
— C'était un coup d'un lâche, et il a été puni avec autant de justice que de promptitude.
— Regardez mon front , vous y verrez une grande marque bleue. Sûrement je puis me réjouir que ce misérable ait été terrassé.
— Oui sans doute. Et savez-vous qui vous a sauvée ?
— C'est là la grande question qui me tourmente, Rosa. Ce ne pouvait être Auguste , car la mer ne rend pas ses morts. — Ce ne pouvait être Auguste, car il était beau et bien fait,, il avait un visage du plus bel ovale, et les traits les plus délicats; au lieu que cet homme avait la figure longue, les cheveux en désordre, et le visage couvert d'une longue barbe. — Ce ne pouvait être Auguste, car il était plein de douceur, et cet homme
m'a mis un poignard clans la main , en me disant : — Frappez! — Non, non, non ! ce ne pouvaitêtre Auguste, car Rubasorea dit que l'homme qu'il cherchait est un malfaiteur , et il n'est que trop évident que c'est ce fugitif qui m'a sauvée.
— Le croyez-vous réellement ?
— Je n'en ai pas le moindre doute , Rosa ; et toutes mes réflexions me portent à concevoir une bonne opinion de lui. C'est Rubasore qui le poursuit; et, si c'était véritablement un méchant homme, il ne pourrait avoir Rubasore pour ennemi.
— Comme je déteste ce Ruben Rubasore !
— Ecoutez-moi , Rosa , écoutez-moi bien ! En me secourant , ce fugitif ne m'a adressé qu'un seul mot ; mais le son de sa voix, Rosa ! mon cœur était en même temps transporté de joie et percé de douleur... C'était exactement la voix de celui qui est dans le ciel.
«* D'Auguste ?
— De lui-même.
— Y avait-il quelque doute de sa mort ?
— Aucun. Il fallait tout l'aveuglement de l'amour pour en avoir le moindre. Mais, qui que ce puisse être , il paraît qu'il cherche à obtenir ma protection, et qu'il connaît parfaitement les localités. D'abord, j'ai pensé que ce pouvait être ce jeune fou de Daniel Danvers qui , ayant fail
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quelque escapade, avait quille son \aisscau pour venir ici chercher une protection. — Ce Damers qui, conunc je vous l'ai dit, avait déserté [jour apporter à la mère du pauvre Auguste la dernière lettre de son fils.
— Oui , oui , c'est lui , je n'en doute pas ; il m'intéresse, ce bon jeune homme... Eh bien , il faut le chercher, nous le cacherons quelque part, et, quand votre père sera arrivé, vous obtiendrez de lui qu'il le prenne sous sa protection.
— Il faut que je vous détrompe. Ce n'est pas lui. Danvers est plus petit qu'Auguste de toute la tête; et le fugitif est tout au moins aussi grand qu'Auguste. Je l'ai revu Cette nuit, et il m'a parlé.
— Vraiment !
— Vous allez tout savoir... Vous vous rappelez que je suis montée de bonne heure dans ma chambre. J'avais mal à la tête; je crois que c'est le coup que m'a donné cette brute , qui en est cause; mais je ne voulais pas m'en plaindre. D'ailleurs j'avais l'esprit préoccupé, et, pour dire la vérité, je m'attendais à quelque chose de semblable. J'ouvris ma fenêtre, je m'assis tout auprès pour respirer l'air frais , et je restai plus d'une heure les yeux fixés sur cette réserve. Je n'attendis pas inutilement. Je vis enfin le fugitif en sortir par un petit sentier qui n'est jamais lie quenté que par le garde-chasse. Il regarda de
tous côtes , traversa le boulingrin, et vint se planter directement en face du balcon de cette croisée... Comme je tremblais ! Je n'entendais pas le bruit de ses pas, mais je pouvais les compter par les battements de mon cœur. Je ne fis pas un geste, je ne prononçai pas un mot; mes yeux étaient fixés sur lui, et il me semblait qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Hélas ! je ne reconnus pas les traits d'Auguste; mais, quand il parla, c'était sa voix. Si je l'eusse vu chargé de fers comme le plus grand criminel, et même sur l'échafaud, il y avait dans cette voix quelque chose qui m'aurait intéressée à lui.
— Et que vous dil-il?
— Il ne fit que prononcer mon nom... Il m'appela : — Rébecca î Je m'avançai sur le balcon ; je le regardai ; il me vit , mais j'étais si surprise d'entendre la voix d'Auguste sortir de la bouche d'un homme qui lui ressemblait si peu, qu'il me fut impossible de parler. Après m'avoir examinée un instant, il s'écria avec un ton de désappointement et d'angoisse : — Malheureux que je suis ! ce n'est pas elle... Madame, ne me trahissez pas ! Mais, tandis qu'il parlait ainsi, je ne reconnus plus la voix d'Auguste. J'allais lui parler, le remercier de m'avoir secourue ; lui demander qui il était, et ce que je pouvais faire pour le servir; mais, à peine avait-il fini de parler , qu'il
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prit la fuite en s'arraehant les cheveux., eoramé par désespoir, et il se jeta par terre presqu'au milieu du boulingrin... Regardez bien , Uosa ; je vous le montre du doigt; ne le voyez-vous pas?.. . L'herbe est humide, voyez comme il tombe de la rosée. Il est peut-être malade... mourant de faim! Juste ciel ! être si près de lui et ne pouvoir le secourir... lui qui m'a vengée d'une insulte... lui qui peut si bien prendre la voix d'Auguste !
— Mais il faut que nous le secourions , Rébecca. Je me sens pleine de courage, à présent. Appelons M. Underdown , nous le consulterons.
— Non , non , non ! il a trop de conscience et de scrupules. Si son père était sur le banc de la justice, il serait le premier à le livrer.
— Ne pouvez-vous vous fiera quelque domestique?
— A aucun. — llubasore a dit qu'une récompense de cent livres est promise à celui qui arrêtera ce fugitif. — Que pouvons-nous faire ? — Le verrons-nous périr sous nos yeux ?
— Quelle horrible idée ! — Et si par hasard c'était réellement Auguste ! Songez , Rébecca , que vous êtes tellement changée , que cet homme, quel qu'il soit, dont l'intention était évidemment de se mettre sous votre protection , ne vous a pas reconnue. Quel changement les années et les souf-
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frances n ont-elles pas pu faire aussi sur votre Auguste ?
— Rosa , les jambes me manquent , dit Rébecca en s'asseyant. Pour la première fois de ma vie, je crois que je vais me trouver mal. — Futil un meurtrier comme Caïn , il faut que; je lui parle, il faut que je sache tout. — Venez à mon aide , Rosa ; avancez sur le balcon et secouez votre mouchoir. 11 ne peut s'être endormi sur l'herbe mouillée , et j'espère bien qu'il n'est pas encore mort.
Le cœur déchiré par la torture de l'incertitude , Rébecca resta assise dans sa chambre près de la croisée, qui fermait à espagnolette et s'ouvrait depuis le haut jusqu'en bas, et son amie, moitié tremblante , moitié joyeuse d'avoir à figurer dans une aventure semblable, se plaça sur le balcon , et prenant une attitude peut-être un peu étudiée, se mit à agiter son mouchoir. Toute romanesque qu'elle est, cette occupation finit par fatiguer quand elle dure trop longtemps, et son bras commençant à s'engourdir de fatigue, elle allait interrompre l'exercice du mouchoir pour se reposer, quand elle vit que le fugitif l'avait aperçue. Il se leva tout-à-coup, et s'enfuit vers la réserve.
— Il se méfie de nous, Rosa, s'écria Rébecca , qui n'avait pas cessé un instant d'avoir les yeux
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sur lui; ne perdez pas courage, faites-lui de nouveaux signes.
Le fugitif tournait de temps en temps la tête vers le balcon. Il vit miss Belmont continuer à agiter d'une main son mouchoir, tandis que, de l'autre, elle lui faisait signe d'approcher. Il s'arrêta, réiléeliit un instant,, et retourna sur ses pas, mais lentement et avec un air de méfiance. Cependant, il s'avançait, et quand il fut près du balcon, Rosa fut saisie de crainte et rentra dans la chambre. Kébecca tremblait aussi, mais ce n'était pas de frayeur. Elle prit son amie par la main, et toutes deux se montrèrent sur le balcon.
— Mesdames, vous ne me trahirez pas! leur dit une voix basse.
— Non certainement, ne craignez rien ! répondit Rébccca.
— Quelle voix! — Est-ce bien vous, Rébecca Bacuissart ?
— Oui, c'est moi. — A qui parlé-je? — .le connais votre voix . mais je ne vous reconnais pas.
— Je vous apporte des nouvelles d'Auguste Astell.
— Vous êtes Auguste Astell ! s'écria-t-elle toul haut. Heureusement tout le monde dormait dans la maison.
— Je suis un infortuné accusé de Meurtre
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et de trahison à son pays. Croyez -vous qu'Auguste Astell puisse être coupable de ces deux crimes.
— Non, jamais!
— Mais pourquoi restez-vous ainsi tout tremblant ? — Que je serais heureuse si je pouvais crier ! — Venez ici, mon cher Auguste, venez! vous devez avoir bien froid.
— Avancez sur le bord du balcon , Rébecca . et votre vue me fera oublier tout ce que j'ai souffert et tout ce que je souffre encore. — Ah ! maintenant je revois cette cousine chérie dont j'ai été si longtemps éloigné. — Que m'importe qu'on m'arrête ? Je suis heureux à présent. — Comment ne vous ai-je pas reconnue? C'est votre costume qui m'a trompé.
— A quoi bon tout cela, Auguste ? — Ne vous moquez pas de moi. — Mes larmes m'empêchent de parler; et je ne puis vous écouter que lorsque vous serez assis près de moi. — Croyez-vous, Auguste, que je puisse voir , écouter, dire, faire quelque chose avant de vous avoir embrassé? — Venez !
Et elle se pencha tellement au-dessus de la balustrade du balcon , comme si elle eût pu l'aider à y monter , qu'elle serait tombée dans les bras d'Auguste, si Rosa ne l'eût retenue.
— Que vais-je devenir ? je suis épié , entouré
de toutes parts. Des parjures ont fait mettre ma tête à prix. Où puis-je trouver Ull asile !
— Où , Auguste ! — Ici, — près de moi. Mou affection pour vous est toute-puissante, elle vous protégera. —Mais parlez plus bas! — Ah ! voilà ce malheureux chien qui aboie!
— J'irai lui parler, et il se taira.
— Non! laissez-le aboyer ; vous ne me quitterez pas. Levez le bras, mon cher Auguste; que je puisse vous toucher la main du bout du doigt. — Je ne puis y atteindre. — Eh bien, Rosa, avec tout votre savoir, ne pouvez-vous réussir à introduire le preux chevalier dans la chambre de la dame de ses pensées? Il n'y a pas de mal à cela, c'est moi qui vous le dis.— N'étions-nous pas destinés l'un à l'autre quand nous étions enfants ? Tout le monde ne m'appelait-il pas votre petite femme?
— Quand je vivrais mille ans, je ne donnerais jamais ce nom à une autre.
— Vous l'entendez, Rosa ; vous voyez comme il est (idèle ; et cependant vous ne m'aidez en rien ! — Juste ciel ! il sera arrêté.
Le chien continuait à aboyer, et avec une telle force qu'il était à craindre qu'il n'éveillât toute la maison. Dans le fait, plusieurs personnes l'entendirent ; mais personne ne se soucia de se lever pour voir quelle en était la cause. Auguste
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Àstell savait dans quel endroit le chien était attaché 5 il y courut, lui parla , le chien le reconnut et cessa d'aboyer. Pendant sa courte absence, les deux amies étaient agitées de crainte et d'inquiétude mais il ne tarda point à revenir.
— Ma chère Becky, le chien m'a reconnu , et , comme vous , il m'est fidèle.
— Le chien vaut mieux que moi , Auguste y car, quoique je vous sois fidèle, je ne vous ai pas reconnu.
— Allons, allons , ce n'est pas en vous faisant des reproches que vous devez accueillir un ami qui a été si longtemps absent. — Comment se porte ma mère ?
— Bien, bien ; — mais c'est à nous qu'il faut songer en ce moment. — R.osa, vous dites que vous êtes mon amie, et cependant Auguste est encore exposé au froid et à la rosée !
— Je me souviens , dit Rosa, d'avoir lu dans l'Histoire des amours de Roswaldina et du chevalier aux Coquilles-d'Argent , qu'après leur mariage clandestin, elle le fit monter dans sa chambre au haut d'une tour, en nouant ensemble les draps de son lit.
— Pourquoi donc peydre tant de temps?
En employant un moyen semblable, Auguste, au bout de quelques minutes, se trouva dans la chambre, à côté dés deux amies.
.le sais <|lir tOljl cela blessait rnirllrmenl 1rs
convenances , et qu'on doit Mlâmer rriir conduite avec aulant Je sévérité que pourrait lr faire une vierge immaculée qui est sur le retour. Cependant,, ce qu'il y a de singulier, c'est qu'une pair ille faute contre les convenances., faute qui doit glacer d'horreur tout le reste du inonde, n'en parut pas une aux. parties les plus intéressées : les deux amies ne songeaient qu'à épargner à un jeune homme auquel elles prenaient le plus vif intérêt , l'ignominie d'un emprisonnement , la honte d'être mis en jugement comme accusé de trahison et de meurtre, et peut-être une injuste condamnation à mort.. -Tous ces dangers pouvaient n'être qu'imaginaires; mais comme elles ne les regardaient que comme trop véritables, elles ne purent s'empêcher d'agir comme elles le firent. Leur conduite doit-elle être proposée comme un modèle à suivre en pareille occasion, c'est une question que je suis trop vieux pour décider.
Un homme ne peut vivre entièrement de caresses; cela serait tout aussi désagréable que de vivre sans en jamais recevoir. Après avoir exprimé sa reconnaissance pour Dieu et pour les deux jeunes amies, et avoir l'ait à Uébeeca mille protestations d'un attachement éternel pour sa petite femme, Auguste n'hésita point à avouer qu'il
n'avait rien mangé depuis plus de vingt-qua heures , et qu'il mourait de faim. Rosa fut char*, d'aller faire une excursion de pillage dans le gar manger et le buffet , et elle s'en acquitta cornu si elle eût passé toute sa vie à aller à la picon Personne ne s'aperçut le lendemain qu'une cara* de vin et la moitié d'une volaille froide avaiei disparu pendant la nuit. On ne descendait poii dans de pareils détails à Trestletree-Hall.
Les deux amies virent avec le plus grand plais l'appétit plébéien du jeune comte. Mais il était f tigué, il avait grand besoin de repos; que faire? R becca lui abandonna sa chambre et son lit, et, hereuse et contente, elle alla partager celui deRoSc qui était presque aussi joyeuse, mais surprise de n trouver dans cet Auguste si vanté qu'un jeun homme qui ne ressemblait nullement à un hére de roman.
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