CHAPITRE V
Tandis que le vieux Commodore, trompé par de faux avis, cherche un ennemi qui s'était porté plus au nord qu'il ne le croyait; qu'il étonne toute son escadre par des traits journaliers de douceur et d'humanité , et qu'il emploie ses connaissances profondes en marine, et sa longue expérience pour mettre l'équipage de chacun de ses vaisseaux en état de figurer honorablement dans
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le combat qu'il espérait pouvoir livrer incessamment, il faut que nous retournions près de M. Rubasore.
En arrivant à Londres, il alla trouver son honnête procureur, M. Sharp, et après s'être assuré de sa coopération cordiale , en lui payant d'avance une somme considérable pour ses honoraires, il entra en consultation avec lui. Ils restèrent enfermés tête-à-tête dans le cabinet du procureur , jusqu'à une heure très avancée de la nuit, et le résultat en fut que le lendemain une pétition fut présentée à la cour de la chancellerie pour obtenir une injonction contre le capitaine Oliphant , et qu'une copie lui en fut signifiée au domicile de son agent avec sommation de répondre aux faits exagérés qu'y étaient énoncés, dans un délai tiop court pour que la réponse fût possible.
Après avoir pris cette mesure pour assouvir sa soif de vengeance, il pensa aux moyens à prendre pour exécuter les projets qu'il avait formés depuis tant d'années. Il fallait pour cela qu'il tint sa pupille dans une solitude complète, qu'elle ne pût avoir aucune communication avec le monde; qu'il la vît plus fréquemment que par le passé ; qu'il tâchât de regagner par des voies de douceur l'ascendant qu'il avait eu sur elle , et qu'il mit en jeu les principes romanesques dont il avait rem-
pli l'esprit de Rosa pour lui faire renouveler la promesse de l'épouser dès qu'elle serait majeure.
Comme eette époque n'arrivait que dans cinq mois ; qu'il était certain (pie son rival était en mer , et que Jasper-Hall était un endroit aussi isolé qu'il put le désirer , il crut qu'il était inutile de faire une diligence extraordinaire, et il résolut de ne se présenter aux yeux de sa pupille qu'après avoir employé tous les secours de l'art pour orner et embellir son extérieur , à l'aide des meilleurs articles de la capitale.
Mais il restait un point délicat , un point important, et qui exigeait de très graves réflexions. Miss Belmont ne pouvait souffrir sa queue; elle l'avait signifié assez positivement dans sa lettre; la lui sacrifierait-il? On était alors dans un moment critique. Les vieillards , qui tiennent toujours aux antiques usages, conservaient encore leur queue. — Les gens de moyen âge avaient commencé à y renoncer. — Tous les jeunes gens, sans exception , portaient leurs cheveux au naturel, et M. Rubasore avait la prétention de vouloir paraître jeune. Cependant comment oseraitil se montrer sans sa queue , et avec des cheveux gris sans poudre ? Avant de se décider à faire un effort si pénible, il résolut de consulter un perruquier qui pût lui dire franchement quelle figure il aurait quand il serait écourté. H entra
dans plusieurs boutiques élégantes de coiffeurs dans le beau quartier de Londres, mais il lui fallait une boutique vide, et une physionomie qui lui inspirât de la confiance, et il ne trouvait aucun de ces avantages dans les belles rues de la capitale. Il porta donc ses pas vers un quartier plus humble, et il entra dans une rue où il n'existait que des boutiques d'épiciers, de merciers , de marchands de charbon , de pommes de terre, etc. Les barbiers n'y manquaient pas; c'était plutôt les pratiques qui manquaient à leurs boutiques. Enfin , dans une de ces dernières, il vit un homme maigre , mais ayant l'air au-dessus de sa profession ; légèrement courbé, moins par suite de son âge, que par une habitude qu'il avait probablement contractée en exerçant son métier. Il était occupé en ce moment à passer un rasoir sur un cuir.
M. Rubasore crut voir sur-le-champ qu'il était en présence de l'homme qui lui convenait, et il entra dans la boutique. Le barbier baissa son cuir avec l'aisance gracieuse d'un courtisan, et le salua avec un air de politesse qui n'avait rien de servile. Il essuya une chaise avec un mouchoir de mousseline blanche, et la lui présenta.
M. Rubasore aurait dû se trouver fort à l'aise en présence d'un pauvre barbier ; mais cet homme lui imposait , et il éprouvait une sorte de
gêne. ^«' barbier, debout presque en face de lui , ayant un tablier bien blanc, et'le&.yeux fixés sur lui, attendait avec patience qu'il parlât. Cette patience fut mise à l'épreuve*, mais elle triompha.
— Je suis venu, dit en (in M. Kubasore, pour... pour... il s'arrêta, et le barbier le salua de nouveau.
— Vous êtes extrêmement poli envers vos pratiques.
— Elles sont en petit nombre, monsieur 5 il est midi passé , et vous êtes la première d'aujourd'hui... si vous avez dessein de me faire l'honneur d'être ma pratique.
Il prononça ces mots "du ton le plus doux possible , et avec un accent français très fortement prononcé. M. Rubasore le regarda avec plus d'attention , et il ne put plus douter qu'il ne parlât à un homme bien né.
— Comment se fait-il, dcmanda-t-il en regardant autour de lui , qu'une boutique si propre et si bien tenue n'attire pas plus de pratiques ?
— Simplement , monsieur, parce que je suis un étranger, un émigré. Ce serait peut-être une recommandation dans les beaux quartiers de cette ville , mais dans celui-ci , qui n'est habité que par la classe inférieure, c'est un grand désavantage. Je m'y suis Cixv parce que les loyers y sont moi us chers.
— Mais quelle nécessité de faire ce métier ? Notre gouvernement accorde des secours aux personnes qui se trouvent dans votre situation.
— Nous avons profité quelque temps de sa libéralité, monsieur; mais il nous a retiré ses secours par suite de la bonté de cœur de la seule personne qui me reste de toute ma famille. On nous a accusé d'avoir caché chez nous un espion.
— Un espion ! s'écria vivement M. Rubasore ; et cela est-il vrai , mon cher ami ?
— Mon Dieu ! pourriez-vous le croire ?... C'était un jeune homme qui s'est trouvé très innocemment impliqué dans une mauvaise affaire. Lui espion ! personne n'aurait pu être plus fidèle et plus attaché à son pays. Mais, voulant épargner la délicatesse et la sensibilité d'une famille distinguée à laquelle il appartient , il a préféré se cacher, errer, devenir un proscrit, plutôt que de donner de la publicité à celte affaire , en cherchant à se justifier.
— Et son nom ?... Quel est son nom ?
— Je ne puis le dire Au surplus, il est maintenant en sûreté.
— J'en suis charmé, s'il est innocent.
— Plaît-il à monsieur que je fasse quelque chose pour son service?
— Réellement, je ne saurais trop dire... Je crois que je suis entré ici par curiosité de voir une boutique que la propreté qui y règne rend
si différente de toutes celles de ce quartier..; peut-être pour vous faire une question... peutêtre par désir d'être utile à un homme infortuné.
— Vous nie faites trop d'honneur... J'ai été surpris <le vous voir entrer... Votre barbe a été faite ee matin... vos cheveux sont en bon ordre... vous n'avez pas besoin de moi... Mais , à présent (jue j'y songe, monsieur, il faut que vous soyez le bon médecin qui demeure dans la rue voisine 5 vous avez appris que ma pauvre Rosalie est malade, et vous venez la voir... Eh bien, monsieur, je me chargerai de votre tête , aussi longtemps que je resterai dans ce pays, et je vous prouverai mieux ma reconnaissance quand le bon temps reviendra.
— Est-ce cette Kosalie qui a aidé le jeune homme à se sauver ?
Cette question fit tressaillir le Français. 11 commença à soupçonner M. Kubasore d'être un agent secret de la police. Il était évident qu'il était entré dans la boutique sans y avoir affaire; et, de question en question, il était arrivé à un sujet qui n'était nullement agréable. Il s'ensuivit un silence de quelques instants pendant lesquels l'émigré salua de nouveau M llubasore d'un air qui semblait dire :*Que me demanderez^ vous ensuite ? » et se redressa de toute sa hau-
teur, comme pour lui dire : « Je suis sur mes gardes, et je ne vous crains pas. »
Comme cette pantomime n'était pas une réponse directe à la question de M. Rubasore , il la répéta, mais en l'assurant qu'il n'avait aucune mauvaise intention , et qu'il était homme d'honneur.
Le bon émigré se contenta de cette assurance, et lui répondit franchement que c'était sa fille qui avait facilité l'évasion du jeune homme faussement accusé d'être un espion. Cet aveu augmenta le désir de M. Rubasore de voir la femme qui avait joué un rôle si dangereux; et cet homme d'honneur dit qu'il était prêt à lui tâter le pouls, et à lui donner des avis sur sa santé , lui donnant ainsi à croire qu'il était réellement médecin.
M. Florentin — c'était le nom de l'émigré — fut tout reconnaissance. Il fit monter M. Rubasore par un escalier sombre et étroit, et, ouvrant une porte sur le palier du premier étage, il le fit entrer dans une petite chambre où il vit une jeune femme d'une beauté remarquable; mais hélas ! c'était une beauté flétrie !
M. Rubasore était en quelque sorte à l'épreuve du pouvoir de la beauté. Ses yeux, habitués aux charmes de sa pupille, pouvaient envisager les attraits les plus séduisants, sans que son cœur
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éprouvât ki moindre émotion. Mais la beauté qui était en ce moment en sa présence était d'Un caractère tout particulier. C'était une beauté qui intéressait le cœur, qui le pénétrait de compassion, qui l'enlevait, en dépit de lui-même, bien au-dessus des joies périssables de la terre, pour le placer dans un monde où la maladie ni le chagrin ne peuvent entrer.
Rosalie était de grande taille, et quand elle était debout , elle semblait un peu courbée. Ce n'était pas un défaut naturel. Elle le devait à la nécessité où elle était d'avoir sans cesse le corps penché pour broder au tambour, peut-être aussi à la maladie, mais surtout aux chagrins et aux malheurs dont elle avait été accablée. Ses joues étaient d'une pâleur qui faisait peine à voir, et le sang paraissait avoir abandonné ses lèvres. Elle avait prés de chaque tempe ce creu x qui semble la fosse de l'espérance , et qui est l'ouvrage des soucis et des inquiétudes qui rongent perpétuellement le cœur. Cependant, malgré cette p.àleur mortelle, son visage n'était pas sans attraits. Il était du plus bel ovale, et tous les traits en étaient réguliers. Elle avait les yeux d'un bleu foncé, et l'expression en était douce et mélancolique. En un mot on pourrait dire que sa figure était le champ de bataille de l'héroïsme qui supporte en silence <ics souffrances perpétuelles, et du besoin de les
soulager par des sanglots d'angoisses et par les cris du désespoir.
— Rosalie, mon enfant, — dit son père en entrant,— voici un médecin charitable, qui vient vous donner des avis. Et saluant le soi-disant médecin, il se retira.
Rubasore fut un moment embarrassé. Il regarda sa malade en face, et son cœur lui reprocha presque de la tromper. Cependant il était déterminé à continuer le rôle qu'il avait commencé à jouer, car il désirait vivement apprendre le nom et la demeure de l'espion supposé. Mais il sentait que ce n'était pas le moment de lui faire des questions qui pourraient lui paraître impertinentes, et sa qualité prétendue de médecin lui permettait de réitérer ses visites.
Ils s'assirent enfin l'un àcôté de l'autre; ils firent, suivant l'usage, quelques observations banales sur l'état du temps, et demeurèrent d'accord que, s'il ne pleuvait pas, et qu'il ne' fit ni trop chaud ni trop froid, la journée serait très belle. Enfin le médecin s'empara du bras de la malade, et lui tâta le pouls. H lui fit quelques questions, et la voix qui y répondit lui sembla la plus douce qu'il eût jamais entendue. Quand elle entr'ouvrit la bouche, il vit que le silence cachait des dents du plus bel émail, des dents qui semblaient former un portail d'ivoire pour li-
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vrer passage au sourire; mais le sourire n'-arrîvait jamais jusqu'à ses lèvres.
M. Rubasore, ayaol des connaissances générales , ne joua pas mal sou rôle. Cependant les symptômes l'embarrassèrent. Il était évident qu'elle n'avait pas de fièvre ; son pouls était régulier quoique lent et faible ; elle n'avait ni toux, ni difficulté de respirer , ni oppression de poitrine; elle n'avait pas grand appétit, mais ce qu'elle mangeait elle le digérait facilement; c'était du moins ce qu'elle disait. La seule chose dont elle se plaignit fui de faire des rêves horribles. Eile en était tellement assaillie, qu'elle tremblait de s'endormir , et qu'elle osait à peine fermer les yeux. Elle supplia M. Rubasorc de ne pas lui ordonner d'opium, car ce remède ne faisait qu'ajouter à ses soulïrances.
Quand il en eut tiré toutes ces informations qu'elle lui donna en aussi peu de mots qu'il lui fui possible, il en vint à la conclusion qu'elle était malade d'esprit plutôt que de corps , et il se demanda si la cause ne pouvait s'en rattacher au secret qu'il avait de si fortes raisons pour désirer de pénétrer. Mais quelles étaient ces raisons, c'est ce que le lecteur apprendra avec le temps.
Il lui fit ensuite quelques questions sur le régime qu'elle suivait et sur sa nourriture habituelle, et les réponses qu'il en lira , non sans peine, le
firent frémir. Malgré toutes les précautions qu'elle prit pour ne pas lui faire connaître la vérité tout entière, il vit clairement que le père et la fille vivaient dans un état de famine habituelle, et chercSiaient à se tromper l'un l'autre, en se faisant croire qu'ils mangeaient chaque jour autant que leur appétit l'exigeait. Cependant ils ne devaient rien à personne, et Rosalie était vêtue avec une propreté qui pouvait passer pour de l'élégance.
On a beaucoup vanté, et sans contredit ce n'est pas sans raison , la dignité calme avec laquelle César, entouré de ses assassins , s'enveloppa de son manteau , et tomba sous leurs coups aux pieds de la statue de Pompée. Mais qu'étaitson héroïsme auprès de celui de ces deux infortunés , sans amis, et dans un pays étranger? César n'eut à souffrir qu'un instant, et son courage était soutenu par le désir de ne pas démentir en mourant le courage dont il avait donné tant de preuves pendant sa vie, et d'acquérir ainsi de nouveaux droits à la gloire; mais ces pauvres étrangers sentaient chaquejour le poignard de la famine entrer plus avant dans leur sein , et leur donner la mort avec une lenteur cruelle ; et pourtant ils n'appelaient pas les passants pour leur montrer leurs blessures, ils n'imploraient le secours de personne; ils se cachaient môme leurs souffrances l'un à l'autre, et ils se préparaient à mourir devant cet autel dont
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La sainteté devrait toujours être inviolable : l'autel
du respect qu'où se doit à soi-même.
M. Rubasore ne fit plus de questions à Rosalie. Il lui dit qu'il comprenait la nature de sa maladie; qu'il reviendrait la voir; qu'il allait laisser une ordonnance, et que si elle suivait exactement le régime qu'il lui prescrivait, ii répondait de sa guérison. Ayant pris congé d'elle, il descendit dans la boutique, où il trouva M. Florentin occupé à raser une pratique , et il regarda celle opération avec une attention philosophique.
Cette pratique était un charbonnier bourru et de mauvaise humeur. Il était assis sur une chaise, et la serviette blanche qu'il avait sous le menton, ainsi que la mousse de savon dont la partie inférieure de son visage était couverte, faisait contraste avec la noirceur de sa peau et de ses vêlements. Sa barbe de huit jours était aussi dure que si chaque brin en eut été une pointe d'épingle , et le rasoir perdant son fil à chaque instant, M. Florentin était forcé d'interrompre son opéraration pour le repasser sur son cuir, au milieu des imprécations du charbonnier, qui la trouvait trop longue. La politesse du barbier était inépuisable, mais nul émollicnt n'était capable d'adoucir l'humeur et la barbe du charbonnier.
Quand son foin fut fauché , et qu'il eut son menton lavé si essuyé, il jeta sur la table un
penny avec un air de mépris,, et sortit en jurant, après avoir occupé M. Florentin une demi-heure, usé une quantité considérable de savon , et sali trois serviettes.
— il me semble que voilà un penny bien gagné , dit M. Rubasore.
— Et honnêtement , j'espère. — Mais comment trouvez-vous Rosalie ?
— Je dois vous parler franchement. — Elle a l'esprit trop chargé , et son estomac ne Test pas assez.
— Juste ciel, monsieur î Vous m'assassinez î — Que vais-je faire ?
— 11 faut la faire manger davantage. Vous-même vous n'êtes pas en beaucoup meilleure santé , ajouta Rubasore en lui tâtant le pouls. 11 faut que je vous prenne tous deux sous mes soins. Or , j'ai un système de médecine qui m'est particulier; j'ordonne peu de drogues à mes malades, et c'est principalement à l'aide d'un régime exactement suivi que je travaille à les guérir. — Je vais écrire une ordonnance pour vous et votre fdle, ayez soin de la bien observer tous deux.
Au lieu d'écrire, en mauvais latin, une ordonnance d'avaler des drogues encore plus mauvaises, il en écrivit une qui prescrivait un bon dîner, et un bon souper, séparés par un intermède d'une couple de tasses de thé.
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Quand M. Florentin en fit la lecture , il ouvrît de grands yeux , et ses sourcils s'élevèrent à un tel point, qu'ils firent tressaillir les cheveux de son ton pi t.
— Impossible , monsieur, s'écria-t-il , absolument impossible !
— 11 n'y a rien d'impossible à la providence, dit M. Rubasore; quant à moi, tout ee que je puis dire, c'est que si vous ne prenez tous les jours cette quantité d'aliments, la santé de votre lille ne se rétablira point , et (pic vous serez attaqué lies incessamment de la même maladie. — Vous ne connaissez pas encore l'atmosphère de ce pays, monsieur Florentin. En France vousavez bien des choses dont vous vivez; — vous me pardonnerez: — votre vanité nationale, votre inimitable gaîté , l'air élastique que vous y respirez ; mais en Angleterre rien ne peut soutenir la vie que des aliments, des aliments, des aliments ; et c'est pourquoi je vous dis : Nourrissez-vous , nourrissezvous, nourrissez-vous.
Sans dire un seul mot du motif important qui lavait porté à entrer dans celte boutique, il prit congé du pauvre émigré, en lui disant qu'il reviendrait le lendemain à la même heure.
Les rédexions que fit alors M. Florentin n'étaient pas d'une nature très consolante. Il avait grand' faim, et il s'en inquiétai! peu, car il y était